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Des produits aux petits oignons
Sèche, en poudre, sous forme d?achard ou en chutney, l?oignon attend d?être découvert sous toutes ses formes. Il figure parmi les produits de base jugés comme ayant du potentiel après transformation (processing). L?Agricultural Research and Extension Unit (AREU) encourage d?ailleurs les planteurs et entrepreneurs à développer des produits à valeur ajoutée à base d?oignons. L?organisme a notamment émis un livret à l?intention des planteurs détaillant les différents traitements possibles.
A Grand-Sable et Petit-Sable, quelques planteurs de l?Association des planteurs du Sud-Est (APSE) se sont déjà lancés dans la transformation d?oignons. Ils vendent achards et confits depuis le début de cette année, quoique sur une échelle modeste. «Pour le moment, quelques planteurs qui ont un étal au bazar de Mahébourg vendent nos produits. Nous sommes aussi en négociation avec les grandes surfaces et les hôtels pour pouvoir leur vendre nos produits», dit Geereeshwar Daumoo, secrétaire de l?APSE.
Dix-huit femmes travaillent dans l?unité de transformation de l?APSE. «Ce sont principalement des ménagères qui aident aussi leurs maris aux champs», fait ressortir Shivrani Ori, Senior Extension Officer à l?AREU.
Parmi ces 18 personnes, 14 ont participé à une autre formation il y a quelques mois sur la transformation. Les cours ont couvert plusieurs étapes du processus de transformation, allant de la technique au marketing. Ramesh Rajkumar souligne notamment qu?il a fallu «les aider à présenter leur produit avec un label». Un produit qui répond à des normes bien précises. Par exemple, les produits à base d?oignons ont une durée de vie d?un an. «C?est là la durée imposée par les normes que nous nous devons de respecter», soutient Geereeshwar Daumoo.
La transformation d?oignons n?a pas requis d?investissements conséquents de la part des planteurs de Grand-Sable. «Nous avons déjà la matière première», rappelle Geereeshwar Daumoo. De plus, l?APSE a bénéficié du soutien du United Nations Development Programme et de la National Empowerment Foundation. «En tant que planteurs nous cherchions des moyens pour développer de la valeur ajoutée et nous avons travaillé avec le Mouvement pour l?autosuffisance alimentaire à cet effet», raconte Geereeshwar Daumoo. C?est à la suite d?un exercice de réflexion que les membres de l?APSE se sont tournés vers la transformation d?oignons.
Chaque année, l?APSE récolte entre 10 et 20 tonnes d?oignons. Et actuellement, environ 20 % de la récolte annuelle est transformée. Le reste est notamment revendu pour les semences. «Ce que nous faisons est unique à Maurice parce que nous sommes les seuls à produire ce qui s?appelle les onion sets qui sont, entre autres, utilisés pour les semences», note Geereeshwar Daumoo. L?APSE prépare ses achards et ses confits dans un local fourni par le président de l?association. Il est cependant prévu que l?association emménage le mois prochain, avant le début de la récolte, dans un autre bâtiment à Petit-Sable, prêté par l?Agricultural Marketing Board.
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