Publicité

Des mesures pour faire barrage à la grippe aviaire

2 octobre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alors que l?hiver montre le bout de son nez dans l?hémisphère Nord, des millions d?oiseaux migrateurs mettent le cap sur le Sud? Phénomène somme toute naturelle, mais qui n?est pas sans risques pour Maurice, alors que sévit actuellement la grippe aviaire dans plusieurs pays du Sud-Est asiatique. L?estuaire de Terre-Rouge, qui accueille chaque année des oiseaux migrateurs, a été placé sous la stricte surveillance des services vétérinaires. Le ministère de la Santé aurait commandé 10 000 capsules de Tamiflu, pour soigner la maladie.

Le Tamiflu est un puissant médicament qui permet de soigner la grippe aviaire, même s?il est pris 48 heures après avoir contracté le virus. Toutefois la quantité commandée fait grincer des dents puisqu?elle n?est pas suffisante pour protéger la population contre une éventuelle épidémie. En effet, selon un responsable des laboratoires Roche à Maurice, auprès desquels la commande à été placée, la quantité des gélules ne servira à traiter que 1 000 personnes.

Or, selon des directives de l?Organisation mondiale de la santé (OMS), un pays comme Maurice doit disposer d?un stock de 300 000 gélules de Tamiflu pour être à l?abri du virus. Déjà plus d?une soixantaine de personnes en sont mortes, plus particulièrement dans le Sud-Est asiatique. Cette grippe peut se transmettre non seulement par des oiseaux migrateurs mais aussi par la consommation de poulet infecté ainsi que d?autres volailles, expliquent des experts.

Mais le problème qui se pose actuellement est d?ordre financier. L?Etat doit débourser la bagatelle de Rs 72 millions. La Santé attend depuis plus de deux mois le feu vert du ministère des Finances pour décider de la marche à suivre. ?On ne peut même pas réserver 300 000 gélules de Tamiflu car on ne sait pas si on aura l?argent nécessaire?, dit un proche du ministère de la Santé.

Du côté des laboratoires Roche, on fait remarquer qu?il existe des risques d?une rupture de stock de ce médicaments. Ainsi, les premiers à avoir commandé ou réservé le médicament seront les premiers servis. Et Maurice ne se trouve pas dans cette catégorie.

Entre-temps, les risques augmenteront, avec l?arrivée prochaine d?oiseaux migrateurs en provenance de la Sibérie, de Taïwan et des pays scandinaves, entre autres. Un phénomène à ne pas prendre à la légère, note Rivaltz Chevreau, un passionné des oiseaux migrateurs. Il précise qu?il y a une quarantaine d?espèces qui, tous les ans, viennent au Ruisseau Terre-Rouge et à Rivière-Noire au début d?octobre. Parmi eux se trouvent des espèces dont on ne connaît pas la provenance. Et c?est là que les autorités doivent se montrer vigilantes, estime-t-il.

<B>Analyses</B>

Cette mise en garde fait écho à celle de Dewan Sibartie, vétérinaire travaillant pour le compte de l?OMS et chargé du dossier de la grippe aviaire. Lors d?un récent passage à Maurice, il a évoqué le danger que représentent ces oiseaux. Toutefois, les avis sont partagés sur la question, certains experts estimant que si ces oiseaux sont atteints de grippe aviaire, ils sont incapables de faire un si long voyage jusqu?à Maurice.

Néanmoins, par mesure de sécurité, les services vétérinaires ont placé le Ruisseau Terre Rouge sous surveillance. Des échantillons d?eau contenant la fiente d?oiseau sont prélevés à des fins d?analyse. Tout volatile trouvé mort dans la région de l?estuaire subit des analyses approfondies.

Les vétérinaires du ministère de l?Agro-industrie effectuent en outre des visites régulières dans des fermes d?élevage de poulets et autres volailles pour dépister toute forme de maladie.

Publicité