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Des ouvriers manifestent contre l?embauche d?étrangers
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Des ouvriers manifestent contre l?embauche d?étrangers
Ils sont environ 1 800 ouvriers étrangers à travailler actuellement dans le secteur de la construction. Un tel nombre, dit le syndicat des ouvriers mauriciens, la Construction, Metal, Wooden and Related Industries Union, ne peut que nuire à l?embauche de Mauriciens, qui ?sont à la recherche d?un emploi sécurisé?. D?où une manifestation du syndicat, pendant au moins une demi-heure hier, devant l?Hôtel du gouvernement.
Reaz Chuttoo, le porte-parole du syndicat des ouvriers, explique que l?emploi devient de plus en précaire dans ce secteur en raison de la présence des travailleurs venus d?ailleurs. En 2003, le Central Statistics Office (CSO), avait chiffré leur nombre à 1 248, en 2004 à 1 411 et à 800 en 2005.
La colère de Reaz Chuttoo était surtout dirigée contre le fait qu?une allocation Rs 3 000 est accordée mensuellement à chaque travailleur souhaitant suivre des cours de formation dans la construction. Le syndicat dit craindre que cette allocation ne soit insuffisante et ne décourage les éventuels postulants. Et d?expliquer que le National Remuneration Board (NRB) prévoit un salaire minimal de Rs 5 800 par mois pour tout maçon qui se ferait embaucher dans une entreprise.
?Qu?on ne vienne pas nous dire après qu?on n?a pas trouvé des maçons pour être formés et que les entreprises peuvent donc recruter des travailleurs étrangers?, fait remarquer le syndicaliste. Il a, dans cette optique, adressé une lettre au ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, pour réclamer une rencontre urgente.
Interrogé, hier, Raj Makoond, directeur du Joint-Economic Council (JEC) et président d?un sous-comité chargé d?assurer la formation des travailleurs à travers l?Empowerment Programme, a déclaré qu?il ne faut pas faire l?amalgame entre un travailleur professionnel et un chômeur. ?Ces cours s?adressent uniquement aux chômeurs. Il n?y a donc aucune comparaison à faire. Ce sont deux groupes distincts.?
Un point de vue partagé par Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius. Ceux qui ont déjà une compétence font leur demande d?emploi directement auprès des entreprises, dit-il.
Les entreprises engagées dans le secteur du bâtiment continuent à faire paraître des avis dans les journaux pour recruter de la main-d??uvre locale. Mais n?en trouvant pas assez, elles doivent se tourner vers la main-d??uvre étrangère.
Les responsables de ces entreprises ont fait part au ministre du Travail et des Relations industrielles de leur difficulté à recruter la main-d??uvre locale au cours d?une réunion, il y a deux semaines.
Les raisons pour lesquelles des maçons mauriciens refusent de se faire embaucher sont multiples. Ils affirment, entre autres, qu?ils gagnent mieux leur vie en travaillant chez des particuliers ou chez des petits entrepreneurs, et cela, malgré le manque de sécurité d?emploi. Ils réclament en moyenne entre Rs 500 et Rs 700 par jour, alors que le NRB prévoit un salaire minimum de Rs 224 par jour. Même si une entreprise de construction offre un salaire supérieur à ce que prévoit le NRB, soit entre Rs 300 à Rs 400, bon nombre de maçons le boudent.
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