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Des guerres de gangs qui dégénèrent
L?image est forte : gyrophares allumés, plusieurs Land Rovers de la police font office de barrage au milieu de la rue pour contenir les échauffourées. Deux à trois cents habitants du quartier entourent les véhicules. Les éléments de la Special Supporting Unit (SSU), une quarantaine, armés de leurs combinaisons anti-émeutes, essayent de les calmer. Nez-à-nez avec les forces de l?ordre, certains cèdent toutefois à la provocation face à l?impassibilité apparente des policiers. Ces derniers n?entrent pas dans leur jeu.
Hier, Cité-la-Cure et Karo-Kalyptis étaient sous haute tension. Dans les deux banlieues de Port-Louis, des incidents ont eu lieu pendant la journée et jusqu?à tard dans la soirée. On déplore au moins un blessé, un jeune de 18 ans, et plusieurs véhicules ont été endommagés à coups de projectiles.
Cette troisième journée de troubles a été émaillée de jets de pierres, de bouteilles et d?autres projectiles. Les habitants du quartier ont voulu ainsi exprimer un véritable ras-le-bol. Terrorisés par des trafiquants de drogue qui règnent en maîtres sur la localité, ils sont descendus dans la rue. Et ce, peu après une réunion des forces vives de l?endroit.
Résultat : depuis 19 heures hier, la rue St-Géran ? située dans un quartier tristement réputé pour son commerce de drogue, Camp-Veuve ? était investie par des éléments de la SSU. Unité qui, la veille déjà, vers minuit, avait déjà été mandée sur les lieux pour les mêmes raisons.
<B> BLACK-OUT TOTAL </B>
« Nou pe demann sekurite dan sa lendrwa la. Problem la existe depi lontan. Bann trafikan ladrog fer zot transaksion devan tou dimun. Nanie pa fer zot peur. Kouma l?adsu alle zot rekomans zot sinema. Mem ziska dan sapel kot bann zenn reuni bann la vinn pike laba », s?insurge une jeune du quartier.
L?atmosphère qui règne fait froid dans le dos. La tension est palpable. Le courant interrompu à plusieurs reprises, vers 21 h 15 n?arrange pas les choses, même si le pire est déjà passé. C?est le black-out total. Là-encore, les gyrophares servent d?éclairage.
Miné depuis un certain temps, le quartier explose. Selon les renseignements recueillis sur place, plusieurs petits problèmes sont venus se greffer les uns aux autres pour aboutir à ce triste spectacle.
<B> DOMICILE SACCAGÉ </B>
Guéguerres entre bandes rivales, ingérence de gros bras provenant d?autres banlieues de la capitale, couplées à l?exaspération des habitants, tout cela serait à l?origine de ces troubles.
La goutte d?eau qui a fait déborder le vase semble être la déposition consignée par une habitante au poste de police d?Abercrombie au début de la semaine dernière contre une présumée bande de trafiquants. Pour l?avoir fait, elle a vu son domicile saccagé par les personnes qu?elle avait accusées. Ces personnes se sont rendues chez elles armées de sabres et de morceaux de bois. La dame, accompagnée de son fils, a dû s?enfuir chez un voisin pour trouver refuge. Un véhicule qui se trouvait dans la cour a été partiellement détruit.
Devant ces scènes de violence, les habitants réclament que les autorités prennent des actions concrètes pour que la paix puisse régner de nouveau. Le grand nettoyage est demandé. Les habitants demandent comme seul luxe de pouvoir vivre tranquillement dans leur quartier.
A Karo-Kalyptis, ce sont carrément deux gangs qui se sont affrontés provoquant un attroupement des habitants du quartier. Un règlement de compte pour des affaires liées à la drogue a été à l?origine de violences entre une bande de Batterie-Cassée et Karo-Kalyptis. Des pierres sont envoyées sur des voitures. Et c?est dans la bagarre que le jeune de 18 ans sera blessé.
Interrogé tard dans la soirée, le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, confirme cette version de guerre des gangs à Karo-Kalyptis. « La situation est retournée à la normale. La police patrouillera à Karo-Kalyptis et Cité la Cure pendant toute la nuit », a déclaré le chef de la police.
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