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Dev Hurnam s?effondre

19 mai 2004, 20:00

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C?est une autre image de lui que Dev Hurnam a laissé entrevoir hier. Discrètement. Car c?est au moment où les grilles du centre de détention de Moka se sont refermées sur lui, que l?avocat parlementaire a fondu en larmes. Après près d?un mois de péripéties, Dev Hurnam a craqué. A sa sortie de cour déjà, l?avocat terrible affichait un profil bas : la police l?avait pour la première fois menotté.

L?avocat parlementaire est accusé provisoirement d?avoir donné des instructions pour agresser le juge Bernard Sik Yuen et assassiner deux officiers de police. Depuis son arrestation le 16 avril, il ne s?est que rarement retrouvé derrière les barreaux. Il a fait le tour des établissements médicaux, du centre cardiaque de Pamplemousses à la City Clinic, de Med Point à l?hôpital Victoria.

Il était prévu qu?il comparaisse hier matin devant la Bail and Remand Court. A l?appel de l?affaire, Me Nandraj Patten, qui, avec Mes Viren Ramchurn et Sanjeev Teeluckdharry, paraît pour Dev Hurnam, informe le magistrat Lutchmeeparsad Aujayeb que son client est toujours en observation au centre cardiaque de Pamplemouses. Il produit un certificat médical du Dr Chooromoney attestant que Dev Hurnam souffre d?Intra-coronary pathology and Hypertension.

Le magistrat ordonne que, dès qu?il aura obtenu sa décharge, le suspect soit conduit en cellule policière jusqu?au 26 mai 2004. Jusque-là, il doit ?remain under the custody of the police?. Peu après, l?Adsu apprend que Dev Hurnam a obtenu sa décharge. Les enquêteurs se rendent alors à l?hôpital Victoria.

Décontracté, l?avocat quitte la Cardiac Unit vers 11 h 55 en direction de la Cour suprême. Il est accompagné par les membres de l?Adsu. Au greffe de la Cour suprême, Dev Hurnam jure un affidavit pour réfuter celui de l?assistant surintendant Pierre Murugan. Il avait demandé lundi de pouvoir jurer cet affidavit à l?hôpital. Le juge Bhushan Domah avait refusé.

Menottes aux poignets

Il est 13 heures environ. Dev Hurnam grignote quelques pistaches, réclame une gorgée d?eau et fait causette avec ses hommes de loi. Un officier de l?Adsu s?approche et lui demande s?il est prêt. L?avocat-parlementaire lui répond par l?affirmative. L?officier de l?Adsu lui montre les menottes. La physionomie de Dev Hurnam change. D?un air déconfit, il lance : ?Mo kone ki komiser de polis finn dire zot met menot ar moi. Zot kone ki la pres dehor pou pran mo photo.?

Les officiers de l?Adsu l?embarquent dans le fourgon de la police qui démarre en trombe en direction du centre de détention de Moka.

Le 16 avril, Dev Hurnam avait été examiné par le cardiologue Prakash Doolub. Celui-ci le réfère à la Cardiac Unit de l?hôpital Victoria où il n?est pas jugé nécessaire de l?admettre. Renvoyé en cellule après sa comparution devant la Bail and Remand Court, il tombe malade. Un examen au centre cardiaque de Pamplemousses révèlera qu?il a des caillots de sang dans une artère. Il y restera pendant trois jours.

A l?issue de ces trois jours, il affirme que le suivi de son traitement exige qu?il reste en observation et réclame d?être transporté dans une clinique privée. Il est admis à celle de Med Point puis à la City Clinic. Son séjour se prolongeant, la police délègue ses médecins légistes pour un avis médical sur la nécessité qu?il demeure en établissement hospitalier. Dev Hurnam refuse d?être examiné ?sans ordre de la cour?. Malgré un ?ruling? en faveur de la police, Dev Hurnam ne se laissera pas faire tout de suite. Il fait comprendre qu?il n?a pas reçu de décharge de la clinique et que cet examen ne pouvait se faire qu?à l?hôpital. Il sera néanmoins conduit à l?hôpital Victoria. Après de nouvelles tergiversations, on l?emmène au centre cardiaque de Pamplemousses pour des examens ?approfondis ?. Il y était hospitalisé depuis mercredi de la semaine dernière. Depuis son arrestation, Dev Hurnam n?a jamais reçu une attestation médicale émanant d?un cardiologue de l?Etat enregistré auprès du Medical Council?

POLICIER INCRIMINÉ

Samsaurooah libéré

  • Le constable Chandradeo Samsaurooah a été remis en liberté provisoire. Il a été arrêté lundi et est accusé provisoirement d?avoir accepté d?agresser un dénommé Rouben Mardaymootoo en 2001, avec la complicité du notaire Vinay Deelchand et d?Antoine Chetty. Il a fourni une caution de Rs 25 000 et a signé une reconnaissance de dette de Rs 50 000. L?affaire a été renvoyée au 20 juillet 2004.

QUESTIONS À ANWAR TOORABALLY

?Agnis m?a vendu mon propre terrain?

Anwar Toorabally, homme d?affaires de la capitale, est l?une des victimes du clan du notaire Vinay Deelchand. Ce dernier est accusé d?avoir donné des instructions à Antoine Chetty pour mettre le feu au domicile d?Anwar Toorabally, rue Shakespeare à Port-Louis, en août 2000. Trois directeurs d?Agnis Property Co. Ltd, dont Sandip Appadoo, sont aussi accusés d?avoir donné les mêmes instructions.

? Que s?est-il exactement passé lors de la vente de votre terrain à Bois- Pignolet ?

En 1994 j?ai vendu trois arpents d?un terrain à Thamoderen Thondee à Bois-Pignolet, Terre-Rouge. La vente a été faite chez le notaire Marcel Joson pour Rs 3 millions. Thamoderen Thondee a versé Rs 1,7 million. Or, le notaire Joson m?a fait signer un acte de vente pour trois hectares.

? Vous n?avez pas trouvé cela bizarre ?

Il m?a expliqué qu?il n?y a pas de grande différence entre arpents et hectares. Il m?a dit que ?hectares? était la version française d? ?arpents?. J?étais méfiant. Il m?a alors dit que le terrain que j?ai vendu est de 40 000 mètres carrés. (NdlR : 1 arpent = 0,4221 hectares).

J?ai accordé un délai d?un an à Thamoderen Thondee pour payer le solde. Mais il éprouvait des difficultés à honorer ses dettes. Nous sommes donc allés voir le notaire Joson. Un clerc de l?étude a préparé les documents pour prolonger d? un an le délai de paiement.

? Avez-vous mentionné Marcel Joson dans votre déposition à l?Adsu ?

Oui.

? Le terrain était déjà hypothéqué en votre faveur ?

Oui. Une somme de Rs 1,3 million m?était toujours due. Thamoderen Thondee m?a amené chez un autre notaire, Yogen Nuckcheddy. Le commis de ce dernier, un dénommé Mamade, a préparé l?acte de vente du même terrain au nom de Roméo et Chavry. Je ne les connais pas, mais j?aimerais savoir qui ils sont. Le terrain a donc été revendu alors qu?il était encore sous hypothèque.

? Quelle était la superficie totale de votre terrain à Bois-Pignolet ?

Au départ, je possédais un terrain de 17 arpents. J?ai vendu cinq arpents au gouvernement pour la construction de la Professor Hassan Raffa State Secondary School, et deux arpents pour la construction d?une école primaire. Il restait donc 10 arpents. Dans la mesure où j?ai vendu trois arpents, alors que l?acte notarié mentionne trois hectares, j?estime avoir perdu environ sept arpents dans cette transaction foncière. C?est une très grosse perte financière. Ce qui m?a valu un autre infarctus en novembre de l?année dernière.

? Comment Agnis Property entre-elle en jeu ?

Thamoderen Thondee s?est aussi rendu chez Agnis Property pour demander à cette compagnie d?entamer des démarches pour le morcellement du terrain. C?est là que j?ai connu Sandip Appadoo, directeur d?Agnis. A force de le rencontrer, nous avons noué de bonnes relations. Jusqu?à l?heure, je ne veux pas croire que Sandip ait pu donner des instructions pour mettre le feu chez moi.

Ma 4x4 a été entièrement détruite dans cet incendie. Si les voisins n?étaient pas intervenus, les conséquences auraient été pires.

J?ai eu un premier infarctus en 1999. Ce qui m?a amené à ne plus penser à ce problème de terrain pendant un certain temps. Quand ma santé s?est améliorée, j?ai continué de demander à Thamoderen Thondee de me rembourser la balance due. Mais pour qu?il puisse me payer, il fallait qu?Agnis finalise le morcellement.

? Vous avez ainsi continué à arpenter le bureau de Sandip Appadoo ?

Stressé comme j?étais, je n?ai pu m?empêcher de hausser le ton. Un homme qui portait des bretelles était là. Bien plus tard, j?ai appris que c?était Antoine Chetty. J?ai eu une prise de bouche avec lui. Il m?a demandé de me calmer. Après je suis parti.

? Vous avez été payé par la suite ?

Agnis Property m?a offert deux lots de terrain. J?ai un récépissé de la compagnie le prouvant. Ce qui m?a étonné, c?est que ce sont deux lots de mon propre terrain. J?attends toujours le contrat pour ces deux lots.

Je dois également préciser que je n?ai jamais effectué de transaction chez le notaire Vinay Deelchand.

J?attends toujours la balance due de Thamoderen Thondee, qui s?élève à Rs 800 000, si l?on ne tient pas compte des deux lots.

Mes relations avec Sandip Appadoo sont encore bonnes.

? Vous savez qu?il est accusé d?avoir donné des instructions à Chetty pour mettre le feu chez vous ?

Un mystère subsiste : j?ai appris que deux autres personnes avaient accompagné Antoine Chetty quand on a mis le feu chez moi. Si cela est vrai, je veux savoir qui elles sont.

L?affaire a été classée en 2000 mais maintenant l?enquête sur ce crime d?incendie a été rouverte. Je regrette un peu que la reconstitution des faits se soit déroulée en mon absence.

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