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Des tomates hydroponiques à la conquête du marché
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Des tomates hydroponiques à la conquête du marché
C?est un cadre qui est aussi planteur. Et même un planteur pas comme les autres. Pour cultiver ses légumes, il n?a pas choisi la méthode classique. Lui, c?est la culture hydroponique qui l?intéresse. Avec son ami, Siddick Kootbaully, Medhi Rahimbaccus, 30 ans, a lancé la société Les Serres du Nord. Une belle leçon d?entrepreneuriat, qui a bénéficié du support de l?Agricultural and Research Extension Unit.
Il est 7 h 30, samedi. Medhi Rahimbaccus, aurait pu passer son week-end à la plage ou faire une partie de pêche avec des amis. Cadre dans une entreprise agroalimentaire, il l?aurait bien mérité après une semaine de dur labeur. Et pourtant, Medhi Rahimbaccus est sur le pied de guerre.
Cap sur Triolet pour qu?il puisse examiner ses concombres et poivrons. Le trajet Beau-Bassin-Triolet, le vice-président de la Jeune chambre internationale de Beau-Bassin, le fait par autobus car ?la voiture revient trop cher. Je préfère économiser mon argent pour autre chose?.
<B>Etudes préparatoires</B>
?Je me suis intéressé à l?hydroponie après mes études en agriculture. Mes connaissances en management m?ont aidé à monter ma société.? Medhi Rahimbaccus sort en effet tout droit d?une école supérieure de commerce à Poitiers et est de surcroît diplômé en agriculture.
Première règle d?or avant de monter sa propre serre : prendre son temps avant de sauter à pieds joints dans l'horizon. ?Nous avons entrepris beaucoup d?études avant d?en arriver là. Le constat est qu?il y a de nouvelles opportunités pour ce créneau à Maurice.?
Le projet démarre en mai 2004. Avec son ami Siddick, les deux entrepreneurs lancent leur société, Les Serres du Nord. Ils emploient deux personnes pour s?occuper quotidiennement de la plantation.
L?investissement de départ est lourd. Rs 1,2 million sont injectées. Deux serres d?une superficie de 400 mètres carrés chacune sont créées. Un millier de plantes peuvent être cultivées dans chaque serre. Mehdi Rahimbaccus récolte, lui, 20 tonnes de tomates par an sur une superficie de 800 mètres carrés.
Dans Les Serres du Nord, les plantes prospèrent grâce à une solution d?éléments nutritifs (eau et engrais liquide). La culture se fait sans le support du sol. Les avantages sont multiples : un rendement et une qualité nettement supérieure à une culture classique. ?Il faut savoir que le rendement est deux fois supérieur à la méthode classique?, souligne Medhi Rahimbaccus.
?Nous obtenons un produit plus savoureux, et bénéfique pour la santé car nous n?utilisons pas de pesticide.? Et la qualité se paye. Le prix de la tomate peut varier entre Rs 40 à Rs 200 le kilo.
La clientèle de Mehdi Rahimbaccus est bien ciblée. Essentiellement des hôtels mais quelques particuliers y figurent également. ?Les hôtels veulent offrir des produits de qualité aux clients.?
Le plus dur pour Mehdi Rahimbaccus : l?accès aux finances. ?Cela a été le parcours du combattant?, affirme ce dernier. Pour pouvoir emprunter, l?aide des parents a été sollicitée. ?Sans cela, il aurait été difficile de monter ce projet?, souligne t-il.
Et pour y arriver, ils ont dû hypothéquer un terrain. Sur un emprunt Rs 1,2 million, le montant à rembourser mensuellement est de Rs 15 000. Les Serres du Nord espèrent atteindre leur seuil de rentabilité dans trois ans et demi. Les affaires marchent plutôt bien et Mehdi souhaite que l?objectif soit atteint.
La culture hydroponique a de belles années devant elle. Après tout, souligne Mehdi Rahimbaccus, c?est par le travail et le sacrifice que l?on progresse dans la vie.
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