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Des trottoirs semés d?embûches

10 août 2008, 00:00

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Jeudi 16 h 30, les rues de la capitale sont bondées. Sortis de bureaux, certains se pressent pour prendre « l?express » de la UBS afin de rentrer au plus vite chez eux.

Mon périple débute à l?intersection des rues Jummah Mosque et Farquhar. Premier constat, les vendeurs n?ont pas hésité à étaler leur marchandise sur le trottoir, empêchant les piétons de se déplacer en toute sérénité. « Nou pa kapav avanse ! », s?emporte l?un d?eux. Seule façon de progresser : emprunter la route.

Je continue mon parcours, rue Farquhar. Autre rue et même ambiance. Les trottoirs sont là, mais ont disparu sous les articles des marchands ambulants. Comme tout le monde, je déambule sur la chaussée. Dans un brouhaha infernal, je progresse parmi la foule, tentant d?éviter ici et là voitures et autres motos.

À l?intersection de l?avenue du Duc d?Édimbourg et de la place d?Armes, un vendeur de vêtements est accroupi.

Il est là depuis 9 heures et y restera jusqu?à 18 heures, comme tous les jours. Pour écouler ses produits, il « squatte » les deux côtés du trottoir.

Aux abords du Harbour Front, des parents « traînent » tant bien que mal leur enfant de trois ans dans une poussette. « Se balader dans les rues de Port-Louis avec ça, c?est loin d?être évident ! », explique Patrick, 47 ans. Beaucoup de trottoirs sont cassés et lorsqu?ils sont réparés, c?est pire. On ne fait qu?ajouter du béton? au béton ! ».

« Je préfère marcher sur la route »</B>

Je m?aventure rue de la Poudrière, le sol glissant m?oblige à progresser sur la route. Quelques mètres plus loin, je regagne le trottoir mais un énorme trou en plein milieu m?amène à rebrousser chemin.

Rue du Docteur Ferrière : rien à signaler, mais courte sera ma joie car, rue Mère Barthélemy, le trottoir a carrément disparu. « Je travaille ici. Au début de la rue, il y a un trottoir, mais il ne se prolonge pas jusqu?au bout », explique Nathalie, 34 ans.

Elle poursuit : « Certains trottoirs sont faits avec des pavés. Ils sont lisses et glissent par temps de pluie. D?ailleurs, la semaine dernière, j?ai trébuché juste en face de la Flore mauricienne. Depuis, je préfère marcher sur la route en prenant le risque de me faire renverser. »

J?évolue jusqu?à la rue St Louis. Là, je croise Jessen et Selvena. Tous deux sont ingénieurs en informatique et arpentent le pavé toute la journée dans la capitale pour dépanner leurs clients. Les rues leur sont familières. « Les trottoirs sont catastrophiques. Si tant est que l?on puisse appeler cela des trottoirs ! », s?insurge Jessen. « Je préfère marcher sur la route, j?ai abandonné trop de talons », ajoute Selvena.

Trottoirs cassés, trou béant, plaques et pavés glissants, dalles juxtaposées à des niveaux différents, la liste des maux est bien longue. En attendant leurs réparations, il est 17 h 30, je préfère finir ma route en taxi.

<B>Et du côté de la municipalité ? </B>

La municipalité de Port-Louis déclare recevoir une dizaine de doléances par semaine à cause du mauvais état des trottoirs. Dès qu?une plainte ou une requête est reçue, une visite du lieu est organisée par la municipalité. Ladite visite décide ou non du début des travaux. « S?il s?agit de dégâts importants ou d?un trottoir situé à un endroit très fréquenté, on lance la rénovation », déclare un haut fonctionnaire.

Par ailleurs, du côté du département des travaux, on affirme que la municipalité a, depuis un mois, entrepris des actions dans différentes artères de la ville, notamment aux rues Brabant et Lisley Geoffroy.

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