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Des enfants vous attendent..

28 juillet 2004, 20:00

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?Mo tia kontan kontinie appran pou mo reussi dan la vi?, dit Marjorie,18 ans, stagiaire à l?Atelier Joie de vivre. Elle fait partie de ces gamines qui débordent de bonne volonté et qui ont le courage de tout recommencer pour apprendre l?abc de la vie.

Comme Marjorie, il y d?autres qui nourrissent les mêmes ambitions. Parmi, Alexandre, Christine, Stéphane et Flèche.

Malgré le dévouement et l?amour de Mirella Chaton, la directrice, de Sylvie Mayer et de Frances Townshed, les deux animatrices, qui travaillent sans relâche pour redonner confiance à ces laissés-pour-compte, le manque de moyens financiers et de ressources humaines est considéré comme les principaux obstacles qui empêchent le bon fonctionnement de cette institution.

Mirella Chaton n?y va pas de main morte pour le faire savoir. ?La situation n?est pas aussi alarmante mais je souhaite que nos animateurs ne soient pas seulement de passage et que nous trouvions les ressources financières pour récompenser le grand travail accompli par eux et assurer la mission de notre organisation.?

En attendant, les animatrices se fient à la générosité de quelques organisations non gouvernementales telles que la Fondation espoir et développement, La Vanille, Réserve des Mascareignes, des institutions bancaires, du Trust Fund For The Integration of Vulnerable Groups (TFIVG) et des membres de la Croix Rouge, pour subvenir aux besoins des enfants, que ce soit payer les frais de ceux qui viennent du village de Batimarais, de Camp-Diable ou de Surinam, pour leur offrir un repas, pour l?achat du matériel scolaire ou pour leur déplacement lors des activités extra-scolaires.

Familles brisées

?Nous avons choisi de consacrer un peu de temps à ces enfants qui viennent de familles brisées par la violence, qui vivent dans des logis minables ou dans la promiscuité la plus totale. Ils ont tout simplement besoin d?un peu de chaleur humaine. Pour y arriver, nous avons également besoin d?un soutien financier?, plaide Sylvie.

D?où son l?appel lancé au ministère de la Femme et du développement de l?enfant pour mettre à leur disposition des personnes spécialisées dans la broderie ou dans l?artisanat pour des cours de formation. ?Nous pourrons ainsi mettre nos produits sur le marché?, insiste Mirella.

Existe-t-il des critères définis pour se faire admettre dans cette institution scolaire ? Les animatrices se fient au travail de base accompli par les animateurs du centre d?écoute de Surinam et de celui de Chemin-Grenier, attachés à leurs paroisses respectives. Les gens viennent surtout pour leurs doléances. Selon les trois animatrices, ce sont les parents qui ne savent plus que faire de leurs enfants recalés au Certificate of Primary Education (CPE) qui frappent à leur porte .

?Dès que les enfants arrivent, nous leur disons qu?ils ont le potentiel de remonter la pente s?ils prennent leur destin en main. C?est à eux de prouver qu?il n?y a pas d?obstacles?, expliquent les responsables de Joie de Vivre

Outre les cours d?anglais, de français et de géographie, qui donneraient la possibilité aux élèves d?atteindre un niveau supérieur à la quatrième, les animatrices attachent beaucoup d?importance au développement de chaque individu. La cinquantaine de garçons et de filles apprennent aussi un métier : la plomberie à l?IVTB de Surinam et la menuiserie, la soudure et la cuisine à l?atelier. ?Nous leur donnons cette possibilité à travers des activités extra-scolaires pour qu?ils puissent apprendre à vivre ensemble, faire l?expérience d?une nouvelle vie qui est ouverte au monde extérieur tout en ayant confiance en eux-mêmes ?, explique Mirella. Depuis la mise en pratique de ces théories, les élèves montrent qu?ils peuvent donner de bon résultats.

La preuve, en mars dernier, à la suite d?une invitation du Rotary Club de Rivière-Noire, les stagiaires ont donné le meilleur d?eux-mêmes. Ils sont montés sur scène à Pointe-aux-Sables et ont présenté un sketch pour sensibiliser les jeunes au fléau du tabac dans le cadre d?une activité organisée par le National Productivity Council. Ils ont obtenu le premier prix.

?Nous avons tout mis en ?uvre pour montrer à nos responsables que leur effort et leur dévouement à notre cause ne sont pas vains?, renchérit Marjorie .

Pour Sylvie, à chaque fois que ces enfants brillent dans un domaine quelconque, ce sont autant de signes qui donnent l?espoir. ?Lorsque les enfants sont heureux, nous le sommes aussi. C?est si facile de leur apporter un brin d?espoir ou une étincelle de bonheur?, dit-elle.

Pour continuer leur ?uvre, les responsables de Joie de Vivre lancent un vibrant appel aux opérateurs économiques et à d?éventuels sponsors pour aider les enfants à se mettre debout. ?Joie de vivre? vous tend les bras. Ne faites pas attendre les enfants?, lance Sylvie .

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