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Des fillettes exploitées sexuellement dans les camps de réfugiés

11 mai 2006, 00:00

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Les fillettes âgées de 8 ans pour les plus jeunes sont exploitées sexuellement dans les camps de réfugiés au Libéria, et leurs exploiteurs sont parfois des travailleurs humanitaires censés les aider, a accusé une association caritative britannique récemment.

Selon le document de Save the Children (sauvez les enfants), une organisation non gouvernementale qui ?uvre pour la protection de l'enfance, de nombreuses filles mineures ont des relations sexuelles dans les camps de réfugiés, contre de la nourriture ou de l'argent

Les hommes qui utilisent ces fillettes pour leurs besoins sexuels peuvent être des commerçants qui travaillent avec les camps, des membres des forces de l'ordre, des maîtres d'écoles ou même des travailleurs humanitaires membres d'ONG travaillant dans les camps de réfugiés.

De même ces hommes peuvent être des soldats membres des forces internationales de maintien de la paix déployées sur place, a accusé Save the Children.

Selon l'association, de nombreuses fillettes âgées de 12 ans ont ainsi des relations sexuelles régulières avec des hommes, dans les camps de réfugiés.

Selon les personnes interrogées, les fillettes peuvent aussi être amenées à céder à ces hommes en échange de vêtements, de téléphones portables, de montres, de parfum, ou pour avoir un laissez-passer ou bénéficier d'un voyage en voiture. ?Certaines filles ont eu des rapports pour une bière, ou pour pouvoir regarder une cassette vidéo?, lit-on dans le rapport.

?Les parents ont indiqué qu'ils se sentaient dans l'incapacité d'empêcher leurs enfants d'avoir des rapports en échange de biens et de services, parce qu'ils n'avaient pas les moyens économiques de prendre soin de leurs enfants?, affirme encore Save the Children.

Le rapport établit enfin que ?malgré quelques initiatives pour limiter l'exploitation sexuelle et les abus, peu de choses ont changé pour les enfants depuis 2002?.

?Cela ne peut plus continuer?, s'est insurgée Jasmine Whitbread, la présidente de l'ONG britannique.

?Les hommes qui se servent de leur pouvoir pour profiter d'enfants vulnérables doivent être dénoncés et renvoyés?, a-t-elle demandé. ?Il faut faire plus pour soutenir les enfants et leurs familles, et pour leur permettre de vivre sans tomber dans un tel désespoir?.

L'étude a été menée sur la base d'entretiens avec 315 personnes, 23 % de garçons, 26 % de filles, 27 % d'hommes et 24 % de femmes. La moitié de ces personnes sont toujours dans des camps de réfugiés, les autres ont été interrogées alors qu'elles avaient déjà pu rentrer chez elles.

Le Liberia, un pays d'Afrique de l'Ouest autrefois prospère grâce au commerce du bois tropical, a été ensanglanté pendant de longues années par une guerre civile, sous le régime de l'ancien président Charles Taylor.

Chassé du Liberia à l'été 2003 puis réfugié au Nigeria, qui l'a finalement extradé le 29 mars vers le Liberia, il risque une longue peine de prison mais pas la peine de mort.

Plus de 250 000 personnes, surtout des civils, ont perdu la vie dans le conflit. Environ 1,3 million de personnes ont été déplacées. La moitié de celles interrogées par Save the Children continuent de vivre dans des camps de réfugiés.

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