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Des réformes pour vider les prisons malgaches

23 juin 2005, 00:00

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Sur les 20 000 détenus recensés dans les 98 prisons réparties sur l’ensemble du territoire malgache, 13 000 sont actuellement dans l’attente de leur procès. C’est ce que révélait hier le quotidien “Midi Madagascar”, tout en rappelant que 60 % des détenus sont des récidivistes.

“Le rejet de la société et l’absence de politique de réinsertion sociale bien définie sont les principales causes de ce phénomène de récidive”, confie ainsi un responsable de l’administration pénitentiaire dans les colonnes du journal tananarivien.

L’État malgache acquiesce : “Faute de moyens, l’État n’est pas en mesure d’assumer toutes ses attributions en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux des détenus”, reconnaît Lala Ratsiharovala, Garde des Sceaux et ministre de la Justice.

En substance, les autorités font ce qu’elles peuvent, en fonction d’un très maigre budget. “Le volume de crédit alloué à l’achat de nourriture pour les détenus est insuffisant ”, confirme un directeur du ministère de la Justice. “Dès le mois de septembre de chaque année, les prisons connaissent une pénurie alimentaire. L’administration pénitentiaire est donc obligée de s’endetter et doit négocier avec ses fournisseurs pour la survie des détenus”, a-t-il confié à Midi Madagasikara.“Pour combler ce manque de moyens, ces responsables multiplient et sollicitent également le partenariat avec les ambassades, les ONG, les sociétés civiles, les institutions internationales spécialisées et les familles des détenus”, souligne le quotidien.

L’Aumônerie catholique des prisons (ACP), appuyée par le ministère de la Justice et le Catholic Relief Services (CRS), ont organisé ces derniers mois une série de symposiums sur les droits des détenus, aux côtés de journalistes, de politiciens et d’hommes de loi. L’objectif est d’améliorer les conditions d’incarcération.

Une soixantaine de résolutions ont été prises et présentées samedi dernier aux parlementaires malgaches. Le ministère de la Justice devrait s’inspirer de celles-ci afin de refondre la loi régissant l’administration pénitentiaire et les modalités des détentions. Apparaissent entre autres l’idée d’appliquer une procédure de libération conditionnelle des détenus ayant purgé la moitié de leur peine ; celle d’instaurer un système de comparution immédiate pour les infractions et délits mineurs, ainsi que celle d’infliger des peines alternatives.

Ces réformes, pour peu qu’elles soient adoptées par le législateur, contribueraient à atténuer le poids de la surpopulation carcérale dans le budget de l’administration pénitentiaire.

Le fruit des réflexions menées conjointement par les ONG, le ministère de la Justice, des journalistes, des politiciens et des légistes, afin de résoudre les problèmes engendrés par la surpopulation carcérale, a été présenté.

De cette réflexion a également jailli l’idée de développer des jardins potagers dans les prisons, afin d’améliorer l’ordinaire des prisonniers.

<B>P. N .</B>

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