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Des médicaments dans les hôpitaux mis en cause dans un rapport

17 juillet 2008, 00:00

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Ils ne répondaient pas aux spécifications du dosage. Ces médicaments étaient pourtant distribués dans les pharmacies des hôpitaux de l?île. Un comité mis sur pied après la découverte de médicaments de qualité inférieure dans des hôpitaux lève le voile sur les lacunes dans le système d?approvisionnement en médicaments.

C?est lors d?un test de routine sur dix-sept produits en Afrique du Sud que des médicaments avaient fait l?objet de rapports défavorables. Un des quatre médicaments mis en doute, le Salbutamol 4 mg, contenait quelque 129,5 % de substance active en excès, relève le laboratoire de qualité CENQAM d?Afrique du Sud. Ce médicament avait été acheté en 2005 et avait été administré en 2006 aux patients. Ce médicament destiné aux asthmatiques ne répondait donc pas aux spécifications.

Le fournisseur conteste vivement ce résultat. Face à ces deux versions divergentes, le ministère de la Santé avait, lui déjà tranché la question et s?était prononcé en faveur des analyses de CENQAM. Le ministère a d?ailleurs banni ce fournisseur de sa liste d?achat. Cette mesure, de même que celle du retrait des médicaments frelatés des hôpitaux, a été saluée par le comité d?enquête.

En revanche, le Salbutamol 2 mg et le Metformine, utilisés par les diabétiques, étaient, selon le comité d?enquête, aux normes. Bien que des analyses précédentes de CENQAM les avaient trouvés non conformes. Les explications des fournisseurs ont été jugées satisfaisantes.

<B>«Ce n?est pas cohérent»</B>

Quant à l?Enalapril Maleate 5 mg, utilisé dans le traitement des hypertendus, le rapport du laboratoire n?est jamais parvenu au comité d?enquête. Il y a d?ailleurs eu de nombreuses analyses de ce médicament. Notamment celles des fournisseurs et de laboratoires indépendants.

Raj Pentiah et ses assesseurs ont souligné que les procédures d?achat ont été respectées à la lettre pour ces quatre médicaments soupçonnés d?être frelatés. Les membres du comité estiment aussi qu?il n?est pas cohérent que c?est après plusieurs mois, voire un an après leur achat, que des tests sont effectués sur ces médicaments.

A titre d?exemple, pour le Metformine 500 mg, ce n?est que huit mois après l?achat que des échantillons ont été envoyés en laboratoire. Et lorsque les résultats sont parvenus au ministère, le stock était déjà épuisé. Le rapport des membres de ce comité estime ainsi qu?il faudrait anticiper dans une large mesure l?approvisionnement en médicaments afin de permettre que des tests soient effectués avant leur utilisation dans les hôpitaux.

La création d?un laboratoire à Réduit avant la fin de cette année devrait prévenir ce genre de situation. L?auteur du rapport souligne cependant qu?il ne s?agit pas là d?une solution miracle, compte tenu des moyens dont disposerait ce laboratoire. Il est d?ailleurs suggéré qu?un laboratoire indépendant en Inde valide les médicaments avant leur arrivée à Maurice, réduisant ainsi le coût des tests.

Le comité relève également que le retard dans le dédouanement des médicaments sur trois mois entraîne des pertes importantes. Des millions de roupies sont payées à la douane en frais de surestarie (demurrage).

Avec ce délai, la qualité des médicaments bloqués dans des conteneurs est aussi mise en question. La création d?entrepôts appropriés pour la conservation de ces produits pharmaceutiques est, selon ce comité, un impératif.

Le comité d?enquête recommande également que le pays calque son système de distribution de médicaments sur celui de la Grande-Bretagne. Il propose de faire payer au patient un montant fixe pour la prescription, qui pourrait, par exemple, être de Rs 25.

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