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Des mesures pour garantir la sécurité alimentaire
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Des mesures pour garantir la sécurité alimentaire
Le soutien des entrepreneurs désireux de développer des projets agricoles à Madagascar et au Mozambique est l?une des mesures préconisées par le ministère de l?Agro-industrie dans son plan stratégique de sécurité alimentaire. «Je voudrais assurer ceux qui ont un plan d?affaires crédible pour des projets nouveaux et innovants que nous les aiderons à identifier des terres et des partenaires, que ce soit localement dans la mesure du possible, et à Madagascar ou au Mozambique», a déclaré Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie dans le plan stratégique du gouvernement pour la sécurité alimentaire intitulé ??Strategic Options in Crop & Livestock Sector 2007-2015??. Celui-ci a été rendu public la semaine dernière.
Ce plan privilégie l?accompagnement des agriculteurs et éleveurs de manière à les rendre plus efficients, plus compétitifs, plus ouverts au marché international, et plus innovants, dans leurs activités.
La qualité des produits est l?un des points essentiels sur lesquels le gouvernement entend s?appuyer pour soutenir les planteurs et les éleveurs, et assurer aux Mauriciens une alimentation saine en privilégiant les contrôles de qualité. Afin de tirer profit du développement touristique, des infrastructures sont prévues pour garantir la qualité des produits agricoles et offrir aux planteurs et fermiers la possibilité d?accéder au marché des hôtels, des Integrated Resorts Schemes, des supermarchés et de l?exportation.
Echo favorable
Dans le cadre du programme de recherche de l?Agricultural Research and Extension Unit, deux nouvelles variétés d?oignons (Bellarose et Francis) ont été présentées au public et ont reçu un écho favorable de la part des producteurs et consommateurs. Ces découvertes permettront d?élever le niveau de l?offre qui pourra, de façon progressive, égaler la demande, et le prix de l?oignon s?en trouvera réduit.
«La seule option pour nous est l?agriculture durable», affirme Arvin Boolell. Les planteurs seront encouragés à utiliser le compost en substitution des engrais chimiques, utiliser les séchoirs solaires dont deux modèles sont actuellement expérimentés. L?un des deux sera bientôt remis à l?association pour l?éducation des enfants défavorisés de Chemin-Grenier. Cette dernière a un projet de production et de vente de feuilles séchées. En outre, le ministre encourage les planteurs à adopter la gestion intégrée des parasites pour leur contrôle. Cette technique a l?avantage de réduire la charge chimique et de protéger les abeilles.
La politique d?autosuffisance alimentaire appelle les acteurs du secteur primaire à «bâtir le présent pour construire l?avenir» en les invitant à s?engager dans l?agro-industrie. Cela leur permettra de passer de l?état de petits planteurs à celui de petites et moyennes entreprises rentables qui offrent des services spécialisés au secteur agricole.
800 arpents de terre ont été libérés pour la culture vivrière depuis 2005 et ont permis à 700 postulants de développer des projets de culture de produits vivriers et d?élevage.
L?accent est mis sur la formation des acteurs du secteur agricole et, à ce propos, plusieurs projets sont initiés à l?image des modèles de fermes.
Des modèles de fermes sont créés à Mapou, Flacq, et Rivière-des-Anguilles, où tous les équipements de formation nécessaires sont fonctionnels. Ces fermes offrent des programmes de formation et des conseils agricoles aux producteurs et aux fournisseurs de services dans ce secteur. Quatre autres fermes de ce genre seront créées à Plaisance au cours de l?année. Le gouvernement a prévu Rs 11 millions pour la construction à Wooton d?une école des fermiers qui accueillera des fermiers, des femmes et des jeunes, des sans-emploi, des potentiels entrepreneurs ayant des projets agroalimentaires.
Un forum agroalimentaire est prévu en avril, après celui tenu il y a deux ans.
Voilà autant de mesures engagées par le gouvernement, qui offrent d?énormes opportunités aux entrepreneurs agricoles aussi bien à Maurice qu?à Madagascar et au Mozambique.
LA MAUVAISE EXPERIENCE DE SATISH RAMRUTTUN
■ Par le passé, des entrepreneurs qui ont voulu s?essayer à des projets agricoles à l?extérieur du pays ont connu des déboires. Satish Ramruttun est l?un de ceux-là. En 2003, le directeur du département international de l?entreprise ERS marketing a initié, en partenariat avec un Malgache, un projet pilote dans le but d?importer de Madagascar environ 150 tonnes de pommes de terre chaque année. Selon lui, Madagascar offre des opportunités, mais il n?avait pas suffisamment évalué les risques. «Au départ, nous avons financé les semences, et la préparation des terres. En contrepartie nous devions racheter les pommes de terre à un taux préférentiel, mais nous n?avons pu acheter que 15 tonnes finalement sur les 500 tonnes prévues», a expliqué Satish Ramruttun, déçu. Il a décidé de prendre lui-même les activités agricoles en main. Mais pendant deux ans, la sécheresse et puis l?inondation des terres cultivées ont été successivement des entraves à l?épanouissement de son projet. Il recommande une meilleure implication du gouvernement dans le sens de la constitution d?un fonds de soutien aux investisseurs par la création d?une banque agricole. Selon lui, les institutions financières sur place à Madagascar ne financent pratiquement pas les investissements agricoles. «L?Etat ne va pas tout faire, mais les entrepreneurs ont besoin de partager les risques.»
Recommencer. Refaire pousser. Après les grosses pluies de la semaine dernière, nombreuses sont les plantations de cannes, de légumes, de fruits et de fleurs à avoir souffert. Pour remédier à la situation et aider les planteurs à remettre leurs champs en état, un prêt à un taux d?intérêt de 3 % est proposé par la Banque de développement de Maurice (DBM).
Les bénéficiaires de ce prêt sont divisés en trois catégories : planteurs de cannes, planteurs de légumes, fruits et fleurs, et ceux qui exploitent le créneau hydroponique.
Selon Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association, il faut prendre des initiatives pour empêcher que les emprunteurs ne se servent de cette aide pour autre chose que la restauration de leur champ. «Il faut que le ministère fasse un suivi. Ceux qui utilisent l?argent ailleurs que dans leur champ, doivent être pénalisés par une augmentation de leur taux d?intérêt.» Il faut aussi, selon lui, récompenser ceux qui utilisent à bon escient ce prêt en leur offrant un subside de 50 % sur cet emprunt.
Une autre demande formulée par Kreepalloo Sunghoon porte sur les frais encourus par les cultivateurs de légumes qui sollicitent l?aide de la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation pour nettoyer leurs plantations. Il faudrait qu?ils obtiennent le même tarif que les planteurs de cannes. Il souhaite également que le ministère les conseille sur ce qu?il faudrait planter pour que tous ne se lancent pas dans la même culture. «Les prix de certains légumes risquent de chuter, alors des planteurs devront jeter leur récolte.»
Les procédures pour bénéficier de cette aide sont simples. Les planteurs de légumes doivent s?inscrire à l?Agricultural Research & Extension Unit (AREU). A la suite de quoi, une lettre leur sera remise certifiant qu?ils ont été affectés. Ils pourront alors faire leur demande auprès de la DBM.
«D?ici une quinzaine de jours, nous pensons terminer l?enregistrement de tous les planteurs», explique Raj Kumar, assistant directeur de l?AREU. «Pour les cas sérieux, nous remettons la lettre tout de suite, mais pour ceux dont les cas suscitent des doutes, nous allons les visiter.» L?exercice, rappelons-le, a débuté mercredi.
Michel CHUI CHUN LAM
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