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De retour de l?enfer
«La Géorgie, c?est un très beau pays et je veux y finir mes études de médecine. Si la situation s?arrange, j?y retournerai en septembre pour la rentrée. » Vanesha Upeegaddo a quitté la capitale Tbilissi mardi dans le bruit des bombes. Deux jours avant, alors qu?elle était dans son appartement, une explosion l?a remplie d?effroi. « Depuis le début de l?offensive, je suivais son évolution à la télévision, précise-t-elle. Mais là, j?ai entendu les bombardements tout près. J?ai eu très peur. »
Vanesha Upeegadoo est rentrée à Maurice jeudi. Dans l?avion, deux autres étudiants à la State Medical University de Tbilissi, Ritesh Gudjadhur et Yogesh Bhundun, sont sains et saufs. Mais ils ne sont pas prêts d?oublier ce qu?ils ont vécu ces derniers jours. Un enfer.
Vendredi 8 août, Ritesh et Yogesh se dirigent vers un village en montagne, non loin de Tbilissi, afin d?y passer quelques jours de vacances.
« Nous avons quitté Vaziani cinq minutes avant qu?elle ne soit bombardée », se remémore Ritesh, 24 ans. L?aviation russe vise la base militaire installée dans cette ville. « Nous étions dans la confusion la plus totale et ne savions quoi faire. Nous n?avions jamais vécu ça. » Ne pouvant rebrousser chemin, les deux étudiants passent la nuit en forêt sous des tentes.
« Je voyais les bombes exploser de ma chambre »
Le lendemain, Ritesh et Yogesh regagnent Tbilissi. Ils tentent de contacter les ambassades américaine et britannique. En vain. Comme dans la plupart des chancelleries, le personnel a déjà été rapatrié. « Tout était fermé, explique Ritesh. J?ai décidé d?attendre. Mais, de ma chambre, j?entendais et je voyais les bombes exploser.
Je n?étais pas rassuré, car elles tombaient à quelques kilomètres de chez moi. » A Maurice, pendant ce temps, les familles inquiètes se mobilisent pour les mettre en sécurité. Elles se rendent au ministère des Affaires étrangères, qui prend contact avec l?ambassade de Maurice en Russie. « Les étudiants ont été contactés par l?ambassade, explique Narrutum Bhundun, le père de Yogesh. Ils ont déclaré que tout allait bien, mais qu?ils voulaient être évacués. » Lundi, l?ambassade sollicite le consulat français encore présent en Géorgie. Il accepte de rapatrier les étudiants. Une chance : ils prendront le dernier vol prévu le lendemain.
« Nous avons décollé de Tbilissi à 9 heures mardi, déclare Vanesha. Dans l?avion, il y avait des gens de diverses nationalités : des Japonais, Français et Britanniques. C?était un moment assez étrange », reconnaît-elle. « L?appareil était escorté par des avions de chasse de l?armée française. La situation était vraiment peu commune », ajoute Ritesh.
A Paris, les trois étudiants sont à présent en sécurité. Ils obtiennent un visa de huit jours. « Mais nous voulions rentrer à Maurice. Nous n?étions pas sûrs que la situation s?améliore en Géorgie d?ici là », explique Ritesh.
Tout va finalement très vite pour eux. Mercredi en fin d?après-midi, Vanesha, Ritesh et Yogesh quittent le sol français. « Je tiens à remercier les autorités mauriciennes et françaises qui nous ont pris en charge et nous ont permis de regagner notre pays », insiste Ritesh. « Pour ma part, je ne trouve pas normal que le gouvernement laisse à notre charge les frais du billet Paris-Maurice qui s?élèvent à Rs 30 000 », s?irrite Narrutum Bhundun. Mais je suis heureux d?avoir retrouvé mon fils. »
Six étudiants mauriciens se trouvaient en Géorgie lorsque le conflit militaire a éclaté. Trois d?entre eux ont choisi de rester sur place.
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