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Deux tonnes de produits explosifs sèment le trouble
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Deux tonnes de produits explosifs sèment le trouble
Entreposées dans une chambre froide vétuste, dans les locaux de Delta Vision, deux tonnes d?isopropyl chloroformate, produit hautement inflammable, attendent que l?on décide de leur sort. Cela se présente mal : Raj Gangoosirdar, receiver manager de l?usine ? sous liquidation judiciaire ? et le gouvernement se renvoient la balle sur ce produit qui risque l?explosion si la température dépasse 0°C et qui constitue un risque pour l?environnement.
Plusieurs ministres, qui se sont rendus hier à l?usine, à St-Pierre, se disent conscients du problème mais estiment que le receiver manager doit prendre ses responsabilités. Le Premier ministre répondra du reste à une question parlementaire d?Ashock Jugnauth sur le sujet au Parlement, aujourd?hui. Le receiver manager, Raj Gangoosirdar lui, a fait servir une mise en demeure au gouvernement, au commissaire de police et au ministère de l?Environnement pour se décharger de la responsabilité de ce produit, estimant qu?il est ?un comptable et que c?est l?Etat qui a l?expertise nécessaire pour prendre en charge le produit?.
Delta Vision fabriquait des verres optiques, ce qui suppose l?utilisation d?isopropyl chloroformate. Vers 2000, les choses commencent à mal tourner. Vu que l?entreprise ne parvient pas à respecter les normes de la Commission européenne pour ces produits, Delta Vision perd un à un ses gros clients. Le dernier gros acheteur claque la porte en 2002. Parallèlement, en 2002, l?Europe interdit la vente d?isopropyl chloroformate sur son territoire. La direction de l?usine d?alors décide malgré tout d?en importer deux tonnes. Conséquence, le produit ne peut plus être exporté vers l?Europe. De même, interdiction de l?enterrer ou de le jeter en mer. ?Ils étaient parfaitement au courant. En plus, la chambre froide où est entreposé le produit est dans un état vétuste et aurait dû être fermée depuis longtemps parce que plus aucune norme de sécurité n?est respectée. C?est un produit réellement dangereux?, explique Jean-Pierre Peridont, directeur technique de la compagnie depuis début 2005.
Consultant envoyé par l?actionnaire français de Delta Vision, il a tiré la sonnette d?alarme à plusieurs reprises sans que rien ne soit fait. Avec Rs 26 millions de dettes, l?usine, qui a pour actionnaire à 50 % le groupe Espitalier-Noël, déclare faillite le 29 mars. Raj Gangoosirdar est nommé receiver manager. Immédiatement, il avertit les autorités de ce problème de produits dangereux entreposés dans des conditions hasardeuses. ?Je leur ai demandé de trouver une solution et ils m?ont fait comprendre que je dois la trouver moi-même. (...) J?ai pris des dispositions mais elles sont insuffisantes. Ce vendredi, l?appel d?offres pour la vente du bâtiment prend fin et je demande aux autorités de transférer le produit en attendant de trouver une solution. Elles ont toute l?expertise pour cela.?
Les autorités ne l?entendent pas ainsi. Le ministre des Services publics Abu Kassenally, celui de l?Environnement Anil Bachoo, notamment, ont laissé entendre que toutes les normes de sécurité ont été prises. ?La police surveille les lieux et le Central Electricity Board maintient le courant et garde le générateur de secours en état de marche. Le risque n?est pas si grand si nous maintenons le froid?, explique un haut cadre du ministère de l?Environnement. ?Nous ne pouvons pas endosser toutes les responsabilités, car lorsque le receiver manager a repris l?usine, il a repris et les murs et son contenu tout comme les risques associés.?
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