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Deux candidates au pas de charge
Maya Hanoomanjee, candidate MSM-MMM, circonscription n°14
Mercredi, 17h00, Route-Bassin, quartier de Quatre-Bornes. Le temps couvert ne décourage pas Maya Hanoomanjee, « nouvellement jetée dans la politique », comme elle se définit elle-même. L?ancienne PS est « en campagne sur le terrain » et s?en va « visiter des électeurs ».
La circonscription n° 14 (Savanne-Rivière-Noire) est « la plus peuplée et la plus vaste du pays », explique-t-elle à ses agents, d?où « l?importance de rencontrer et d?expliquer aux électeurs » les réalisations du gouvernement.
La Toyata verte est garée au coin d?une rue. Le porte-à-porte peut commencer. Vêtue d?un sari rouge et vert, la candidate entre dans une cour où se trouve une modeste maison, près de la propriété sucrière.
« Bonjour ! Je suis Maya Hanoomanjee, candidate de l?Alliance gouvernementale? » : à ces mots, la porte de la maison, seulement entrouverte, s?ouvre en grand et une maigre jeune femme apparaît tout sourire. « Entrez, entrez ! Vous voulez une tasse de thé ? »
Et Maya Hanoomanjee de préciser qu?elle a d?autres visites à faire mais qu?elle souhaite écouter les doléances de son interlocutrice, si elle en a. Puis, elle explique « quelques réalisations » de l?équipe MSM-MMM, soulignant les progrès dans le domaine éducatif.
Au fil de ses visites, on sent rarement que l?on a affaire à une néophyte. D?ailleurs se considère-t-elle comme une débutante ? « Oui et non? Bien que ce soit mon baptême du feu comme candidate, en tant que PS, j?ai été en contact avec les différents projets et je sais exactement quels sont les besoins et attentes des gens », assure-t-elle, avec modestie.
« J?ai été heureuse de la rencontrer. Elle donne l?impression d?être honnête, simple et humble. Elle veut travailler pour le pays. Je vais lui donner un vote » : propos de Rajee, qui ne cache pas son admiration pour Navin Ramgoolam, peu après le départ de la candidate MSM-MMM. Pourquoi donc votera-t-elle panaché (deux voix pour l?opposition et une pour Maya Hanoomanjee) ? « Li tu sel paret honet. Li nuvo », lâche Rajee.
Nous voici chez Tony et Ruby, un jeune couple. Tony a perdu son emploi avec la fermeture de l?usine de la zone franche où il travaillait depuis l?âge de 16 ans. « Mo bizin gagn enn travay », s?exclame-t-il. « Mo dan mari pins. »
Maya Hanoomanjee semble partager sa douleur. Elle tire de son sac à main un agenda et prend les coordonnées du couple. « Mo na pa promet u naryen. Mo va guete ki mo kapav fer pu u », dit-elle posément.
Tony lui dit n?avoir rien à espérer de l?équipe MSM-MMM. Elle lui explique alors calmement que « de nombreuses choses ont été lancées », particulièrement dans le domaine de l?éducation. Tony et Ruby sont très attentifs, posant quelques questions. Tout le monde se quitte après de chaleureuses poignées de mains.
17h45 : Maya Hanoomanjee s?engouffre dans sa Toyota : direction Beaux-Songes, où l?attend une réunion avec des activistes MSM-MMM et les deux autres candidats de la majorité sortante. Au programme : plan d?action pour le quartier et présentation des deux candidates de la circonscription. Elle rencontre alors ses deux colistiers, Danielle Perrier et Alan Ganoo, et tous se rendent chez Daniel, responsable des agents MSM-MMM du quartier.
Nita Deerpalsing, candidate Alliance sociale, circonscription n°18
Vendredi 16h00, rue Ollier, Quatre-Bornes. Un groupe de six personnes, deux femmes et quatre hommes, brave les gouttes de pluie et le vent glacial pour faire du porte-à-porte. À leur tête, Nita Deerpalsing, candidate de l?Alliance sociale au n° 18 (Belle-Rose-Quatre-Bornes) avance d?un pas décidé.
« Il est très important de rencontrer les électeurs, surtout les électrices. Le porte-à-porte est, de ce point de vue, le meilleur moyen d?atteindre ce but », lui explique un agent rouge aguerri aux techniques électorales. « J?ai pris quatre semaines de congé pour faire campagne. Je suis sur le terrain depuis mardi et je dois me faire connaître des électeurs », dit la néophyte.
Nous voilà dans l?une des ruelles donnant sur la rue Ollier, tout près du pensionnat Santa Maria. La candidate frappe à une porte. Veena, la soixantaine, apparaît, drapée dans un sari rouge. « Namasté Madame. Je viens vous rendre visite parce que je suis candidate de l?Alliance sociale pour les élections. U kone kifer u bizin vot pu nu ? Le chômage est en hausse et les prix ne cessent d?augmenter? »
L?accueil est toujours cordial. « Ou le enn dithe ? » demandent à chaque fois les hôtes. « Non merci », répond invariablement la Nita Deerpalsingh. On sent bien que dans les premières maisons visitées, l?Alliance sociale a le vent en poupe. À moins que ce soit une ruse de la part des électeurs pour cacher leurs intentions de vote ? Impossible à dire. La candidate veut connaître la situation maritale de l?électrice, ce qu?elle va préparer pour le dîner, le nombre de chômeurs dans « lakaz ». Avant d?affirmer : « Na pa kupe, transe. Bizin vot 3-0 » contre un « guvernman dominer ».
Tout semble réglé comme sur du papier à musique. Mais voilà qu?apparaît Jocelyne, habitante d?une modeste maison ex-Longtill. « Bonjour ! Entrez ! Faites comme chez vous », dit-elle à la candidate. « U kone, mo pa pu vot pu zot », lance alors la jeune mère de famille.
« Na pa fer naryen. U va vinn guet mwa kan mo ava eli », réplique Nita Deerpalsing, sans perdre son assurance.
Juste avant de partir, on croise une vieille dame. Suivent les salutations d?usage et l?appel à voter « lakle ek suval ». L?électrice retient Nita Deerpalsing :
« U kone ki mo ete ? » Devant sa réponse négative, la vieille s?exclame : « Mo enn die hard travailliste. Mo mem tifi Anjalay Coopan ! » Court silence et les deux femmes s?étreignent. L?émotion est palpable.
16h35 : fin de l?exercice et conciliabules dans la rue Ollier, car Nita Deerpalsing est rejointe par ses deux colistiers, Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen. Ils décident alors de faire le porte-à-porte ensemble. Elle s?engouffre dans une voiture : direction avenue Leconte de Lisle, un kilomètre plus loin.
Là, rebelote, avec en plus Sam Durgauhee, agent rouge du quartier. Nita Deerpalsing a pris de l?assurance. Elle interpelle les électeurs qui les accueillent : « Bizin zet enn guvernma dominer », affirme-t-elle, en expliquant rapidement pourquoi il faut voter pour ses colistiers et elle-même.
Les visites se poursuivent au pas de charge. « J?aime beaucoup rencontrer les gens. On apprend beaucoup avec eux », lâche-t-elle, entre deux visites.
17 h 45 : fin de l?exercice. « Nous avons rendez-vous avec nos agents, puis nous animerons trois réunions privées. » Longue soirée en perspective.
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