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Deux jeunes gens agressés par jalousie
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Deux jeunes gens agressés par jalousie
La frêle silhouette de Meenakshi Seeboruth, 19 ans, est délicatement enveloppée dans un drap blanc sur un lit d?hôpital à la Surgical Intensive Care Unit de l?hôpital Jeetoo. De gros bandages couvrent son cou, ses épaules, et son avant-bras droit.
Adossée, les genoux relevés, la jeune fille boit un jus de fruit à petites gorgées. À chaque fois qu?elle déglutit, une douleur lancinante dans le cou lui rappelle ce terrible après-midi, où elle et son ami Kitin Naidu ont été agressés au couteau en plein jour dans le centre de Port-Louis, le 15 février.
À quelques pas de son lit, Kitin Naidu, 19 ans, se remet également de ses blessures. Le bras droit en bandoulière cache une entaille à l?épaule. Contrairement à Meenakshi, le jeune homme arrive à parler presque normalement à sa mère, Reena. « Il est heureusement hors de danger », affirme cette dernière, soulagée.
Une vive douleur à l?épaule droite
Mais quels tourments n?a-t-elle pas enduré depuis ce jour où son fils aîné a été tailladé comme une vulgaire poupée de chiffon. Les mots lui manquent pour décrire cette agression sauvage. « Mon fils n?a pas d?ennemis, c?est un innocent. Comment peut-on s?attaquer ainsi à des gens respectables », demande-t-elle.
D?après le récit que Kitin a fait à ses parents, il marchait tranquillement rue John Kennedy lorsqu?il a rencontré Meenakshi, son amie d?enfance. « Il s?était rendu à Port-Louis pour une transaction », précise sa mère. Les jeunes gens ont fait un bout de chemin ensemble, s?étant rendus compte qu?ils allaient tous deux à la gare routière pour prendre le bus et rentrer chez eux. « Kitin affirme qu?en arrivant à la hauteur du bâtiment LIC, quelqu?un lui a touché l?épaule pour lui demander qui était cette jeune fille qui l?accompagnait. »
La réponse de Kitin sort de sa bouche comme une évidence. « Mo s?ur sa », répond-il, sans s?arrêter de marcher. Et dans la seconde qui suit, il ressent une vive douleur à l?épaule droite avant de s?écrouler sur le trottoir. L?homme vient de lui asséner un coup de cutter et s?acharne maintenant sur la jeune fille. Il enfonce sa lame successivement dans son dos et ses épaules et lui lacère le cou au passage avant de s?enfuir.
Il est aux alentours de 10 heures. Port-Louis grouille de monde, mais l?attaque violente des deux jeunes n?est pas passée inaperçue. Pendant que des passants viennent au secours des victimes en appelant le Samu, un groupe de marchands ambulants se lance aux trousses du malfrat. Ils le rattrapent rapidement et le confient à la police non sans l?avoir roué de coups.
« Il avait vu ma fille et souhaitait l?épouser »
L?agresseur, un certain A. D âgé de 20 ans, serait un soupirant de Meenakshi. Rani, la mère de cette dernière, se souvient de lui. « Il y a quelque temps, il est venu frapper à ma porte, à Petit-Raffray. Il m?a dit qu?il avait vu ma fille, qu?elle lui plaisait et qu?il souhaitait l?épouser. Je la lui ai refusée car Meenakshi avait déjà commencé ses études », se souvient-elle. Rani Seeboruth affirme ne plus en avoir entendu parler. Les mois se sont écoulés et cet épisode a vite été oublié. Meenakshi a continué ses études en sciences humaines et sa mère s?est replongée dans son univers d?ouvrière textile.
Jusqu?à ce jour fatidique. A. D. qui répond d?une accusation provisoire de coups et blessures avec des circonstances aggravantes, affirme avoir agi par jalousie. Dans sa déposition à la police, il affirme que c?est en voyant la jeune fille en compagnie de Kitin que la moutarde lui est montée au nez?
Maintenant que les deux jeunes sont hors de danger, les deux familles tiennent à mettre les points sur les i. Meenakshi et Kitin ne sont que de bons amis. « Un journal a inventé une histoire de toutes pièces en prétendant qu?ils sortaient ensemble, alors qu?il n?en est rien. Meenakshi et Kitin sont des amis d?enfance. Ils se connaissent depuis la quatrième », confie un proche parent.
Après les études secondaires, Meenakshi choisit de poursuivre ses études à l?université de Maurice. Kitin, lui, vient de terminer sa Form VI au collège Royal de Port-Louis et suit actuellement un cours de formation.
« Ces enfants ont eu la vie sauve grâce aux nombreux volontaires qui leur sont venus en aide. Nous les remercions tous, sans oublier les médecins et le personnel médical de l?hôpital Jeetoo? » souligne Reena Naidu.
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