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Dernier round difficile pour Tony Blair

4 mai 2007, 00:00

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Après une décennie passée au pouvoir, Tony Blair a affronté une dernière fois le verdict des urnes, hier, dans des élections locales qui pourraient notamment ouvrir la voie à un référendum d’autodétermination en Ecosse.

Le Parti travailliste, qu’il avait porté au pouvoir en 1997 après un raz-de-marée historique, s’apprête cette fois-ci à subir un revers cuisant à l’occasion d’élections qui doivent renouveler les exécutifs locaux dans une grande partie de la Grande-Bretagne ainsi que le Parlement écossais et l’Assemblée galloise.

Cette défaite annoncée donnerait un goût amer au départ de celui qui a battu tous les records de longévité en tant que Premier ministre travailliste. Dans le camp conservateur, on attend beaucoup de ces élections qui doivent servir de test à David Cameron, qui veut transformer son parti en un mouvement de centre-droit capable de reprendre le pouvoir lors de la prochaine échéance législative prévue pour 2009.

“Le Parti travailliste va passer une mauvaise soirée”, prévoit Wyn Grant, professeur de sciences politiques à l’université de Warwick, qui estime à plusieurs centaines le nombre de sièges que perdra le Labour dans les conseils locaux. Mais l’intérêt de ces élection réside surtout dans l’orientation que prendront les électeurs écossais.

Traditionnellement travailliste, l’Ecosse pourrait donner les clés de son Parlement au Scottish National Party (SNP), une formation politique qui ambitionne de restaurer la souveraineté perdue il y a 300 ans lors de la signature de l’Acte d’Union avec l’Angleterre.

Chassant sur les terres du Labour, le SNP a réussi à séduire un électorat populaire qui reproche aux travaillistes la guerre en Irak, le délabrement des services publics, sans compter un scandale lié au financement de la formation de Tony Blair. La perspective de l’indépendance ne réjouit pas pour autant le peuple écossais. Les enquêtes d’opinion montrent que la sécession ne séduit pas vraiment au delà du mur d’Hadrien.

C’est sur cette peur que s’appuient les travaillistes pour tenter de retourner l’électorat. Aux élections locales, les sondages donnent 7 % d’avance aux conservateurs sur leurs rivaux du Labour, mais le parti tory reste en deça de la barre des 40 % habituellement considérée comme le seuil minimum pour s’assurer d’une victoire aux prochaines élections à la Chambre des communes.

Le parti de David Cameron s’attend à de bons résultats dans ses fiefs traditionnels du sud de l’Angleterre. En revanche, les sondages montrent que les anciennes villes industrielles du Nord, Manchester, Liverpool ou Newcastle, ne basculeront pas de si tôt dans le giron de la droite britannique.

Dix ans après une entrée fracassante dans la vie politique britannique, Tony Blair devrait donc se retirer au sortir d’une débâcle électorale. Mais il devrait attendre le partage officiel du pouvoir entre catholiques et protestants en Irlande du Nord, mardi prochain, pour annoncer la date de son départ du 10 Downing Street.

Adrian CROFT

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