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De l’utilisation à d’autres fins de la mélasse non gouvernementale

24 juin 2004, 20:00

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Rarement a-t-on vu gouvernement en telle mélasse, qu’en ce 25 juin 1979 ! Rien d’étonnant donc que l’express profite de cette actualité confuse et inextricable pour interroger M. René Noël sur les possibilité d’utiliser, à d’autres fins, la mélasse cannière. Mais voyons d’abord la purée gouvernementale.

Le mot d’ordre à l’Hôtel du gouvernement est de parer au plus pressé, autrement dit aux pressions exercées sur Ringadoo-Ramgoolam par le PMSD de Gaëtan Duval. Oublions donc, pour l’instant, les contestataires d’Harish Boodhoo, la désobéissance civile de Philo Blackburn et consorts, la motion de blâme du chef de l’opposition, Anerood Jugnauth, et même l’élection municipale partielle à Curepipe, mettant aux prises le future recteur du collège Saint Joseph, Serge Ng Tat Chung et Percy Lafrance. La stratégie gouvernementale est d’une limpidité ramgoolamienne : de toutes les épées de Damoclès suspendues sur sa tête, seule celle du PMSD peut, dans les jours qui suivent, l’embarrasser au point de le renverser. Il suffit donc, dans le court terme, de faire droit aux requêtes duvaliennes pour que la basse-cour parlementaire du Coq PMSD demeure solidaire à la Clé Travailliste. Chacha Ramgoolam sauvegardera ainsi sa majorité parlementaire aux pieds d’argile. Sourires mielleux, donc, en direction du clan des Duvaliens, autant de promesses en l’air qu’ils réclameront en échange de solidarité indéfectible, le temps de repousser la motion de blâme de Jugnauth, d’approuver tant bien que mal le budget 1979-80, dans sa deuxième ou troisième version, à défaut de la première moulure, mettre en congé ce Parlement de tous les malheurs et, d’ici octobre 1979, il coulera beaucoup d’eau sous le pont de G.R.N.O. Donnons du temps au temps et demain sera un autre jour. L’optimisme est donc de mise, comme le prétendent les parties concernées par la partielle de Curepipe. Prem Doonghoor a même raison de rendre la population responsable des déficits budgétaires. Tout compte fait, c’est bien elle qui a donné cette courte majorité aux PTr et PMSD, condamnés, une fois de plus, à une coalition gouvernementale, pour barrer la route au MMM du moustachu Bérenger. En toutes choses, il faut parer au plus pressé.

La canne à sucre et la politique fiscale de Ringadoo ont beaucoup de points communs. Comme la canne à sucre, le contribuable est happé, entraîné de force, mouliné, broyé, déchiqueté, pressé à plusieurs reprises, réhydraté, pressé de nouveau, vidé de jus et de suc et enfin abandonné à son triste sort quand il n’est plus que bagasse. Même défunt, le contribuable continue à intéresser l’Income Tax, tout comme l’énergie électrique convoite la bagasse. Tant qu’il y aura du jus !

René Noël pense, pour sa part, qu’il est possible d’extraire davantage d’alcool de notre mélasse cannière et d’utiliser une plus grande quantité de ce sous-produit localement au lieu de l’exporter en vrac. Cela ne peut se faire du jour au lendemain et toute décision, à ce sujet, doit se prendre à un plus haut éhelon, déjà absorbé par une autre mélasse.

Quelque 60 % de la mélasse mondiale est utilisée comme nourriture pour animaux. On l’utilise aussi pour fabriquer de l’alcool et divers acides dont du citrique et du butanol-acétone. A Maurice, elle sert en petite quantité (16 000 tonnes) aux fins précitées et la différence (160 000 tonnes) est tout bonnement exportée. Les prix de vente varient entre Rs 146 et Rs 280 la tonne. La mélasse de Maurice est parmi les plus épuisées au monde. Idem pour le contribuable, avant Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Terminons par une bonne pensée pour Jean Maurice Labour qui célèbre ces jours-ci, le 25e anniversaire de son ordination sacerdotale.

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