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Devises étrangères : le resserrement
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Devises étrangères : le resserrement
Le niveau de réserves nettes en devises étrangères du pays s’élevait à Rs 49,5 milliards à la fin de juillet 2004, soit l’équivalent de 39,4 semaines d’importation. En dépit de cette marge de manœuvre, les importateurs éprouvent de grosses difficultés à obtenir des devises pour financer leurs opérations. Les perturbations sur le marché forex rendent laborieux l’approvisionnement en dollars américain, la principale monnaie dans laquelle le pays paye sa note d’importation. Les importateurs doivent parfois employer de grands moyens afin de s’approvisionner en devises car le rationnement est de mise.
La politique monétaire est au centre des débats en ce moment. Le gouvernement veut d’une roupie faible afin de maintenir les parts de marché et de préserver les emplois dans la zone franche. Il ne souhaite pas que le pays reste à l’écart d’un certain cycle de dévaluation compétitive dans lequel semblent s’engager depuis un certain temps nos principaux concurrents : la Chine (par rapport aux vêtements mauriciens) et le Brésil (pour le sucre).
La dépréciation est le ballon d’oxygène tout trouvé pour pallier les difficultés actuelles ; la restructuration économique en cours ne saurait apporter des résultats dans l’immédiat.
Certes, la Banque centrale veut résister à la tentation des politiques mais elle a ses limites. Lors des récents débats parlementaires sur les nouvelles législations bancaires, les membres du gouvernement ont clairement expliqué leurs attentes en ce qui concerne la gestion monétaire dans le contexte actuel. Plusieurs intervenants de la majorité ont souligné que la stabilité des prix n’est plus la principale contribution d’une banque centrale dans le développement économique. Les impératifs de la compétitivité internationale ne sauraient être sacrifiés dans le combat contre l’inflation – du moins pas dans les conditions actuelles où l’emploi dans la zone franche est plus que jamais menacé.
Résultat des courses, la roupie mauricienne poursuit sa dépréciation contre les principales monnaies étrangères. Le resserrement de liquidités sur le marché forex prive les opérateurs d’un flot régulier en devises. Ceux qui détiennent ces denrées rares les conservent jalousement. Pas question de les convertir en roupies pour le moment. Ce comportement, exacerbé par les faibles taux d’intérêt en cours sur les dépôts bancaires en roupies, alimente la spéculation sur le taux de change.
<B> “Un taux rémunérateur peu attirant”</B>
“On ne trouve plus de fournisseurs de devises sur le marché. En même temps, il y a une forte demande pour les importations. La Banque de Maurice essaye d’approvisionner le marché petit à petit, mais cela n’a pas été suffisant ces derniers temps”, affirme Loganaden Sidambaram, trésorier de la Barclays Bank pour la région océan Indien. Selon lui, le recours à des stratégies de couverture (hedging) pour se protéger des mouvements adverses du taux de change accentue la pression sur la demande en dollars. Les transactions sur le marché forward (un engagement pour acheter des devises à un taux et à une date prédéterminée) mobilisent les monnaies étrangères au même titre que les achats immédiats (spot buying). Ainsi, elles contribuent à assécher un marché déjà à court de liquidités.
La forte demande pour les monnaies fortes découle aussi du fait que les investisseurs y cherchent refuge en raison d’un taux rémunérateur peu attirant sur les dépôts en roupies. Les investisseurs institutionnels préfèrent les placements en devises étrangères. “Les mauvaises nouvelles sur l’économie mauricienne ont encouragé cet exode vers les monnaies étrangères. Nous sommes aussi en période creuse en ce qui concerne le tourisme et les rentrées de recettes de la zone franche”, explique le responsable de la trésorerie d’une importante institution bancaire du pays.
En ces temps de pénurie, les banques jouent la prudence et se montrent plus perspicaces vis-à-vis de la clientèle. “Les banques essayent de rationner pour parer au plus pressé. On alimente en priorité ceux qui ont des paiements urgents à faire.” Ceux qui optent pour des transactions forward sont pénalisés car cela voudrait dire qu’ils n’ont pas besoin immédiatement de devises.
Même les plus gros importateurs du pays font face à des difficultés : “Nous avons d’énormes difficultés à trouver des dollars depuis plus de trois mois. D’ici fin octobre, nous aurons besoin de devises s’élevant à une valeur de Rs 60 millions environ pour payer la note des produits pétroliers, de riz et de farine principalement”, fait ressortir Ranjit Singh Soomarooah, General Manager de la State Trading Corporation (STC), une des plus grosses entreprises d’importation à Maurice.
La STC a dû déployer de grands moyens afin de pouvoir honorer ses engagements vis-à-vis de ses fournisseurs. Elle a, à cet effet, négocié des lignes de crédit en dollars auprès des agences bancaires locales.
Les spécialistes prévoient toutefois que la situation se décantera sous peu avec la venue de la grande saison touristique et l’injection des recettes sucrières par le Syndicat des sucres.
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