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Des marins-chômeurs volent la soupe des parlementaires
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Des marins-chômeurs volent la soupe des parlementaires
La scène se passe sur la Place d?Armes, située devant l?Hôtel du gouvernement à Port-Louis. La nuit est tombée depuis longtemps et la place est déserte. Des marins-chômeurs y ont planté leurs tentes et attendent que les autorités s?apitoient sur leur sort. Ils ne voient rien venir à ce propos, bien sûr. En revanche, ils sont aux premières loges en ce qui concerne le ravitaillement des honorables membres de l?Assemblée législative. Le fourgon de la Flore Mauricienne a à peine le temps de se garer que nos chômeurs sortent de leur oisiveté, entourent les serveurs et les terrorisent au point de devoir prendre la fuite. Ils s?emparent alors du précieux récipient et l?allègent de son contenu, avant l?arrivée des gabelous pourtant plus véloces que d?habitude. De mémoire de vieux loup de mer, c?est la première fois que soupe parlementaire devient soupe populaire et que marins-chômeurs reçoivent bienfait de la part des députés ni ne retournent dépités d?une entrevue avec ces derniers.
La Road Traffic Licensing Authority (RTLA) rappelle aux automobilistes qu?il leur est interdit d?emprunter les nombreuses bretelles reliant les voies montantes et descendantes de l?autoroute Port-Louis ? Réduit. L?utilisation abusive de ces bretelles interdites est cause, dit-on d?accidents mortels, funestes et regrettables. La RTLA rappelle aussi aux automobilistes qu?il leur est interdit de coucher leur véhicule sur les lauriers, fleurissant les terre-pleins de ladite autoroute.
Après 24 ans d?absence au pays, le Dr R. Valayden, psychiatre et chargé de cours en psychiatrie de l?enfant aux Facultés de médecine, passe quelques semaines de vacances. Il a été boursier de l?Alliance française en 1955 et c?est son premier retour au pays natal depuis. Au cours de son séjour à Maurice, il se peut qu?il donne une conférence sur le traumatisme de l?enfant, ne lisant pas encore Tintin, car âgé de 0 à 7 ans.
En attendant le black-out annoncé par les syndicats des employés du CEB, nos députés, pourtant privés de soupe, achèvent l?examen en comité du budget national 1979-80, dont le record des trois discours de présentation n?a pas été amélioré depuis. Pour accélérer le rythme de cet examen, le nouveau Deputy-Speaker, Robert Rey, applique sans retenue la guillotine (normal à l?approche du 14 juillet). Les plus réactionnaires de l?auguste Assemblée préfèrent rentrer plus tôt chez eux plutôt que d?accepter la rigueur de cette discipline parlementaire.
Robin Ghurburrun promet pour bientôt un plan de développement pour 1980-85. Il attend une mission de la Banque mondiale devant examiner le Rural Development Programme. Bérenger se plaint déjà du manque de planification au sein du ministère de l?Education. Obeegadoo ferait bien de se méfier de l?intérêt que porte son leader à la bonne planification en matière éducative. ?Nul ne sait où va l?enseignement secondaire?, disait-il, un quart de siècle plus tôt. Les doléances des instituteurs ne sont pas prises au sérieux. Ils attendent toujours la publication du rapport Richard. Fifi Henry est d?avis que tout le mal dans ce secteur vient de l?éducation gratuite. ?Elle a été instituée sans planification?. Et ne s?est pas améliorée depuis. Elle suggère un référendum sur la question afin d?essayer d?éclairer le gouvernement.
Ne les aurait-on pas privés de soupe, que nos parlementaires auraient peut-être fait preuve alors de moins d?aigreur.
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