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Des experts français à pied d?oeuvre
AU LENDEMAIN du crash du charter de Char el-Cheikh, qui a fait 148 morts dont 133 Français, les équipes françaises sont à pied d?oeuvre en Egypte pour participer aux recherches et à l?identification des corps.
Les autorités françaises se sont mobilisées face à une tragédie qui a décimé des familles entières, dont un grand nombre d?enfants, qui revenaient de vacances.
Malgré le contexte international de menaces terroristes, le gouvernement privilégie l?hypothèse accidentelle jusqu?au résultat de l?enquête. Les autorités égyptiennes ont catégoriquement exclu pour leur part la thèse de l?attentat.
Une enquête judiciaire pour ?homicides involontaires? a été ouverte en France. Le procureur général de Paris, Jean-Louis Nadal, s?est dit déterminé à ?tout faire pour clarifier les causes? du crash.
A la demande du président Jacques Chirac, Renaud Muselier, secrétaire d?Etat aux Affaires étrangères, s?est rendu à Charm-el-Cheikh avec des spécialistes de la police scientifique et de l?identification des corps.
Il a évoqué à son arrivée dans la nuit les restes de ?six personnes différentes? ramassés par les secouristes et déposés dans une chapelle ardente.
Parallèlement, Paris a décidé lors d?une réunion interministérielle de dépêcher sur la zone un avion de patrouille maritime, une frégate de la Marine nationale et un robot spécialisé dans les recherches sous-marines.
Messe à Paris
?Dès hier matin, un avion de patrouille maritime Breguet Atlantic était sur place pour faciliter les recherches?, a indiqué Matignon dans un communiqué.
Le ministère de la Défense a également acheminé en Egypte, par voie aérienne, le robot d?intervention Achille, spécialisé dans les recherches sous-marines.
La frégate Tourville, qui dispose de moyens perfectionnés, a fait route de son côté vers la zone où elle devait arriver aujourd?hui en fin de journée.
Matignon a également annoncé que des agents du Bureau d?études enquêtes accidents (BEA) de l?aviation civile et des équipes de plongeurs français basés à Djibouti étaient présents dès hier.
L?avion, affrété par la compagnie privée égyptienne Flash Airlines, a disparu des écrans radar quelques minutes après avoir décollé de l?aéroport de Charm el-Cheikh à 02h44 GMT et s?est abîmé au sud-est de la station touristique.
Avec les enquêteurs égyptiens, les spécialistes français chercheront à savoir pourquoi les tours de contrôle n?ont reçu aucun appel à l?aide.
Dès l?aube, des navires égyptiens, épaulés par les clubs de plongée locaux et des avions militaires, avaient entamé des recherches qui n?ont donné que peu de résultats.
Selon le gouverneur de la province du Sud Sinaï, Moustafa Afifi, les équipes de secours ont retrouvé les restes épars de 12 ou 13 corps. Un haut responsable égyptien a confirmé qu?aucun cadavre n?avait été récupéré intact.
A Paris, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a proposé aux familles des victimes d?affréter un avion pour les emmener sur les lieux de la catastrophe. Ce déplacement devrait s?effectuer ?au milieu de la semaine?, a précisé Matignon.
Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, devait célébrer hier la messe de l?Epiphanie à 18 h 30 à la cathédrale Notre-Dame de Paris à l?intention des victimes de la catastrophe. Les familles des victimes du Boeing égyptien avaient appris la terrible nouvelle à l?aéroport de Roissy, près de Paris, où elles étaient venues attendre leurs proches. Le vol a longtemps été affiché ?retardé? sur les panneaux d?information, puis la rumeur de la catastrophe a commencé à se répandre parmi la petite foule du terminal n°3.
Choquées et les visages parfois pleins de larmes, une trentaine de personnes ont été conduites vers un hôtel proche de l?aéroport, où elles ont reçu une aide psychologique et la visite du chef du gouvernement et de plusieurs ministres.
?Dans l?histoire de notre société qui a plus de cinquante ans, c?est le drame le plus terrible qui vient de se produire. Il y avait beaucoup de familles avec des enfants?, a dit Georges Colson.
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