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Des Mauriciens sans visa, sans travail et sans cours en Irlande
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Des Mauriciens sans visa, sans travail et sans cours en Irlande
Ils se sont laissé convaincre par les promesses d?agents recruteurs. Mais plusieurs Mauriciens étudiant en Irlande sont aujourd?hui dans une fâcheuse situation. Une soixantaine d?entre eux se retrouve sans emploi, faute d?un permis de travail. Le collège où ils étudiaient a été fermé après l?arrestation du directeur pour une histoire de trafic de visas. Une opération de l?immigration.
Ayant atterri en Irlande en pensant y trouver des études à un prix compétitif et un emploi qui rapporte, des Mauriciens se sont heurtés à la désillusion. Sur place, certains ont constaté que les collèges où ils avaient été admis n?étaient que de petites maisons composées de quelques chambres.
C?est à ce genre de situation que de nombreux étudiants, dont des Mauriciens, feraient face en Irlande, certains après s?être fait enregistrer pour des programmes d?études fictifs et après avoir dépensé des sommes allant jusqu?à un total de 7 000 euros pour les frais d?étude et la documentation. Des «études» qui dans plusieurs cas, servent de prétexte pour séjourner dans ce pays. Le journal Irish Independent a d?ailleurs fait état, jeudi, d?au moins cinq établissements privés suspectés d?être de fausses écoles offrant la possibilité d?immigration par des recours douteux.
Il semble que les agents font croire aux Mauriciens que travailler là-bas ne pose aucun problème légal. Or, ils n?ont le droit d?y travailler que 20 heures par semaine. Mais ils étendraient cette durée à 40 heures, de leur propre chef, ce qui n?est pas légal.
<B>Prostitution</B>
Celva Runghen, consultant en immigration, affirme que des étudiants dorment à dix dans une chambre. Faute d?argent, ils ne peuvent payer seuls leur loyer, qui représenterait le double de ce qu?ils touchent. Alors qu?ils croyaient avoir droit à un salaire de 1 300 euros par mois, ils en empocheraient la moitié. Certains se livreraient même à la prostitution. «Ils sont souvent approchés par des gens qui organisent des strip-teases. Une façon d?obtenir un peu d?argent.»
Le collège mentionné plus haut, rapporte un journal irlandais, a été récemment retiré de la liste des départements offrant des études à temps partiel. La direction a fait appel mais en attendant, les officiers de l?immigration ont refusé d?accorder un permis de travail à ces étudiants sans avoir eu des informations satisfaisantes du collège où ils sont enregistrés.
Le collège étant fermé, on imagine le désarroi de ceux qui y étaient inscrits. En février, l?avoué de l?établissement a déclaré qu?il comptait plus de 300 étudiants de Maurice, d?Inde, de Chine, du Bangladesh, d?Afrique du Sud et de Croatie. Certains ont été remboursés d?une partie des frais qu?ils avaient payés. Beaucoup se retrouvent sans travail, sans visa et sans cours.
On serait tenté de se poser une question quant à ces Mauriciens : pourquoi ne pas rentrer au pays ? Ils préfèrent rester par sentiment de honte, répond Celva Runghen. «Ce sont surtout ceux qui ont pris le lump sum de leur père afin de financer leurs études?»
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