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De nouvelles émeutes font au moins dix morts
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De nouvelles émeutes font au moins dix morts
Une fusillade a éclaté mardi autour du grand Hôtel Ivoire d’Abidjan, tenu par les forces françaises, dans le quartier chic de Cocody, faisant au moins dix morts. De nombreux manifestants favorables au président Laurent Gbagbo étaient massés autour du complexe hôtelier et, selon eux, les soldats français auraient ouvert le feu pour les disperser. Les corps d’un gendarme et de deux femmes ainsi qu’un cadavre décapité gisaient au sol après la fusillade.
Scandant des slogans antifrançais, les manifestants se sont ensuite précipités vers la résidence présidentielle, située à proximité, en emportant un cinquième corps présenté comme une preuve de la responsabilité française, tandis que neuf blessés, dont deux au moins dans un état grave, restaient à terre.
“Les forces ivoiriennes qui se sont interposées entre Licorne et les manifestants, ainsi que les soldats français “ont été la cible des tirs d’armes à feu provenant des émeutiers”, explique-t-il. “Les forces de sécurité ivoiriennes qui s’interposaient ont été malmenées et ont riposté. Un membre des forces de sécurité ivoiriennes a été tué par un tir provenant des agresseurs”, ajoute-t-il.
<B>Provocations répétées par la foule</B>
Le ministère précise que “face aux provocations répétées de la foule, pour une part armée, et en riposte à ses tirs, les forces ivoiriennes ont ouvert le feu pour couvrir le départ du détachement Licorne”. Ces incidents ont éclaté alors que le détachement français avait décidé mardi matin de quitter la zone autour de l’Hôtel Ivoire pour rejoindre une nouvelle position dans le centre ville, selon le ministère.
L’hôtel, symbole de la réussite économique qui a suivi l’indépendance, a été mis à sac après le départ des troupes françaises. Un véhicule de l’Onu a en outre été incendié. Les manifestants, armés pour certains de barres de fer ou de gourdins, ont ensuite envahi les rues de la métropole. La veille, les troupes françaises avaient tiré en l’air pour disperser les manifestants dans le même secteur, situé à moins d’un kilomètre de la résidence de Laurent Gbagbo.
Quelques heures plus tôt, le président sud-africain Thabo Mbeki, qui s’est entretenu avec le président, s’était dit satisfait d’avoir trouvé le chef de l’Etat ivoirien “attaché” au processus de paix avec les rebelles. Le successeur de Nelson Mandela était arrivé dans la matinée pour tenter de relancer le processus de paix adopté à Marcoussis et à Accra. Dans la matinée de mardi, au lendemain des rencontres entre militaires français et ivoiriens, une accalmie avait paru s’observer à Abidjan et, dans le nord du pays, un retour au calme était également signalé par l’Onu.
Les principaux ponts d’Abidjan avaient été rouverts à la circulation par les troupes françaises qui les contrôlaient et la population commençait à s’aventurer au dehors pour voir si l’accalmie constatée se confirmait. En revanche, les autorités ont imposé mardi un couvre-feu à Gagnoa, dans la principale région ivoirienne de production de cacao, après une deuxième journée d’affrontements entre habitants de cette région du Centre et agriculteurs venus du nord du pays.
Le propriétaire d’une importante exploitation de cacao de la ville a expliqué que des membres de l’ethnie locale Bété avaient attaqué et pillé lundi des magasins appartenant à des personnes originaires du nord de la Côte d’Ivoire. Ceux-ci ont cherché à se venger mardi.
Ces combats interviennent dans le cadre d’un cycle de violences plus large à propos des droits fonciers et des plantations de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. Le président Gbagbo est membre de l’ethnie Bété et originaire du centre du pays. Les rebelles qui tiennent le Nord appartiennent quant à eux au même groupe ethnique que celui de nombreux exploitants de cacao.
A Paris, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé devant l’Assemblée nationale que la situation en Côte d’Ivoire restait “précaire” et a émis la crainte qu’elle se tende de nouveau. “Notre vigilance doit donc être totale.” Sébastien Dano, ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, a accusé l’armée française d’avoir tué une cinquantaine de personnes à Abidjan et ailleurs lors des affrontements qui ont suivi, ce week-end, un bombardement de l’aviation ivoirienne sur un cantonnement des casques bleus français de la force Licorne.
La réaction française</B>
Celui-ci ayant coûté la vie à neuf soldats français, le président Jacques Chirac a ordonné la destruction des deux chasseurs-bombardiers Sukhoï et des cinq hélicoptères d’attaque Mi24 de la Côte d’Ivoire. La réaction française, qui a déclenché une vague d’émeutes au cours desquelles quelque 700 personnes ont été blessées, a reçu l’appui unanime du Conseil de sécurité de l’Onu.
“La crise qui secoue aujourd’hui la Côte d’Ivoire n’est en aucune façon un tête-à-tête entre la France et la Côte d’Ivoire”, a assuré Jean-Pierre Raffarin. “Notre action s’inscrit dans le cadre de celle de la communauté internationale unie dans les enceintes africaines comme dans les enceintes de l’organisation des Nations unies.”
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