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Des enfants retenus contre leur gré à la mosquée Rouge

6 juillet 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un petit nombre d?étudiants a quitté hier la mosquée Rouge d?Islamabad assiégée, en dépit des coups de semonce de l?armée, provoquant l?inquiétude des autorités qui craignent que des enfants ne soient utilisés comme boucliers humains.

Appréhendé avant-hier alors qu?il tentait de fuir, le chef religieux du Lal Masjid ou mosquée Rouge a déclaré hier qu?il restait environ 850 étudiants à l?intérieur, dont 600 femmes ou jeunes filles. Selon lui, seulement 14 étudiants sont armés de Kalachnikovs.

Abdul Aziz avait tenté de prendre la fuite caché sous une burqa de femme. Interviewé hier sur la télévision nationale, il a rapporté que certaines enseignantes avaient persuadé des femmes et des jeunes filles de rester à l?intérieur de la mosquée. ?Elles ne servent pas de boucliers humains. Nous leur avons seulement communiqué la passion du djihad (guerre sainte)?, a-t-il déclaré.

Mais le colonel Masha Allah, qui participe au siège du bâtiment, a donné une toute autre version. Selon lui, certaines personnes sont retenues contre leur gré dans le complexe religieux qui abrite une mosquée et une madrassa (école coranique). ?Il y a assurément des enfants?, a-t-il dit. ?Certains de ceux qui sont sortis de la madrassa nous ont dit qu?ils avaient été enfermés dans une pièce?, a-t-il ajouté.

Avant l?aube, les forces de sécurité pakistanaises, qui font le siège du complexe religieux depuis mardi, ont procédé à plusieurs explosions ?en guise de coups de semonce?, accentuant la pression sur les étudiants toujours retranchés à l?intérieur.

Les huit explosions, à un intervalle de quelques minutes, ont été suivies par des tirs et le tout a pris fin au bout d?une vingtaine de minutes. Elles ont été suivies d?un appel lancé par haut-parleurs par les forces de sécurité, invitant les étudiants à se rendre, a rapporté un témoin.

Une partie d?un mur de l?immense complexe de la mosquée s?est effondré sous l?effet d?une des explosions et les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes, a précisé le responsable de la sécurité.

En milieu de matinée, une soixantaine d?étudiants avaient quitté la mosquée, contre 1 200 la veille. Selon des médecins, les tirs ont fait des victimes pendant la nuit et le bilan officiel de 16 morts depuis le début, mardi, des affrontements entre des étudiants radicaux et les forces de l?ordre risque de s?alourdir.

Un responsable des services de renseignement a indiqué qu?un étudiant avait été abattu. ?La mort d?un étudiant pendant la fusillade qui a eu lieu tôt ce matin est confirmée. Aucun blessé n?a été signalé?, a-t-il dit.

La mosquée Rouge, connue depuis longtemps pour abriter des radicaux islamistes, symbolise la ?talibanisation? de la société pakistanaise. Elle est située à moins de 2 km du Parlement et de l?enclave des missions diplomatiques. L?opposition libérale presse depuis longtemps le gouvernement de réduire ce foyer d?intégrisme radical.

Seize personnes ont été tuées dans des violences qui ont éclaté mardi autour de cette mosquée, après un face à face de plusieurs mois entre les autorités et le mouvement islamiste radical inspiré des taliban qui en a fait son bastion.

Des centaines de policiers et de soldats, soutenus par des véhicules blindés et ayant reçu l?ordre de tirer à vue sur tout homme armé qui résisterait, ont bouclé le bâtiment et imposé un couvre-feu d?une durée indéterminée dans le quartier.

Mais, plusieurs centaines d?étudiants en religion continuent de défier l?ordre du gouvernement de se rendre et sont toujours retranchés à l?intérieur.

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