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DE SYMPATHISANTE À CANDIDATE
Indira Seebun possède le feu sacré de la politique. C?est visible dans sa façon d?en parler : elle est toute frémissante et ses prunelles brillent alors d?un éclat particulier. Si elle enseigne l?économie et la comptabilité avec la même fougue, ses élèves du collège Adventiste doivent assurément en tirer parti !
La politique chez Indira, née Mungur, nom très connu à Camp-Ithier, est justement de famille. Son père a toujours été un travailliste acharné. Mais si Indira se contentait d?être sympathisante puis activiste, c?est en écoutant un discours de Navin Ramgoolam, leader du PTr, prononcé en 1995, que celui-ci lui communique l?envie de faire de la politique active. «J?ai été séduite par son humanisme. J?ai senti qu?il voulait rassembler les Mauriciens et faire du pays un lieu sûr où il fait bon vivre. C?est là que le déclic s?est produit», confie-t-elle.
Sachant que sans expérience, elle peut courir à sa perte, Indira se fait enregistrer comme membre du parti travailliste et se met à animer des réunions dans les circonscriptions numéros 8, 9 et 10. Le premier contact sur le terrain est dur. «To bizin ena fiel» dit-elle, car le public est deux fois plus exigeant avec une femme. «Tu dois faire tes preuves sur le terrain, montrer que tu peux organiser une réunion en y attirant du monde, que tu sais faire passer ton message et que tu es crédible.»
Et puis, ajoute-t-elle, il faut anticiper la réaction de l?assistance. «Les réunions ne se terminent pas toujours sur une bonne note. Rien qu?à partir d?un visage, tu dois prévoir qu?il y aura une réaction adverse à tes propos et la mater en anticipation pour que cela ne t?explose pas à la figure. Bref, il faut être un peu psychologue.» Indira reconnaît qu?une femme qui a l?habitude, dans son milieu professionnel, d?être en contact avec le public, a plus de chance de surmonter ces obstacles que la femme au foyer par exemple.
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Avant de jouer dans la cour des grands et se présenter aux élections générales, Indira veut passer par la petite porte, c?est-à-dire celle de l?administration régionale. En 1996, elle se fait élire conseillère à la mairie de Vacoas-Phoenix. Deux ans plus tard, elle occupe le fauteuil de maire. Ces responsabilités lui permettent de découvrir les besoins des citadins. «Quand les gens rechignent, c?est surtout pour que leur quartier bénéficie du même développement qu?ailleurs.» Sous son administration, la ville est plus fleurie et les collectes d?ordures se multiplient.
Elle découvre, à ses dépens parfois, que les citadins sont plus à l?aise avec elle. «Avant 6 heures du matin, les gens venaient frapper chez moi. Cela montre qu?ils avaient moins d?appréhension à aborder une femme qu?un homme.» Son passage comme présidente du conseil d?administration au Training and Employment of Disabled Persons Board lui permet de mieux appréhender la réalité de la personne handicapée.
Son apprentissage terminé, Indira est alors prête à se faire évaluer par un électorat plus large. En 2000, elle pose sa candidature dans la circonscription no 10, Montagne Blanche-Grande-Rivière-Sud-Est. Même si elle mord la poussière, elle est réconfortée par le fait qu?elle obtient le score le plus élevé après les élus.
Quelqu?un d?autre à sa place aurait alors misé davantage sur l?enseignement et les leçons particulières. Mais Indira, elle, met un frein aux leçons pour mieux se consacrer à la politique. Décision discutable ? Elle la justifie en disant que sa «vocation est de servir. Mo envi prove to the world that a woman can do good politics. Que la femme entre en politique pas pour son intérêt personnel mais pour la communauté. And I am going to prove it one day», affirme-t-elle.
Il ne faut pas compter sur elle non plus pour démolir ses adversaires avec des coups portés au-dessous de la ceinture. «Je ne suis pas là pour démolir X, Y, Z pour arriver. Je tiens à faire de la clean politics, montrer que la femme est incorruptible et dire surtout ce que je peux faire pour le pays. L?important doit demeurer ce que tu feras pour modifier la vie des gens et autant que possible leur donner de l? economic empowerment.»
Tout comme elle déclare vouloir refuser de jouer la carte communale. «Je ne veux pas que les gens me voient comme une hindoue, mais comme une femme acceptée par toutes les composantes de la population.»
Quand on lui fait remarquer que son leader a archidit publiquement que «le pouvoir s?échappe des mains de la majorité», Indira s?empresse de le défendre. «En parlant de majorité, il ne parlait pas de la majorité des hindous, mais visait quelques privilégiés. Je vous l?assure.»
<B>«Un discours vulgaire n?honore pas la femme»</B>
Cela n?a pas empêché que des propos sectaires ont été tenus en la présence de Navin Ramgoolam lors d?une fonction du Human Service Trust et qu?il ne s?en soit pas dissocié. Indira refuse de commenter cet épisode du fait qu?elle n?était pas présente.
Elle estime que le discours politique doit être dépourvu de vulgarité. «Je déteste les gens vulgaires. Il est vrai que la foule aime parfois les discours pimentés, mais moi, mo kontan market moi autrement. Un discours vulgaire n?honore pas la femme. Et puis, une fois que tu es associé à la vulgarité, cela te colle à la peau. Et le jour où tu changes ton discours, les gens le trouvent fade.»
Pour rester en selle dans la politique, faut-il agir comme potiche ou paillasson ? Indira ne se reconnaît pas dans ces qualificatifs. Comment manifeste-t-elle alors son désaccord sur une question ? Indira réplique que son leader l?autorise à s?exprimer sur toutes les questions et qu?il l?écoute.
La responsabilité collective implique-t-elle d?avaler toutes sortes de couleuvres ou serait-elle prête à démissionner sur une question de principe ? «Si je veux changer les choses, c?est de l?intérieur que je dois le faire et pas en étant à l?extérieur. C?est within and collectively que je peux fight a battle. Donc démissionner ne servira pas ma cause».
Ses priorités, si elle était élue, sont de combattre le chômage en facilitant la création d?emplois dans le secteur privé, «?uvrer pour un meilleur pays où il n?y aurait pas de traitements différents pour les gens et où la dignité de chacun serait respectée. Je crois qu?avec Navin Ramgoolam comme futur Premier ministre, on peut atteindre cela...»
Qui vivra, verra?
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