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Des Tarzans modernes à l?assaut des bâtiments
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Des Tarzans modernes à l?assaut des bâtiments
S?il vous arrive de balader votre regard sur les murs extérieurs des grands bâtiments, vous avez sûrement eu l?occasion de voir une poignée d?ouvriers s?activant à décrasser les murs, armés de raclettes ou de nettoyeurs à haute pression. Dans un panier suspendu à des câbles tels des? Tarzans modernes.
Si ces ouvriers paraissent à l?aise, il n?en demeure pas moins que l?exercice est difficile. ?Ce n?est pas donné à tout le monde, commente Tony Ah-Yu, manager de Sotraclean Limitée, une des compagnies offrant un service d?entretien pour les grands bâtiments, car il faut avoir une formation pour cela.?
Selon lui, le travail est encore plus difficile du fait que la grande majorité des bâtiments à Maurice ne sont pas pourvus des facilités nécessaires à cette activité. Par exemple, il explique qu?il n?y a pas de parties en saillie pour se mettre debout ni de points d?ancrage sur les toits pour fixer des équipements de façon sûre afin de descendre le long de la façade du bâtiment.
?Plus cher que l?entretien intérieur?
Tony Ah Yu estime qu?il est nécessaire que les bâtiments soient dorénavant pourvus de nacelles ? un genre de panier suspendu ou porté par un bras, où l?ouvrier peut se placer ? et des points d?attache pour suspendre les équipements. Comme c?est le cas pour quelques grands bâtiments récents.
Sinon, il faudrait un skyjack ? un bras télescopique avec un panier ? ?A Maurice, le plus grand peut aller jusqu?à 17 m, alors que les bâtiments sont souvent de 30 à 40 mètres?, affirme Tony Ah-Yu. Dernière solution : des échafaudages qui ne sont toutefois souvent pas adéquats.
Comment ça se passe ? Dans la majorité des cas, il faut sortir par une fenêtre avec des harnais de sécurité et s?introduire dans la nacelle, muni de son nettoyeur à haute pression ou de sa raclette. ?Quand on est dans la nacelle, chaque action a une réaction dans la direction opposée?, prévient le manager de Sotraclean.
Parmi les employés de Sotraclean, une douzaine ont été formés à l?entretien extérieur des grands bâtiments. Quant aux harnais, ils sont essentiels et obligatoires, sauf que ?ça limite l?opérateur dans ses mouvements?, déclare Tony Ah-Yu.
A propos des panneaux de vitres, l?idéal, c?est qu?à côté de chaque panneau fixe, il y en ait un qui s?ouvre de sorte que les ouvriers puissent faire le nettoyage en partant de la gauche aussi bien que de la droite. ?Des fois, ce n?est qu?après deux ou trois panneaux fixes qu?il y a un panneau qui s?ouvre, ce qui rend le travail bien difficile.?
Non pratique aussi : l?emplacement des ampoules et autres luminaires. Ainsi, il faut un échafaudage rien que pour changer une ampoule. Les risques sont bel et bien présents. Bien des fois, les compagnies d?assurances ne veulent donc pas couvrir les ouvriers si le bâtiment n?offre pas les facilités nécessaires. ?On a souvent refusé des travaux pour ces raisons?, souligne Tony Ah-Yu.
Difficile de mettre un prix à ce service car chaque bâtiment a ses spécificités, ce qui influe sur le nombre de travailleurs, le temps alloué, la surface à nettoyer, ainsi de suite. Mais à titre comparatif, on peut dire que le coût de l?entretien extérieur est ?deux fois voire trois fois plus cher que l?entretien intérieur?, souligne Vikash Ramnauth, directeur de The Professional Cleaners Ltd qui s?occupe depuis trois ans de l?entretien de la Cyber Tour 1 à Ebène, entre autres. Quant au temps nécessaire pour compléter l?entretien extérieur de la Cyber Tour : ?Avec six ouvriers, on peut terminer la tour en deux mois?, déclare Vikash Ramnauth.
PARCOURS
Roger Mauree : 20 ans dans le métier, du sang-froid à en revendre
■ ?Les câbles soutenant la nacelle ont la dimension d?une plume. Si quand vous y êtes, vous n?avez pas peur, be ou pa pou per zame?, affirme Roger Mauree, superviseur des travaux de nettoyage chez Sotraclean Ltée. Il faut définitivement une dose de sang-froid pour faire ce travail, dit Roger. Mais, il s?y est habitué depuis longtemps. Vingt ans qu?il fait ce métier. Il a commencé grand, Roger. C?était en Arabie Saoudite dans les années 1980. Un immeuble de 55 étages. Il s?en rappelle encore. ?Inutile de regarder en bas, vous ne voyez rien? Ceux qui ont le vertige doivent s?abstenir. Roger est catégorique : ?Formation ou pas, certains n?y arriveront jamais.? A son retour à Maurice après trois ans, il continue à faire des travaux en hauteur. Mais, comparé à son expérience en Arabie Saoudite, les immeubles de Maurice, c?est presque du gâteau. Question hauteur. Mais question équipement, il constate des lacunes. A ce propos, Roger est ravi de noter que la quasi-majorité de grands bâtiments qui sont actuellement en construction sont correctement équipés.
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