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Des contrôles sanitaires qui n?en sont pas !
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Des contrôles sanitaires qui n?en sont pas !
Maurice n?est pas à l?abri de la malaria. La mort d'une fillette de 5 ans, Pallavi Purmah, nous le rappelle. Elle est décédée après avoir contracté le Plasmodium falciparum, la forme la plus mortelle de la malaria, appelée aussi paludisme. Le ministère de la Santé attribue la source de l?infection à un bébé comorien de douze mois.
Si la maladie a été « importée », on peut se demander si les contrôles sanitaires sont efficaces. Difficile quand on manque de personnel. Douze officiers sont affectés aux comptoirs sanitaires du port et de l'aéroport. Ils doivent noter les noms des voyageurs venant des pays à risques et donner ces renseignements aux 161 Health Surveillance Officers (HSO) appelés à contrôler l?état de santé de ces voyageurs. Et pour tout le territoire, il n'y a que 57 Insecticide Sprayermen depuis 1999.
Abandon du numérotage des maisons
Des moyens dérisoires quand on considère le nombre de Mauriciens qui voyagent dans des pays où sévit la malaria. En 2003, 3 499 Mauriciens se sont envolés pour Madagascar, une hausse de 69,5 % par rapport à 2002. « Nous manquons vraiment de personnel. Maurice est très exposée à cause du nombre accru de gens qui voyagent d'année en année », affirme un responsable de l?inspectorat sanitaire. Le Dr Chinien Ragavoodoo, consultant au ministère de la Santé et spécialiste des maladies transmissibles, ne partage pas cet avis. « Non, je ne pense pas qu?il faille augmenter le nombre de HSO. Nous en avons suffisamment actuellement », dit-il.
L?inspecteur sanitaire pense que le ministère devrait recréer les postes de laboureurs. Autrefois, ils étaient vingt à surveiller en permanence les lieux où les moustiques prolifèrent. Il déplore aussi l?abandon du numérotage systématique des maisons dans chaque région. « Cela nous permettait de faire un travail précis lorsqu'une menace d'épidémie se profilait. »
Le manque de contrôle du travail effectué par les Field Workers, les HSO et les Insecticide Sprayermen posent également un gros problème. Un avis que partage Philippe Mootoosamy, un ancien Chief Health Inspector. « Le système peut ne pas être hermétique à cause d?une poignée de fonctionnaires qui ne font pas correctement leur boulot. » Durant sa carrière, notre interlocuteur dit en avoir vu de toutes les couleurs. Par exemple, il confie que certains HSO faussaient les données. « Dans les, années 60, il y a eu le cas de deux autres inspecteurs qui, au lieu de prendre les échantillons de sang sur les malades, prélevaient leur propre sang et affirmaient que c?était celui des malades. » Le secrétaire colonial avait à l?époque pris des sanctions sévères à leur encontre, se souvient-il.
Les failles peuvent également survenir au comptoir sanitaire. En juin 2003, trois journalistes, qui revenaient de Madagascar, ont quitté l?aéroport sans avoir remis la fiche indiquant de quel pays ils revenaient et où ils logeaient. Motif : le comptoir occupé par un fonctionnaire du ministère de la Santé était vide. « À chaque fois que je rentre de voyage, je me fais un devoir d?effectuer un test sanguin dans un centre de santé, car la plupart du temps je ne suis pas à la maison », explique un cadre d?une compagnie d?assurances.
Les touristes en provenance des foyers de paludisme comme Madagascar, la Tanzanie ou les Comores sont systématiquement contrôlés. Mais la tâche du HSO se complique lorsque le touriste ne loge pas à l?adresse indiquée.
Depuis le décès de Pallavi, le ministère de la Santé ne veut prendre aucun risque. C?est le branle-bas de combat pour réduire au maximum les risques d?infection. « Tous les passagers, quel que soit le pays où ils ont pris l?avion, sont contrôlés. La désinsectisation des avions est systématique », déclare le Dr Ragavoodoo.
À Tranquebar, des désinfections sont entreprises et 1 516 personnes ont subi des tests sanguins. Les endroits susceptibles de favoriser le pullulement des moustiques sont détectés à titre préventif.
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