Publicité
Des légumes en toute transparence?
Christiane, habitante de Tamarin, revient du marché de Port-Louis, où elle s?est approvisionnée en brèdes, pommes d?amour, concombres, giraumon, oignons, laitues. Elle prépare le menu de la fête du nouvel an.
«Je me suis rendu compte que certains prix ont augmenté, celui des brèdes, giraumon et laitue», confie-t-elle. «Par contre, ceux des tomates et des oignons locaux n?ont pas grimpé. Je m?attendais à des prix très élevés de ce côté-là», finit-elle, avec un sourire de satisfaction.
Pour les fêtes du nouvel an, bien des supputations et interrogations des ménagères, restaurateurs et autres consommateurs de légumes ont été notées. La longue période de sécheresse est le sujet de toutes les conversations. En attendant la pluie salvatrice qui rechigne encore à déverser ses flots dans les réservoirs et sur les plantations, les agriculteurs, en particulier les planteurs de légumes, prédisent un début d?année houleux concernant la disponibilité, et, par conséquent, le prix de l?or vert.
«Pour le moment, nous avons assez de provision de légumes pour tenir encore quelques jours», révélait hier, en début d?après midi, Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association. «C?est justement la saison de récolte des tomates dites pommes d?amour. Compte tenu de l?abondance de ce légume, les prix sont restés presque stables, malgré la pression exercée par la forte demande des consommateurs en cette période. C?est pareil pour les concombres, les brèdes, les chouchoux, qui sont disponibles eux aussi, même s?ils ne sont pas de la meilleure qualité.»
Prix chers, prix raisonnables
Mais les lalos (gombos), choux et autres margozes manquent sur le marché. «C?est ce qui explique la hausse des prix de ces légumes en ce moment», précise Kreepalloo Sunghoon. En effet, à la foire de la gare Victoria à Port-Louis, les sentiments tant du consommateur que du marchand sont mitigés sur les prix des légumes. Certains sont chers tandis que d?autres se vendent à des prix raisonnables.
Pour Aroumaye Chinacanen, vendeuse de légumes, «quand il y a abondance, les prix baissent automatiquement. Mais quand il en manque, nous sommes obligés de vendre cher les légumes que nous acquérons nous aussi à un prix élevé. La sécheresse est à la base de la pénurie de certains légumes. Par contre, concernant la tomate, c?est l?abondance car elle est récoltée en été. C?est ce qui explique les prix abordables que nous pratiquons pour les pommes d?amour en ce moment».
Son fils, Aroulen Chinacanen, vendeur de légumes lui aussi, abonde dans le même sens: «Nous ne nous amusons pas à créer l?inflation. D?habitude, nous vendons le lalo à Rs 10 ou Rs 15 la livre. Mais aujourd?hui, comme il y a pénurie de ce légume, nous l?avons acheté cher. Pour cette raison nous sommes obligés de le vendre à Rs 20 le demi-kilo.» Eliza, une jeune vendeuse de légumes, confie : «Cela devient de plus en plus difficile, en raison de la longue sécheresse, d?obtenir beaucoup de légumes.»
Nasser Peerally, président de la Market Traders Association, précise : «Il n?y a pas d?inflation pour les légumes en général. Pour ce qui est de certaines espèces qui sont rares, la cause principale de cette situation est la longue sécheresse de cette fin d?année. Les vendeurs ne doivent pas être tenus pour boucs émissaires, car ils revendent de la même façon qu?ils achètent. En général, ils ne sont que des revendeurs de légumes et non des producteurs. Ils ne font que suivre la loi de l?offre et de la demande.»
En ce qui concerne l?oignon, l?Agricultural Marketing Board (AMB) est à l?origine de la hausse de prix, affirme-t-il. «Concernant l?oignon importé de l?Inde par l?AMB, je crois qu?il faut qu?on clarifie les choses. Si le prix de l?oignon est vraiment libéralisé comme on le prétend, il faudrait que l?AMB cesse de s?arroger le monopole de l?importation de ce produit. Cette structure vend aux grossistes l?oignon importé à Rs 28 le kg et non à Rs 24/kg comme c?était préalablement convenu. Les grossistes, après avoir encouru les charges de transport et supporté les pertes dues aux oignons détériorés, les revendent finalement à Rs 16 le demi-kilo, faisant un profit d?une roupie le demi-kilo d?oignon vendue. Nous ne tripotons pas les prix des légumes».
Nico PANOU
Publicité
Publicité
Les plus récents