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Des douaniers auraient sous-facturé des produits importés pour eux
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Des douaniers auraient sous-facturé des produits importés pour eux
La douane s?est t-elle retrouvée avec un manque à gagner de plus d?un milliard de roupies ? C?est ce qui se dit dans ce milieu à la suite d?une enquête. La Mauritius Revenue Authority (MRA) enquête en effet sur une quinzaine de douaniers soupçonnés de corruption.
Les enquêteurs ont commencé à assembler le puzzle de cette affaire, qui pourrait prendre des dimensions encore plus vastes. Certains douaniers soupçonnés de corruption ont sous-facturé des marchandises importées, particulièrement des pays du Sud-Est asiatique dont la Chine. Ces marchandises sont notamment des produits de luxe tels parfums, chaussures, sacs pour dame, objets décoratifs?
La majorité de ces produits sont frappés d?une taxe douanière de 80 %. L?astuce est de faire venir du pays d?origine des factures en blanc relatives à la commande. C?est ici que la valeur de la marchandise est inscrite sur la facture et, bien souvent, elle est jusqu?à trois fois moins cher que le prix de vente dans le pays d?origine. C?est une pratique illégale dans l?import et de l?export.
Ce sont des commerçants, a appris l?express auprès de la MRA, qui ont dénoncé cette pratique frauduleuse dans des lettres envoyées à Bert Cunningham, le receveur des douanes.
<B>Liens étroits</B>
Ils ont constaté qu?ils payaient en bonne et due forme leurs factures à la douane pour dédouaner leurs marchandises et ont réalisé que le même produit dédouané était vendu nettement moins cher dans la rue et plusieurs magasins. Lors de leur enquête, ils ont constaté que certains de ces magasins avaient des liens étroits avec des douaniers, ainsi que certains marchands ambulants.
Ces marchandises sous-facturées n?étaient pas importées directement par les douaniers mais par des tierces personnes, des prête-noms.
L?enquête de la MRA va donc s?orienter vers les comptes bancaires de ces douaniers.
D?autant que la MRA a utilisé les gros moyens pour tirer au clair cette affaire. Des ex-enquêteurs de l?Independent Commission against Corrupution (ICAC) figurent parmi ses enquêteurs.
En réaction, la douane veut, dès le mois prochain, exiger de chaque importateur un «export bill of entry» en provenance du pays d?origine avec tous les détails précis. Mais le projet fait face a une solide résistance de la part des associations de compagnies transitaires, et des commerçants eux-mêmes. Ils estiment que dans la pratique ce ne sera pas possible car certains pays ne travaillent pas avec ce type de dossier ou dans d?autres cas, les informations ne sont pas inscrites en lettres romaines mais parfois en urdu, difficile a transcrire. La douane travaille sur une nouvelle formule pour contrer cette fraude.
Le directeur de la MRA, Sudamo Lall, n?a pas voulu commenter en détail cette enquête. Il s?est contenté de dire que d?ici la mi-mars, il décidera de la marche à suivre. C?est à ce moment qu?il recevra le rapport complet sur les allégations pesant sur ces douaniers.
Pour l?heure ces derniers sont toujours en poste. Ils étaient basés à l?aéroport et au port. Ils ont été mutés ailleurs.
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