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Des accords bilatéraux pour s’ouvrir à de nouveaux marchés
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Des accords bilatéraux pour s’ouvrir à de nouveaux marchés
Maurice adopte graduellement une nouvelle approche en matière de politique commerciale internationale. Si la priorité reste la défense des intérêts des industries d’exportation du pays, le gouvernement prône parallèlement une stratégie agressive pour trouver de nouveaux marchés, de nouveaux produits et de nouveaux investisseurs.
Sunil Boodhoo, directeur adjoint de la Trade Policy Unit, a expliqué que cette recherche de diversification tous azimuts est motivée en grande partie par l’érosion inexorable de nos préférences sur les marchés traditionnels que sont l’Union européenne et les Etats-Unis. Il intervenait lundi dans le cadre d’un séminaire organisé par la Mauritius Export Processing Zones Association.
Ainsi, la nécessaire diversification des marchés que les spécialistes et consultants ont prêché sans succès pendant des décennies, a enfin fini par être assimilée, sous contraintes.
La clé de cette stratégie consiste à négocier des accords bilatéraux économiques et commerciaux avec des pays ciblés. L’Inde, la Chine, le Pakistan, le Brésil et d’autres pays d’Asie sont dans le collimateur.
Dans le cas de l’Inde, les choses sont déjà bien avancées puisque le volet commercial d’un Comprehensive Economic Partenership Agreement (CEPA) sera bientôt signé. Les négociateurs mauriciens et indiens se rencontreront à New Delhi les 2 et 3 octobre pour finaliser les détails d’un accord d’échange préférentiel dans le cadre du CEPA.
Le prochain round des négociations vise, entre autres, à déterminer quels sont les produits qui seront détaxés immédiatement et quelles autres catégories seront libéralisées ultérieurement, soit dans un délai de quatre années. Pour Maurice, le textile est l’élément clé.
Si les techniciens arrivent à tout finaliser, l’accord sera signé lors de la prochaine visite du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en Inde, qui est programmée pour la mi-octobre. Après la signature, il restera à mettre en place les procédures légales et administratives pour le rendre opérationnel. Dans le meilleur des scénarios, l’accord commercial pourrait être effectif à partir de janvier 2006.
Pour Sunil Boodhoo, cet accord revêt une grande importance stratégique. Il permettra d’abord aux exportateurs mauriciens d’accéder au marché indien. S’il est vrai que parmi les 1,2 milliard d’Indiens une grande majorité vit dans la pauvreté, il existe une classe moyenne émergente qui représente quelque 100 millions d’individus qui disposent d’un pouvoir d’achat intéressant, explique Sunil Boodhoo.
“En plus, ils préfèrent acheter tout ce qui est importé”, ajoute-t-il. Dans le cadre d’un accord d’échanges préférentiels entre Maurice et l’Inde, les produits mauriciens bénéficieront d’un accès en hors taxes sur le marché indien qui est protégé par des tarifs douaniers élevés.
<B>Maurice lorgne les pays de l’Asie</B>
Dans la logique de notre structure industrielle, il va de soi que le textile devrait figurer en tête de liste parmi les produits que Maurice pourrait exporter en hors taxes sur le marché indien. C’est pratiquement le seul produit ayant un intérêt à l’exportation.
“De nombreux pays veulent exploiter le marché indien mais les droits de douane élevés s’avèrent un obstacle. Quand Maurice aura lui un accès en hors taxes, cela pourrait attirer chez nous des investisseurs qui veulent cibler le marché indien”, poursuit Sunil Boodhoo.
Pour l’analyste de la Trade Policy Unit, il est important de ne pas adopter la perception qu’il n’y a rien que Maurice puisse offrir que l’Inde ne produit déjà. Il y a certainement des créneaux à explorer. Et les entreprises mauriciennes pourraient s’associer avec des entreprises étrangères pour se lancer dans de nouveaux produits.
Ce qui est valable pour l’Inde l’est également pour la Chine. Maurice a d’ailleurs déjà formulé une demande officielle au gouvernement de Beijing pour l’ouverture des négociations en vue d’arriver à un CEPA similaire.
Maurice lorgne également du côté de l’Association of South East Asian Nations (ASEAN) avec laquelle le pays souhaite conclure un accord commercial. On en est au stade des études pour le moment. Si un accord avec le bloc des 10 pays de l’ASEAN n’est pas possible, des accords avec certains pays du groupe sur un plan strictement individuel sont également envisageables.
L’Amérique latine, autre bloc économique représentant un marché potentiel, est également sur le radar du gouvernement. Avoir des accords bilatéraux est une chose, encore faudra-t-il avoir la volonté, la motivation et la capacité pour les explorer.
La zone de libre-échange du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa) est encore un terrain inconnu pour les industriels locaux qui se plaignent des difficultés de ce marché.
Le Kenya lui exporte pour Rs 28 milliards sur le marché du Comesa qui est son principal marché. Les exportations de Maurice vers le Comesa s’élèvent à Rs 3,6 milliards.
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