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Deux suspects aux assises

30 mars 2006, 00:00

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Deux jeunes hommes comparaissent à partir de vendredi aux assises du Val-de-Marne, à Créteil, pour répondre de la mort d?une jeune fille, Sohane, le 4 octobre 2002 dans une cité de Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne.

Selon l?accusation, cette adolescente de 17 ans aurait été aspergée d?essence puis brûlée vive dans un local à poubelles par le premier accusé, Jamal Derrar, 22 ans, avec la complicité du second homme, Tony Rocca, 23 ans.

Les deux accusés, poursuivis respectivement pour ?actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner?et ?complicité? de ce crime, encourent la réclusion à perpétuité.

Ce fait divers avait popularisé l?association ?Ni putes, ni soumises?, formée début 2002 pour la défense des jeunes femmes issues de l?immigration et qui a connu en 2003-2004 une reconnaissance des plus hautes autorités de l?Etat.

Cette association considère que Sohane est morte car elle ?a refusé de se soumettre à la loi du ghetto?. Elle a lancé un débat sur la violence qui régirait les rapports hommes-femmes dans les quartiers pauvres des banlieues, notamment chez les Français issus de l?immigration africaine.

Cette théorie est contestée par certains sociologues, qui soulignent que l?affaire Sohane doit être éclaircie au procès et contestent l?idée qu?un crime isolé puisse être vu comme emblématique d?un phénomène de société.

?Un cas individuel, qui fait l?objet d?un procès à venir et n?est en réalité pas encore compris, a été promu au rang de symbole de tout un combat social et politique?, écrit le sociologue Laurent Mucchielli dans un livre publié en 2005.

Il estime que l?affaire a servi à la ?diabolisation des Arabo-Musulmans?.

La justice a hésité sur la qualificaton juridique des faits. La juge d?instruction Catherine Giudicelli a abandonné la qualification d?assassinat initialement retenue, car elle estime qu?il n?est pas possible de démontrer que les accusés ont tué Sohane volontairement.

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