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Des villageois perchés dans les arbres en Inde

4 juillet 2005, 00:00

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Des soldats indiens ont secouru hier des villageois qui s’étaient refugiés dans les arbres pour échapper à des fleuves en crue dans l’Etat du Gujarat (Ouest), où de fortes inondations ont fait 127 morts et des dizaines de milliers de blessés. “Nous avons crié en voyant les soldats, nous leur avons demandé de nous sauver”, a déclaré Deepak Parmar, un paysan de Garbada, village situé à 95km au sud d’Ahmedabad, capitale du Gujarat.

Les soldats ont pu secourir une centaine de personnes à Garbada en se servant de canots pneumatiques. Certains militaires ont nagé pour atteindre le toit de maisons inondées et des arbres où s’étaient réfugiés des villageois. Dans tout le Gujarat, un survol aérien permet de voir des toits de maisons entièrement submergées et entourées d’eaux boueuses. Le niveau de l’eau commençait toutefois hier à baisser du fait d’une accalmie dans les pluies de mousson.

Les populations locales se plaignent d’un manque de nourriture et d’eau potable, et de la lenteur des autorités à réagir. Le prix du lait et des légumes est en outre monté en flèche. Le gouvernement du Gujarat assure faire de son mieux. “Toute personne dans le besoin se verra fournir ce qui lui faut”, a déclaré un porte-parole, Kaushik Patel, sans fournir de précisions.

Des hélicoptères militaires ont recommencé hier à larguer des colis de nourriture et de médicaments après une suspension samedi de leurs opérations, due au mauvais temps.

Alors que le Gujarat, l’un des Etats les plus riches de l’Inde, peine à combattre ces inondations massives, les milieux économiques ont indiqué que la production industrielle, dans de nombreux secteurs, était interrompue. Un responsable des chambres de commerce et d’industrie du Gujarat a estimé les pertes à environ 20 milliards de roupies (460 millions de dollars).

La mousson, qui en Inde s’étend de juin à septembre, provoque chaque année des inondations, entraînant la mort de centaines de personnes. Le Bangladesh, pays voisin, n’est pas épargné. Une partie de sa capitale, Dacca, est inondée, et hier l’heure de pointe du matin - comme dans d’autres pays musulmans, ce jour n’est pas chômé au Bangladesh - était marquée par des embouteillages monstres dues aux intempéries.

Dacca, qui compte dix millions d’habitants, dispose d’un système d’écoulement des eaux déficient, rendant les inondations dans cette ville particulièrement handicapantes. Environ 150mm de pluie y sont tombés depuis samedi minuit et on en attend davantage dans les deux jours à venir, a déclaré un responsable du Service météorologique. L’an dernier, entre juillet et septembre, les inondations ont fait au Bengladesh un millier de morts et environ dix millions de sans-abri.

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