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De Chine mère à Maurice patrie

4 février 2008, 20:00

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Qui ne connaît pas l?intérieur d?une laboutik sinoi ? Avec sa topette pour le rhum, ses mesures pour l?huile ou le pétrole, et ses sacs de goni pleins de piments, de riz ou de «sipek». Ce que l?on connaît moins par contre, c?est le parcours des immigrants chinois. Les meubles qu?ils ont emportés, au même titre que l?attachement à la Chine mère qu?ils ont perpétué en terre mauricienne, comme un cordon ombilical jamais coupé.

Alors que du côté de Bell-Village, les nouveaux locaux du centre culturel chinois devraient être prêts dans un mois environ ? affirmation de son directeur Bai Guangmin ? Chinatown s?offre son musée de l?immigration chinoise. Ce projet privé, baptisé le Chinese Heritage Centre, initié par Henry Loo, architecte et membre fondateur de SOS patrimoine, sera inauguré mercredi, à la veille de la fête du printemps. Situé à la rue Rémy Ollier, ce musée a pris racine dans la cour de la pagode désaffectée de la société Fock Diack.

Le parcours se déroule tout seul. Référence d?abord au pays d?origine avec carte à l?appui. Autour d?elle, déclinés sur des papiers, un florilège de patronymes des familles installées à Maurice. Et s?ils ne sont pas tous là, Henry Loo, qui nous fait visiter, affirme : «On va mettre un petit carnet à la disposition des visiteurs pour qu?ils puissent ajouter leur nom.»

Sentiment d?appartenance. Il est palpable entre ces murs couverts de photographies du vieux Port-Louis. Celui des calèches tirées par des chevaux. La rue Edith Cavell, le Chinatown d?avant, la Place d?armes du temps où elle n?était bordée que par l?Hôtel du gouvernement.

Des trésors d?archives rassemblés «parce que souvent ces choses auraient fini à la poubelle». L?une des forces de ce musée, créé pour raconter une immigration mais surtout pour se souvenir d?un mode de vie par de nombreux aspects révolus, c?est qu?il rassemble une belle collection d?objets du quotidien. Il montre l?histoire. En n?hésitant pas à mettre à contribution l?histoire personnelle de son initiateur. Car l?oeil avisé reconnaîtra sur les photos d?époque sa grand-mère et son arrière-grand-mère, «qui faisait partir du charbon de Rose-Hill à Belle-Mare».

Il y a là aussi une pipe, «à tabac ou à opium», un jeu de ma-jong jauni, la bicyclette du père d?Henry Loo. Le couteau de cuisine, le réchaud à charbon, les pièces de typographie en plomb et en bois données par Dawn Printing... Rien ne manque au souvenir. Pas même le certificat indiquant que son possesseur est un sujet chinois, qui servait de passeport.

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