Publicité

Des familles dans des maisons inhabitables

31 juillet 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des habitants de l?établissement sucrier Union- St-Aubin connu comme camp béton, se battent depuis des années pour sortir de ces bâtiments délabrés, de véritables paniers percés en temps pluvieux.

Ils vivent toujours dans ces maisons qui s?affaissent chaque jour, avec des barres de fer à nu. Des fers qui représentent aussi un danger pour les enfants, sans compter les fissures qui facilitent l?infiltration de l?eau à l?intérieur. Ils vivent dans ce hameau au milieu des cannes et des ruelles non asphaltées. Les habitants ont, comme centre de loisirs, un local ouvert 24 sur 24? vide, squatté par des chiens et des rats.

«Ces ouvriers ne méritent pas d?être traités comme s?ils vivaient à l?ère coloniale. Je ne comprends toujours pas pourquoi l?Etat n?intervient pas pour que ces gens aient une maison décente pour élever leurs enfants dans un environnement convenable», fait observer un travailleur social de la région. Selon lui, ces ouvriers méritaient un meilleur traitement, d?autant plus que certains parmi eux ont passé la moitié de leur vie à travailler dur sur cette sucrerie, pour son expansion, pour sa centrale thermique.

« C?est le contraire qui se passe. Ils ne savent pas si cet établissement sera fermé ou pas. Les employés sont dans le flou total. Pis encore, depuis que l?état-major de cette sucrerie leur a demandé de suivre des sessions de formation à l?école hôtelière à Ebène pour se recycler en cas de fermeture», explique un employé qui veut garder l?anonymat. «Ena trop beaucoup repression après », déclare-t-il.

Après une tournée dans ce hameau où les bus ne passent pas et où les taxis refusent d?emprunter les sentiers boueux et rocheux, notre guide nous rappelle que la direction de la sucrerie avait pris la décision, dans le passé, de construire de nouvelles maisons pour les employés. Certains employés avaient même fait le déplacement à Mapou pour voir un prototype de ces maisons. «Mais toujours rien jusqu?ici. On leur fait de fausses promesses. En attendant, l?état insalubre des lieux rend encore plus difficile la vie de ces familles», témoigne cet employé. Il nous emmène dans une impasse non loin d?une maison abandonnée pour soutenir ce qu?il avance. Premier constat choquant : une poubelle remplie, obstruée par des fataks, est prise d?assaut par des chiens errants.

« Longtemps tabisman ti pe nettoyé. Finn arrêté aster», déplore notre interlocuteur. Que faire pour soulager cette grande misère humaine ? Notre guide a sa petite idée : «Les élus de cette circonscription doivent se rendre sur place en compagnie des membres de l?état-major de cette propriété sucrière pour un constat et trouver au plus vite des solutions. Ben Félix, le directeur des Ressources humaines d?Union-St -Aubin, explique : «Comme Union St-Aubin n?a pas de terrain pour reloger les employés, ses trois partenaires : Bel-Air Suger Estate, St-Aubin Ltée et Union Sugar Estate ont mis trois sites à sa disposition. Celui de Union Sugar Estate se trouve à Souillac. On attend que le projet de Voluntary Retirement Scheme (VRS) de Souillac soit finalisé avant de faire le tirage au sort parmi les employés pour les reloger». En attendant, ces familles doivent prendre leur mal en patience dans ces habitationsperdues au milieu des champs de cannes. Jusqu?à quand ?

Publicité