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Des agents de la MCIT visés par une plainte pour menaces
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Des agents de la MCIT visés par une plainte pour menaces
Raja Needish Mohun, alias Muhammad Junaid, étudiant au International Islamic University au Pakistan, s?est rendu hier à la Commission des droits de l?homme (Human Rights Commission). En compagnie de son homme de loi, Me Assad Peeroo, il y a déposé un enregistrement sur CD, contenant des menaces qu?auraient proférées des agents de la Major crimes investigation team (MCIT) à son beau-père.
Les incidents dont il s?agit auraient eu lieu dans la soirée du vendredi 28 août, au cours d?une descente de ces policiers au domicile de la personne inquiétée. Les menaces auraient été enregistrées sur un téléphone portable.
Cette situation trouverait son origine au temps où Muhammad Junaid a été appelé comme témoin à la suite de l?arrestation de trois hommes à Pétrin. Au cours de son interrogatoire, raconte Junaid, le policier Jaumeer, responsable de l?enquête, aurait reçu plusieurs appels téléphoniques du surintendant de police (SP) Raddhoa. Ce dernier aurait laissé entendre à l?officier qu?il voulait convoquer Muhammad Junaid à la Central Investigation Division (CID) de Curepipe. ?A la suite du refus de mon avocat, le SP Raddhoa a laissé entendre qu?il n?avait d?autre choix que de me faire arrêter?, dit Junaid.
Finalement, l?officier Jaumeer lui aurait donné l?assurance qu?il n?était pas impliqué dans l?affaire pour laquelle il enquêtait et qu?il était libre de rentrer chez lui. Mais, nous confie Muhammad Junaid, depuis ce jour, sa vie est devenue un véritable enfer.
Il jure un affidavit
Jeudi 27 juillet : Muhammad Junaid aurait reçu plusieurs appels téléphoniques d?officiers de la CID de Curepipe et de ceux de la MCIT. Ces policiers auraient tenté de l?obliger à se présenter à la CID de Curepipe, sans son avocat, pour y être interrogé. Muhammad Junaid aurait refusé. Ses proches et certains de ses amis, informés de cette situation, lui auraient aussi vivement déconseillé de s?y rendre.
Son motif était qu?il avait juré un affidavit, stipulant clairement qu?il ne voulait pas être interrogé par le SP Raddhoa. Il estimait en effet que ces derniers ont été, à maintes reprises, accusés de tortures et de brutalités. Il y soulignait aussi que la police devait consulter son homme de loi, Me. Peeroo, si elle souhaitait le rencontrer.
Mais Muhammad Junaid affirme qu?un officier de police l?aurait averti que s?il ne venait pas, d?autres mesures seraient prises envers son épouse et d?autres membres de sa famille. Dès le lendemain, vers 21 heures 30, raconte Muhammad Junaid, son beau-père Yacoob Mamoojee l?informe par téléphone que cinq fourgons de police étaient devant son domicile à Mahébourg et que des policiers frappaient à sa porte en hurlant. A travers le téléphone, il aurait entendu le ton agressif des policiers envers son beau-père et envers l?oncle de son épouse.
Plus tard, il apprenait, dit-il, que ces deux derniers avaient été arrêtés et conduits à la CID de Curepipe. «Avant de partir, les policiers ont averti mon épouse que si je ne me rendais pas à la CID, ils n?allaient pas relâcher mes proches. Je considère cela comme du chantage», déclare Muhammad Junaid. Après son refus, son beau-père ainsi que l?oncle de sa femme ont été relâchés.
Hussein Boolaky, un des suspects arrêté à Pétrin, s?est rendu, lui aussi, en compagnie de son avocat, Me Murday, à la Commission des droits de l?homme. Tous deux comptent, dès lundi, loger une plainte au civil contre quatre policiers de la MCIT et ceux de la CID de Curepipe. Ils projettent de réclamer chacun des dommages de Rs 5 millions à chacun des officiers de police concernés.
Affaire Ramlogun : le sort de cinq agents de la MCIT connu le 14
Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a réclamé un renvoi de quinze jours pour faire savoir sa décision finale sur le sort de cinq des sept agents de la Major Crimes Investigation Team (MCIT). L?affaire sera appelée à nouveau le 14 septembre 2006.
Ces cinq agents de la MCIT ont comparu hier matin devant la magistrate Sarita Bissoonauth, siégeant au tribunal de troisième division. Il s?agit du sergent Dhisiraj Jugdawo, le caporal Rashid Maudarbux, les constables Kinsley Potié, Evans Levasseur et Homadeven Manaroo.
Les constables Sudesh Lutchmun et Paramasiven Arnasala se presenteront devant le tribunal de Port-Louis ultérieurement. Lors de l?audience, Me Yvan Jean-Louis, «State Counsel», a informé la Cour que le DPP prendra une décision finale dans quinze jours. D?éventuelles charges formelles contre les suspects seraient déposées le 14 septembre 2006 , dit-il.
Les avocats des suspects n?ont pas objecté à la demande du DPP. Les cinq agents de la MCIT sont accusés provisoirement du meurtre de Rajesh Ramlogun.
Rajesh Ramlogun, 45 ans, avait été arrêté le 12 janvier 2006 par la MCIT. Il était soupçonné de complot dans l?assassinat d?Indira Jhurry et de sa belle-s?ur, Geeta Jhurry. Le crime s?est déroulé le 5 janvier à leur domicile à Bharuth Lane, Lallmatie. Son neveu, Avinash Ramgotee, 23 ans, avait été également arrêté dans le cadre de l?enquête. Il est provisoirement accusé de meurtre. Il a été ensuite libéré sous caution. Lors de sa détention à Alcatraz, Rajesh Ramlogun portait des blessures à la joue gauche. Il devait mourir le 14 janvier à l?hôpital Jeetoo.
La mort de Rajesh Ramlogun a soulevé un tollé dans le pays et plusieurs associations se sont élevées contre les méthodes qu?auraient utilisées Prem Radhooa, patron de la MCIT, et ses hommes. Une enquête judiciaire a été instituée sur la mort de Ramlogun. Le magistrat Raj Seebaluck a conclu à un «foul play». Les suspects sont représentés par Me Navin Ramchurn, Me Raouf Gulbul, Me Ashley Hurhangee et Me Devina Deonaran.
Suresh MOORLAH
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