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Des personnalités et leur famille prises dans la tourmente

14 février 2004, 20:00

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Cette affaire n?a pas été traumatisante que pour moi, mais pour tous les membres de ma famille », soutient Amina Rojoa, ex-Principal Accountant au Fonds national de pension. La mise à jour de la disparition des placements du Fonds à la Mauritius Commercial Bank (MCB), il y a un an, a eu des répercussions diverses dans la vie personnelle, professionnelle et sociale de ceux dont le nom a été cité. Alors que certains ont pu tirer leur épingle du jeu, d?autres ont du mal à s?en sortir.

L?ex-Principal Accountant du Fonds de pension a connu un parcours spectaculaire dans cette affaire. Après avoir tout révélé aux dirigeants du pays, elle s?est retrouvée en mauvaise posture et a été accusée provisoirement de « conspiracy ». «Le jour de mon arrestation, certains de mes amis n?ont pu fermer l??il. Je suis de nature discrète et du jour au lendemain, j?étais projetée au devant de l?actualité. Ma photo a été dans les journaux. J?ai eu l?impression que je n?avais plus de vie privée. »

Après avoir pris sa retraite comme secrétaire financier au ministère des Finances, Dev Manraj avait une carrière toute tracée devant lui. Fort de son passé professionnel, il s?est lancé dans le service-conseil et dans les affaires. Il était la tête pensante du projet de l?Etat de créer une cybercité à Ebène, non loin de Rose-Hill.

Ce n?est qu?en janvier qu?une accusation provisoire formelle de tentative de corrompre un agent et de blanchiment d?argent a été logée contre lui. Son rêve de laisser son empreinte dans un secteur qu?il décrit comme « l?épine dorsale du cinquième pilier de l?économie » est tombé à l?eau. Il a présenté sa démission comme président du conseil d?administration de Business Parks of Mauritius Ltd, société chargée du développement de la cybercité.

Le regard des autres

« Cette affaire m'a totalement détruit. Je ne mérite pas un tel sort. Je suis innocent. J?ai été intègre durant toute ma carrière. Dès que mon nom a été cité, j?ai constaté que le regard des autres a changé. Toute ma contribution au développement du pays a été oubliée. L'impact que l?affaire a eu sur ma famille a été désastreux. »

Pendant quatre mois, Iqbal Muthy a préféré se terrer chez lui. Dans un document censé faire état des avoirs de Teeren Appassamy, il était question entre autres d?une somme de Rs 21 millions qu?Iqbal Muthy aurait reçue au sous-sol de la MCB. Il était à l?époque le coordinateur de Gold Harbour Ltd, un consortium dirigé par Teeren Appassamy. Cet argent devait apparemment être remis à six membres de l?alliance gouvernementale pour donner un coup de pouce au projet du consortium dans le cadre de la mise en place de la deuxième phase de développement du front de Mer de Port-Louis. « Ce sont surtout les membres de ma famille qui ont souffert dans cette affaire. On pouvait noter une lueur de soupçon à mon égard. Mieux vaut être condamné pour un délit qu?on a commis que d?être pointé du doigt pour un délit que l?on n?a pas commis. »

Les frères Chady doivent faire preuve de patience pour réorienter la gestion de leurs salles de cinéma. Les choses ont pris une mauvaise tournure lorsque Teeren Appasamy, se prévalant de ses droits d?actionnaire des compagnies Cinemaxx, Cine Network et de Cine Rama, demande la fermeture des salles gérées par les frères Chady. « En tant que politicien, j'ai la peau dure. Les attaques, les allégations ou les procès d'intention ne m'affectent pas outre mesure. Pour les non-politiciens, c'est autre chose. Les membres de ma famille ont été très affectés par cette affaire. Il faut introduire une législation pour accélérer toutes les procédures de justice. Une justice rendue tardivement cause un préjudice énorme aux personnes concernées », déclare Siddick Chady.

Argent mal gagné

Les proches de Vijay Bhugut n?en reviennent pas depuis qu?il a été invité à donner des explications sur le transfert allégué de Rs 88 millions vers New York. Les enquêteurs de l?Icac voulaient vérifier si la somme avait un lien quelconque avec des placements du Fonds national de pension. Vijay Bhugut a été interrogé en sa qualité de directeur de Mauri Beach Travel & Tours, une compagnie appartenant à Teeren Appassamy.

« Nous avons beaucoup souffert de la perception des gens. Vijay n?utilisera jamais de l'argent mal gagné surtout pour nourrir sa famille. Il prouvera son innocence », affirme un membre de sa famille.

Pour Hervé Duval, avocat, la seule façon de minimiser l?impact qu?ont de telles affaires sur les proches des suspects, c?est de les traiter avec professionnalisme à tous les niveaux.

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