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Des adolescents comme passeurs

23 mars 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Munsoo KurrimbAccus, Team leader et coordinateur de la Grand-Port Regional youth task force est catégorique : Le seul moyen de combattre le commerce de la drogue dans la région de Mahébourg et plus dans la cité Tôle, la cité Beau-Vallon, c?est de créer une base permanente pour que la police surveille de près les mouvements de tous individus soupçonnés d?être impliqués dans le commerce de la drogue ?A mon avis, s?il faut des interventions musclées pour éradiquer ce fléau, la police doit être sans pitié?.

Outre ces deux endroits, Munsoo pense que la police doit également cibler certains gros trafiquants dans la région de Plaine-Magnien qui opèrent au su et au vu de tout le monde. Ces régions peuvent être désignées comme les plus touchées par ces fléaux après certains faubourgs de Port-Louis. La situation empire de jour en jour et ce sont les jeunes recalés de la sixième dont la moyenne d?âge est de 13 ans qui sont devenus les cibles les plus vulnérables des trafiquants pour écouler la drogue sur le marché.

Georges Ah-Yan, président de la Mahebourg Citizen Welfare Organisation (MCWO), ne prend pas de gants pour taper sur les trafiquants. Il abonde dans le même sens que Munsoo. ?Il faut une répression musclée et un combat sans relâche pour traquer les trafiquants qui opèrent en toute impunité?.

Impunité ? Le mot est fort. Oui répond George Ah Yan. Il est inconcevable que l?équipe de l?Anti-Drug and Smuggling Unit basée à Mahébourg n?ait qu?un seul véhicule à sa disposition pour faire le travail comme il faut. Avec les moyens sophistiqués des barons pour étendre leur réseau, il est clair qu?ils contrôlent mieux la situation.

Malgré la prolifération des substances nocives, Munsoo ne baisse pas le bras : il prend comme exemple le travail abattu par les éducateurs de rue auprès des enfants défavorisés dont la plupart sont des recalés de la sixième dans la cité de Beau-Vallon et ce sont eux qui sont souvent une facile pour les gros trafiquants. Dans le passé, les Forces vives ont, dénoncé les trafiquants qui utilisent les enfants pour écouler la drogue de même que ?de louches étrangers qui font le va-et-vient de jour comme de nuit dans ce quartier.?

Surendra Lutchman, habitant de Ville-Noire, fait partie de Mauritian Organisation of Drugs and Aids MODA). Il ne passe pas non plus par quatre chemins pour dénoncer les marchands de la mort :?Zotte touzur trouv moyen pou attir plis konsomater et se akoz sa qui zot servi ban zenes qui rod larzan facil?.

Selon le Team leader du GPRYTF, l?Etat doit revoir complètement sa politique en ce qui concerne l?allocation des terres aux squatters à la veille des élections générales sans aucune planification. ?Ils sont livrés à eux-mêmes et finissent par poser de gros problèmes sociaux dans leur environnement immédiat?, insiste Kurrimbaccus.

Malgré tout, il est optimiste : les efforts des Organisations non gouvernementales telles que les animateurs des rues qui oeuvrent auprès des jeunes pour une campagne de prévention, pour les valoriser aussi en leur donnant la possibilité de réintégrer la société de manière positive sont à saluer.

Les éducateurs des rues sillonnent la région pour repérer les poches de pauvreté avant de faire un suivi régulier de leur situation.

L?Etat peut et doit trouver des personnes de bonne volonté, quelles que soient leurs convictions politiques, pour travailler auprès des jeunes dans la région de Mahébourg, de Plaine-Magnien, de Cité-Tôle, de Cité-La Chaux. Kurrimbaccus trouve que Samioullah Lauthan, ex-ministre de la Sécurité sociale et Imran Danoo, du centre Idriss Goomany sont les personnes capables de mener à bien cette opération.

George Ah Yan propose la mise en place d?un centre de réhabilitation à Mahébourg.

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