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Des femmes et des enfants

21 avril 2007, 00:00

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Par Nazim ESOOF

Il y a les technicalités de la loi. Les principes moraux. Sans oublier les idées reçues et l?impulsivité des émotions. Lorsqu?on ébauche une loi, on tient en compte tout cela et, de surcroît, on s?assure que la réflexion précède l?action. Il est clair que dans le cas du «Sexual Offences Bill», le secret entourant la man?uvre a fini par rendre les gens suspicieux.

Mais, en même temps, lorsque la liturgie conservatrice est si puissante, les décideurs sont tentés par la voie de la clandestinité pour faire passer certaines choses. Doit-on pour autant résumer le débat à cela ? A cette propension à légiférer en temps de mutations, qui est elle-même significative d?état politico-idéologique nébuleux.

Il a beaucoup été question des droits des femmes et des enfants ces derniers jours. C?est cependant le machisme des arguments qui sautent aux yeux même lorsqu?ils venaient des femmes ! C?est étonnant comme cette société demeure patriarcale. Au point que les femmes prennent position par réaction aux hommes. Comme si l?univers ne cessait de tourner autour d?eux. En théorie, les choses sont présentées autrement. Dans la pratique, c?est la même théorie du pareil au mêmequi triomphe. Pourtant?

C?est une mode d?être féministes aujourd?hui pour certains hommes. C?est du radicalisme féministe lorsque la guerre des sexes érige les hommes en modèles. C?est simplement inacceptable de prétendre parler d?une société juste lorsque la sphère privée est réservée aux femmes et la sphère publique aux hommes. Lorsque les enfants sont instrumentalisés quand ils ne sont pas érigés en rois.

Lorsque la relation homme-femme est réduite à sa seule dimension de rapport de force. Les choses peuvent-elles être autrement ? Non. Non parce que notre «intelligentsia» s?habille trop souvent avec des pensées prêt-à-porter. Non parce que l?espérance individuelle ne trouve aucun écho dans l?ambition collective. Non parce que la femme est demeurée une fioriture pour trop d?hommes. Non parce que, dans cette déferlante de législations, nous avons fini par croire que c?est la loi qui définit notre identité d?individu.

Enfin, il faut le faire ressortir. Particularité mauricienne.

Un débat public culmine souvent à une situation de cacophonie où, au lieu de comprendre, on finit par se méprendre.

Un débat public, surtout sur la femme et les adolescents, raconte l?histoire d?une société qui pratique l?infantilisation et l?instrumentalisation de celles et ceux qu?elle surnomme «groupes vulnérables». Un acte de spoliation où ces groupes n?ont d?existence que dans leur non-être.

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