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Devoir d?ingérence

22 avril 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN </B>

On est en plein cirque. A la clôture du sommet sur la pauvreté, dimanche à Pailles, le président de la SADC est sorti par la petite porte alors que les journalistes l?attendaient pour une conférence de presse. Il a voulu éviter des questions sur le Zimbabwe. Pendant ce temps, au pays de Robert Mugabe, l?on recompte les voix parce que le vieux président n?est pas content que son parti ait perdu la majorité après les législatives du 29 mars.

En fait, l?ombre du Zimbabwe a plané pendant toutes les interventions au centre de conférences Swami Vivekananda dimanche. Tous les dirigeants de la SADC sont conscients que la crise au Zimbabwe peut avoir des retombées négatives sur la région. Mais ils sont hésitants. Ils ne savent pas comment naviguer entre les positions divergentes des uns et des autres.

Finalement, il est revenu à un fonctionnaire de la SADC de remplacer le président à la conférence de clôture. Embarrassé, le substitut se contenta de dire que son organisation va travailler pour qu?une solution soit trouvée face à la «Zimbabwe situation». Il n?a pas expliqué pourquoi la SADC et son médiateur, le président de l?Afrique du Sud, Thabo Mbeki, n?ont pas fait d?efforts jusqu?ici pour mettre un terme aux abus commis par le despote de Harare.

Maurice avait le devoir, en tant que modèle de bonne gouvernance publique dans la région, de peser de tout son poids pour amener la SADC à sauver le Zimbabwe. Notre pays ne peut crier sur tous les toits que la région a une obligation de réussir son intégration économique alors qu?il joue le rôle de spectateur quand un pays voisin sombre dans l?anarchie. Notre diplomatie a été totalement absente pendant la descente aux enfers du Zimbabwe.

Au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement que la SADC avait organisé à Lusaka le samedi 12 avril dernier pour rappeler Harare au respect de la loi électorale, Maurice se fit représenter par James Burty David. Nous ignorons quelle a été sa contribution étant donné que les comptes-rendus de la presse étrangère ne font pas mention de son intervention à cette occasion.

Tandis que la SADC demeure discrète, l?Union africaine, elle, a pris une position ferme. Durant le week-end, elle a exprimé sa «préoccupation quant au retard observé dans l'annonce des résultats des élections au Zimbabwe». Elle a invité les autorités de ce pays à annoncer ces résultats «sans délai supplémentaire et dans la transparence».

Les principes de démocratie et des droits humains devraient inciter les pays de la SADC à ne plus rester passifs face à l?effondrement d?un Etat-membre. Mais si la torture et la violence qui se développent au Zimbabwe et si les magouilles de Mugabe pour imposer l?annulation de l?élection parlementaire ne les touchent pas alors au moins ils doivent se souvenir que c?est le grenier de la région qui est en train d?imploser.

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