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Dheeraj Jodeegadoo, agence tourisme

11 mai 2008, 00:00

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Une bouille sereine. Sans le moindre stress ! Décontracté, il marche sur la plage de Balaclava, respire l?air marin, lève de temps en temps la tête pour observer le ciel, au cas où Dame Nature ferait des caprices, empêchant le Vava Voom 2 de faire son entrée en mer. Depuis quelques années, l?homme a assurément pris la mer et en a fait une entreprise familiale florissante. Avec Vicki, son frère, et Raj, son oncle, Dheeraj Jodeegadoo, 35 ans, s?attelle à faire voguer son bateau vers les petits îlots voisins pour conquérir les touristes. Et tout est parti de rien. La danse des vagues le ramène à son enfance. Car elles berçaient déjà ce chapitre de son existence.

« Nous habitions à Triolet. Mon père était laboureur à la propriété sucrière de Solitude.

À cette époque, je rêvais de pouvoir travailler à mon compte. Je n?aimais pas trop l?idée d?avoir un patron », relate-t-il. Les fins de journée après l?école se passent avec le frère, à courir après le ballon lors de parties de foot. Dheeraj Jodeegadoo se souvient aussi des après-midis et de ces beaux week-ends passés sur la plage de Balaclava. C?est dans ses eaux qu?il a appris à nager, à plonger. Mais c?était sans se douter qu?elles l?accueilleraient bien plus tard et deviendraient le berceau de son entreprise.

Après ses études secondaires au collège Cosmopolitan, Dheeraj Jodeegadoo entre dans le monde du travail. « J?ai travaillé au sein de la compagnie Tectonic du groupe Currimjee. La transition était dure, mais j?ai persévéré. J?y suis resté pendant deux ans, avant de continuer chez Caunhye comme responsable de magasin », déclare notre interlocuteur. Entre-temps, il se marie à une jeune femme prénommée Darshini.

Après ces deux expériences, Dheeraj Jodeegadoo caresse une nouvelle ambition. Celle qui le titillait depuis l?enfance. Il veut lancer sa propre entreprise. Après moult efforts, il donne naissance à Hi-Speed. La compagnie se destine à la commercialisation des produits médicaux. Dheeraj Jodeegadoo n?hésite pas à faire du porte-à-porte pour vanter les mérites des tensiomètres, des appareils pour réaliser des tests de diabète ou ceux pour pratiquer des massages.

L?affaire marche bien

Hi-Speed effectue un bon décollage au bout d?un an et demi. Toutefois, sa pérennité ne pourra être assurée à cause de nombreuses contraintes. Et Hi-Speed doit fermer ses portes. Les affaires, mais aussi la vie de Dheeraj Jodeegadoo tournent mal. Il n?y croit plus : « J?avais lamentablement échoué et je ne me voyais pas recommencer. C?était très difficile. À ce moment-là, je me suis tourné vers Dieu et avec le soutien de ma famille, j?ai pu refaire surface. »

Ainsi, dans les années 2001 et 2002, Dheeraj Jodeegadoo reprend du poil de la bête. Mais cette fois, il commence tout doucement avec des usines de textile qui fabriquent des vêtements sur commandes. Il va ensuite effectuer la livraison dans les boutiques. Au fil des mois, une autre idée le taraude, celle de lancer sa griffe. Il consulte un tailleur et commence à faire les ébauches de ses créations. C?est alors que Dheeraj décide d?ouvrir son propre magasin, Bella Stella, à Grand-Baie.

L?affaire marche bien, surtout auprès des touristes. Ce sont surtout les collections de vêtements pour femmes, issus des conceptions mauriciennes et inspirées des tendances européennes qui ont du succès. Bientôt, une deuxième boutique de vêtements voit le jour, Mododo, toujours dans le nord de l?île. Dheeraj Jodeegadoo n?en est que plus heureux. Mais l?homme sent qu?il peut encore faire quelque chose, qu?il peut encore bâtir des choses de ses mains et surtout répondre à cet appel de la mer.

Et c?est là que son oncle lui propose d?acheter un petit bateau pour effectuer des balades en mer. Dheeraj accepte finalement la proposition, après avoir demandé conseil auprès de son frère. Les trois hommes s?embarquent donc dans cette aventure marine et doivent bientôt investir davantage. « Nous avions besoin d?un plus grand bateau. Aussi, nous avons racheté à un Sud-Africain, le Vava Voom 2, qui veut dire The Nature of Speed. Ce catamaran dispose de quinze places et entreprend les trajets de Balaclava pour rallier l?île Plate, l?île-aux-Bénitiers, entre autres. Nous effectuons également la pêche au gros et collaborons avec les hôtels Maritim et Oberoi », explique-t-il.

On peut donc découvrir les multiples beautés naturelles de notre île en naviguant. Mais l?équipe de Dheeraj, qui est aussi composée d?Arnaud, le skipper, met les petits plats dans les grands pour une valeur ajoutée. Ils ont introduit des repas typiquement mauriciens pour enchanter le palais des touristes.

« Un secteur en plein essor »

Mais Dheeraj voit encore plus grand. Comme il a délégué la responsabilité des boutiques touristiques à son épouse, Dheeraj fait des démarches pour acquérir un deuxième bateau pour des activités nautiques comme le parasailing. « Travailler dans le tourisme, c?est formidable. On ne stresse pas et en même temps, on contribue au développement du pays. Mais c?est quand même très prenant. C?est un secteur en plein essor, et qui nous est accessible grâce aux autorités qui activent les procédures pour nous encourager dans cette voie », ajoute Dheeraj Jodeegadoo.

Mais il veut aussi que les Mauriciens découvrent son entreprise et ses services. Et des petites croisières leur seront réservées. Par ailleurs, Dheeraj Jodeegadoo, qui souhaite aussi être au fait des progrès technologiques, vulgarisera ses activités sur la toile très prochainement. C?est sûr, son entreprise ne manquera pas de prendre le large avec tant de persévérance !

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