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De l?éducation

4 septembre 2005, 20:00

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Tandis que ceux du système anglais sont bien engagés dans le troisième trimestre, ceux du système français entament leur grande rentrée annuelle. Le temps n?est pas trop mal choisi pour nous interroger sur notre politique mauricienne en matière d?éducation, quel que soit le modèle qui fonde notre système hérité et de réfléchir sur un concept qui éviterait d?envoyer nos jeunes pointer au chômage.

Si l?objectif principal est d?éviter l?échec scolaire à tous les niveaux et sous toutes ses formes, sans doute, le secret de tout succès se trouve dans tout ce qui peut agir comme moteur de motivation. Et au c?ur de toutes les raisons motivantes se trouve la confiance en soi. Sa construction chez l?enfant doit être primordiale car elle demeure une garantie de réussite. Il est impératif que le système actuel de l?éducation offre à l?enfant la possibilité de se faire une bonne image de lui-même avant toute chose.

Cet état d?esprit n?est pas si difficile à être cultivé. Il lui suffit d?une chose : l?encouragement. Lui en donner, mais pas n?importe comment. Cela doit être fait sur le mode du continu, surtout lorsqu?il vient de la part de l?enseignant qui, de son côté, doit se donner pour mission première d?injecter à l?élève, bon ou mauvais élément, une bonne dose de conviction. Il faut qu?il arrive à le convaincre, par tous les moyens possibles, qu?il peut toujours y arriver. Se faisant, il éveillera en lui, et au plaisir de tout le monde d?ailleurs, le goût à l?apprentissage. Finies donc les critiques maladroites et place aux commentaires positifs !

Aussi est-il grand temps, comme le préconisent par ailleurs les récentes études des sciences de l?éducation, de mettre fin à un système de notation qui finit toujours par couper l?herbe sous les pieds des élèves. La tendance générale est de classer leurs copies sous les trois principales catégories (bonnes, moyennes et mauvaises) avant de les leur redistribuer. C?est là une manière de procéder, somme toute classique, certes, mais qui, hélas, tend à les décourager.

Il est plus judicieux, selon nos chercheurs, d?établir une sorte de contrat de confiance entre l?enseignant et ses élèves. Et là encore, les choses ne sont pas si compliquées qu?on l?imagine. C?est au niveau des exercices que se joue le plus important. Il faut concevoir leurs devoirs scolaires par rapport à des objectifs bien précis. On fournira aux élèves une liste de réponses possibles et on leur indiquera les problèmes ou notions qu?ils doivent maîtriser. Ils se sentiront plus motivés et apprendront sans stress. Et d?autre part, cela permettra à l?enseignant d?élaborer des grilles de correction qui évitent toutes formes de pièges aux élèves. Le résultat sera donc plus probant.

Il importe également de développer davantage une éducation de proximité en axant celle-ci sur la réalité toujours plus concrète des situations régionales. Le programme scolaire, déjà bien adapté en fonction de l?environnement immédiat de l?enfant, doit poursuivre son cours. Et les manuels scolaires doivent être mieux conçus pour favoriser un apprentissage qui s?appuie sur des exemples tirés de la vie quotidienne locale.

De même, puisqu?il est difficile de cerner les potentiels des élèves à leur plus jeune âge, leur offrir trop tôt différentes voies d?orientation, risque d?être illusoire. Il faut, au contraire, les garder le plus longtemps possible (jusqu?à 16 ans au moins) dans un même cursus. Il a été prouvé que cela augmente le niveau général. Ce qu?il faut, c?est leur apprendre très tôt à s?orienter, à se donner un projet. Non pas en leur posant l?éternelle et fatidique question ?qu?est-ce que tu feras plus tard ??, mais en les poussant à mener une enquête par eux-mêmes dans leur domaine de prédilection, en les encourageant à aller sur le terrain et rencontrer les professionnels du métier. A ce titre, l?Etat peut décider de publier chaque année un guide des perspectives d?emploi.

Enfin, quoi qu?il en soit, nous ne devons pas oublier que notre système éducatif, comme partout ailleurs, ne peut avoir qu?un seul destin : celui d?être réformé à tout bout de champ?

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