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Des journalistes étrangers sur le site nucléaire de Natanz
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Des journalistes étrangers sur le site nucléaire de Natanz
Les autorités iraniennes ont emmené cette semaine une trentaine de journalistes nationaux et étrangers au coeur d?une de leurs installations nucléaires les plus secrètes, l?usine d?enrichissement d?uranium de Natanz, 250 km au sud de Téhéran. Mais, tout en se défendant de dissimuler un programme nucléaire militaire secret, la République islamique refuse de renoncer à son ?droit souverain? d?enrichir de l?uranium à des fins civiles.
La visite sans précédent des journalistes à Natanz, un site de 450 hectares, constitue un geste inhabituel d?ouverture de la part des autorités islamiques. La presse avait été conviée à y accompagner le président Mohammad Khatami. ?Si nous voulions fabriquer des bombes atomiques (...) nous aurions pu achever la construction de (ces installations) dans le plus grand secret?, a déclaré le président iranien aux journalistes.
Les visiteurs ont été emmenés deux niveaux en dessous du sol à l?intérieur d?un vaste hall conçu pour abriter 50 000 centrifugeuses ? une perspective inacceptable pour les Occidentaux. Les autorités ont expliqué que l?installation d?enrichissement a été construite à une vingtaine de mètres sous le sol pour des ?raisons de sécurité?. Aux yeux des experts, il s?agit d?une précaution contre un raid américain ou israélien.
Le moral du peuple affecté
En approchant du complexe, entouré de montagnes arides, les journalistes ont pu compter au moins une dizaine de batteries antiaériennes.
A la grille principale du site, rien n?indique la nature des activités qui y sont menées et qui furent révélées pour la première fois fin 2002 par un groupe d?opposants iraniens. Depuis, les intentions réelles de l?Iran font l?objet de suspicions dans le monde. L?Agence internationale de l?énergie atomique(AIEA) a visité Natanz à deux reprises en 2003. Lors de sa seconde visite, en octobre, elle a placé sous scellés une installation pilote d?enrichissement presque achevée, dans le cadre d?un arrangement entre l?Iran et l?Union européenne.
Les Etats-Unis ont réagi au voyage de presse organisé à Natanz en soulignant que, si l?Iran souhaitait réellement dissiper les craintes de la communanuté internationale, il devrait laisser les inspecteurs de l?AIEA poursuivre librement leur mission. ?Le fait est que s?il y avait une réelle volonté de transparence, il existe de réels moyens, effectifs et significatifs, de témoigner de cette volonté autrement que par un événement médiatique préparé à l?avance?, a déclaré Adam Ereli, porte-parole du département d?Etat.
Par le biais de la France, de l?Allemagne et de la Grande-Bretagne, l?UE négocie un renoncement volontaire de Téhéran à ses activités d?enrichissement afin de lui éviter des sanctions devant le Conseil de sécurité, comme Washington le souhaite.
Produire en grande quantité de l?uranium
Les Européens cherchent à convaincre l?Iran en lui offrant des contreparties mais, s?il a accepté de suspendre ses activités en signe de bonne volonté, il se refuse à y renoncer définitivement. ?Nous pouvons commencer les essais d?enrichissement à tout moment. Dans la section pilote des centrifugeuses sont installées et sont prêtes à enrichir? (de l?uranium), a déclaré aux journalistes le directeur du projet de construction de Natanz, Ehsan Monajemi. ?La mise sous scellés de ces installations affecte le moral de notre peuple. Ce serait dommage que cela continue?, a-t-il ajouté.
De source européenne, on déclare que l?Iran, dans le cadre des négociations, aurait proposé de restreindre ses activités à un demi-millier de centrifugeuses et de ne pas construire l?installation principale prévue pour 50 000 machines.
Le fonctionnement de la seule unité pilote ne permettrait pas à l?Iran de produire en grande quantité de l?uranium à usage militaire mais l?aiderait à en maîtriser la technologie, une perspective qui est inacceptable pour les Etats-Unis.
Quoi qu?il en soit le chef du bureau de propagande du Conseil de sécurité nationale suprême d?Iran, Ali Aghamohammadi, a démenti que son pays ait proposé un tel compromis. ?L?Iran n?a pas offert de limiter ses facilités d?enrichissement et ne l?acceptera pas dans l?avenir?, a-t-il dit.
Amir PAIVAR
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