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Des coraux artificiels pour restaurer le lagon

28 décembre 2003, 20:00

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Rééquilibrer l?écosystème marin tout en réduisant les ravages provoqués par l?érosion. C?est dans ce but que la Beach Authority a procédé, samedi, à l?installation de coraux artificiels entre les récifs et la zone de baignade à Flic-en-Flac. Les premiers résultats de ce projet pilote devraient être enregistrés d?ici trois mois. Il a été mis sur pied par la Beach Authority, en collaboration avec le ministère de l?Environnement, ceux des Administrations régionales et de la Pêche.

?Les coraux, qui atténuaient autrefois la force des vagues, ont tous été enlevés, il y a des dizaines d?années, pour fabriquer de la chaux.? C?est pour cela, explique Gaj Pyndiah, président de la Beach Authority, que le lagon, situé en face de la plage publique n?est plus protégé par des récifs. Ainsi disparaissent la faune et la flore, alors que l?érosion des plages est accentuée.

Les nombreux Mauriciens et touristes qui se rendent sur le littoral sont souvent déçus de n?apercevoir aucune forme de vie sous-marine. ?Il est vrai que les lagons tels que Flic-en-Flac ont été nettoyés afin d?offrir aux nageurs un endroit propre où nager, mais il est dommage qu?il n?y ait aucun poisson ou récifs qui permettraient aux gens de découvrir la diversité de l?écosystème marin mauricien?, déplore un expert qui participe au projet.

Afin que la situation ne devienne pas irréversible, les scientifiques ont décidé d?agir. Ils ont mis au point un système de corail artificiel réalisé avec des blocs de béton. ?Nous avons choisi cette matière car elle permettra aux polypes de s?agripper et de nouveaux coraux pourront ainsi se développer.? Les cavités présentes dans les blocs de béton devraient, en outre, offrir des abris aux poissons et aux pieuvres. ?Nous faisons d?une pierre deux coups.?

Ce projet, expliquent les scientifiques, a été lancé ce mois-ci car les coraux se reproduisent entre novembre et février. Une centaine de coraux artificiels ont donc été réalisés pour le projet. Ces derniers, appelés modules, sont composés de neuf blocs de béton superposés en forme de pyramide. ?Ces blocs changeront de couleur d?ici trois mois. Des taches blanches qui s?incrusteront sur la surface nous indiqueront si les polypes, qui se présentent généralement sous la forme de champignons, ont bien colonisé le corail artificiel ?, explique Gaj Pyndiah.

Selon le président de la Beach Authority, ce projet, déjà implanté dans plusieurs pays tropicaux, a été un succès total. Les scientifiques chargés de suivre l?évolution des coraux présenteront un premier rapport en février. ?Si les résultats s?avèrent concluants, le projet sera étendu aux plages publiques les plus touchées?, assure Gaj Pyndiah. Si tel est le cas, les lagons fourmilleront, d?ici trois ans, de poissons et de crustacés de toutes sortes.

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