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Des ampoules à basse consommation bientôt à Rs 15 ?
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Des ampoules à basse consommation bientôt à Rs 15 ?
Un million d?ampoules économiques vendues à moitié prix pour réduire le poids de la consommation électrique dans notre portefeuille de même que notre dépendance aux produits fossiles (mazout, charbon). C?est le plan «concret» que lancera le Chairman du Central Electricity Board (CEB), Patrick Assirvaden, d?ici juin dans ses 60 comptoirs.
Ces ampoules économiques sont destinées à remplacer les lampes standard, plus voraces en énergie et moins durables. «Selon une étude menée pour le CEB, dans chacun des 300,000 foyers mauriciens, on compte une moyenne de15 lampes. L?économie d?énergie sera conséquente. Surtout aux heures de pointe, entre 18 h 30 et 20 heures où nous pensons réduire la dépense énergétique de 10 à 15 %.»
Les lampes économiques peuvent durer jusqu?à 10 000 heures, soit une vie moyenne de sept ans. Pour encourager la population à opter pour ces ampoules qui coûtent plus cher, les autorités comptent les subventionner à 50 % du prix coûtant. «Ce prix dépendra de l?accord passé avec le fournisseur. Nous comptons sur le volume de la commande pour arriver entre Rs 12 et Rs 15.»
L?appel d?offres lancé pour l?achat ces ampoules arrive à expiration cette semaine. «La fourniture se fera en trois tranches, à raison de 300 000 unités à chaque étape. Nous comptons vendre ces ampoules économiques d?ici juin.»
Cette action du CEB se situe dans le cadre d?un vaste plan directeur pour soulager notre dépendance aux énergies fossiles ainsi que nos émissions de CO2. «Nous voudrions arriver à réaliser ce que La Réunion a réussi en diminuant sa dépendance de 15 %».
Le CEB a ainsi déjà procédé, depuis l?an dernier, à des distributions d?ampoules économiques dans cinq collèges. Elle a aussi décidé de lancer les appels d?offres pour la construction d?un parc éolien au coût d?environ Rs 300 millions à Bigara.
Ce parc serait d?une puissance certes limitée à environ trois Megawatts. «Mais tout ce qui pourra aller dans le sens d?un allégement de la dépendance aux énergies non renouvelables se doit d?être encouragé. Nous sommes déjà en présence d?études de faisabilité qui attestent d?un vent régulier et du potentiel du site. Nous comptons faire appel au privé pour l?établissement d?un wind atlas.»
Aide internationale</B>
La construction d?une station hydroélectrique à La Nicolière et la mise en opération d?une turbine à Grenade, Rodrigues, obéissent aussi à la même volonté. Si le CEB veut encourager l?achat des ampoules économiques en les subventionnant, elle compte consolider sa politique de réduction des dépenses énergétiques en mettant en place un mécanisme de vente de crédits carbone.
«Nous avons approché une société internationale, Pioneer Carbon, pour la mise en place de ce mécanisme», indique Patrick Assirvaden. Brian Parry, le représentant local de cette société qui chapeaute des projets analogues en Afrique et en Amérique du Sud, explique la notion de carbon credit : «L?île Maurice, en ligne avec son statut d?Etat insulaire, a été l?un des premiers pays à signer et ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz carboniques. Comme il s?agit d?un pays émergent, Kyoto n?a pas imposé un objectif de réduction de gaz carbonique.» Alors que des pays comme la France ou le Royaume-Uni, aussi signataires, ont en plus une obligation légale à satisfaire un objectif. «C?est donc dans leur intérêt d?encourager la réduction des émissions en soutenant les projets dans des pays comme le nôtre.»
Le CEB, en répondant aux spécifications de tels projets et à l?aide d?un mécanisme lui permettant de faire certifier les réductions d?émissions carboniques, aura des crédits carbones qu?il pourra vendre aux pays intéressés, au prix du marché.
Le travail de Pioneer Carbon consistera à mettre en place ce mécanisme, à transmettre le savoir-faire et la capacity building pour que le CEB puisse développer ce genre de projets, et à le soutenir dans sa volonté d?être moins dépendante des énergies fossiles.
«Il faut encourager Maurice à avoir sa part de Foreign Direct Investment pour ces projets. Mais c?est compliqué et cela nécessite une expertise sur un marché largement dominé dans le monde par la Chine, l?Inde, le Mexique et la Corée du Sud, qui disposent du savoir-faire», souligne Brian Parry. En bref, ce choix s?inscrit dans une politique de développement durable et d?allègement de la pauvreté.
MARCHÉ DE NEGOCIATION
<B>La bourse du carbone </B>
■ «La bourse du carbone est un marché de négociation et d?échange de crédit d?émission de gaz à effet de serre. Les quotas d?émissions sont accordés par les gouvernements dans le cadre d?un mécanisme réglementaire (allowances). C?est l?un des mécanismes de marché favorisé par les pays ayant signé le protocole de Kyoto permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Des millions de tonnes d?équivalent CO2 sont ainsi échangées sur le marché.» Selon Brian Parry, le cours est relatif : «Une entreprise, qui est installée depuis quatre ans et qui a pu obtenir une certification, pourrait vendre la tonne de crédit carbone à 15 euros actuellement. Cela dépend de sa politique, de sa prise de risque, ses réalisations et de son ancienneté. Le cours a tendance à monter avec le temps, mais il est lié au marché.»
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