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De la réalité des coûts et de la loi du contrat

8 novembre 2007, 00:00

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Il y a bien évidemment une raison pour laquelle le gouvernement et le CEB ont, en 1998, signé le premier accord de production d?énergie électrique avec un contracteur privé ; la Centrale thermique de Belle-Vue. Le gouvernement du Dr Ramgoolam était alors au pouvoir.

Cette raison c?est que le CEB avait, pendant des années, aligné des pertes, coincé qu?il était entre ses inefficiences (de production, de distribution), le profil de sa dette et, surtout, le prix du KWh fixé par le gouvernement qui ne reflétait, que très rarement, la réalité de son coût de production. Ainsi, arrivé dans les années ?90s, le CEB était tellement endetté qu?il ne pouvait envisager d?investir dans les nouvelles capacités de production dont le pays avait besoin. Sans la production privée, les «black outs» ou les «brown outs» devenaient de réelles possibilités. Nos gouvernants d?alors, dans leur sagesse, demandèrent au privé de prendre le relais du risque de PRODUCTION. Le risque de distribution et surtout le risque COMMERCIAL (dont les fluctuations des prix des combustibles), par contre, restaient clairement pour le monopole d?Etat qu?est le CEB. Ce risque, notons-le, le CEB l?aurait confronté de toutes les manières, qu?il produise le KWh ou pas. Cet accord devait arranger tout le monde, puisqu?il fut signé en grande pompe en juin 1998. Ni le CEB, ni le gouvernement n?était sous contrainte. Selon la formule toute faite et plutôt ressassée, c?était sûrement une situation «win-win».

De ce que je sais (et je ne sais évidemment pas tout) le CEB ne changea pas de manière d?opérer. Dans le sens que s?étant allégé, en partie, de ses responsabilités et de ses risques de production, il n?a pas, que l?on sache, ni particulièrement amélioré son efficience, ni adopté une politique de «coût réel». Parce que, d?une année à une autre, au lieu de réduire ses coûts de distribution, d?administration et de gestion de dettes et de «passer» à sa clientèle le coût réel auquel son «produit» est généré/acheté et sans doute à la demande du gouvernement qui, voudrait, en toute circonstance, être populaire ; le CEB a retardé les augmentations de prix et encore, bon an, mal an, cumulé des pertes. Ainsi, de 1998 à 2005 (les comptes de 2006 ne sont pas encore disponibles sur le web site mais seront sans doute au rouge aussi?), le CEB a totalisé des pertes de Rs 808 m en huit ans. Il faut comprendre que les pertes sont réelles et doivent être financées (si la dépréciation est utilisée pour couvrir les dépenses capitales normales, sans même ajouter de nouvelles capacités de production) en s?endettant encore plus, ajoutant ainsi de lourds intérêts. Le CEB, comme beaucoup d?autres monopoles d?Etat, a une fois encore, opéré avec un faux prix et repoussé les vrais problèmes vers le futur. C?est ce que l?on appellerait gentiment «cuckoo-land economics».

Dans un monde rationnel, qui devrait «couvrir» ces pertes et/ou payer ces intérêts et rembourser ces dettes sinon, éventuellement le consommateur d?électricité ou, indirectement, à travers des subventions gouvernementales, le «tax payer» ? Eh bien dans notre «Alice au pays des merveilles» on s?attend à ce que ce soit? le producteur avec qui l?on a signé un contrat novateur et apparemment maintenant devenu «wind ?wind» !

Pour cela, il suffit d?un peu de démagogie, de quelques chiffres tordus (les profits, oublie-t-on, ne rentrent pas directement dans la poche des actionnaires dont 22 % sont d?ailleurs liés à l?Etat (SIC et SIT) et 27 % à un partenaire stratégique français, mais servent d?abord à rembourser les emprunts (78 % des fonds investis)), et, notion révolutionnaire depuis peu, il suffit de tordre le cou à la notion sacro-sainte du contrat signé.

Ainsi du MAAS signé entre les sucriers et le gouvernement en 2006, aux contrats de fourniture d?électricité au CEB depuis 1998, en attendant ceux-là couvrant la construction d?écoles ou des ponts, faut-il désormais comprendre que si ces contrats se révèlent être subséquemment inadéquats, gênants, «trop» coûteux, injustes, pas (plus !) politiquement utiles, que l?on pourra désormais les dénoncer, unilatéralement ?

Et que si vous, contracteur, le refusiez, on pourrait alors vous accuser du péché de «gourmandise» ou de «fer dominere» ?

Qui voudra désormais signer un contrat avec le gouvernement ? Sûrement pas l?entreprise française, Aérowatt, qui, annonce-t-on, veut produire des KWh à partir d?éoliennes?.

Peut-on extrapoler et désormais remettre en question son contrat de travail avec son employeur pour la seule raison qu?on trouve ce dernier un peu trop gourmand dans ce qu?il veut garder pour ses actionnaires par rapport aux salaires ?

Attention ! Danger ! Principes en jeu !

La parole donnée ne serait-elle plus sacrée ?

Le contrat signé ne le serait-il pas non plus ?

PAF

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