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De Centre-de-Flacq au château de Versailles

4 février 2006, 20:00

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Karl Hervet, maître fondeur très connu de Centre-de-Flacq, est peut-être l?un des derniers de sa race. À l?Atelier St-Gabriel, ce membre du syndicat général des fondeurs de France, façonne des ?uvres d?art à partir de la ferraille récupérée et selon d?anciennes techniques transmises par son défunt père, Luc.

N?ayant jamais souhaité moderniser la fonderie familiale, l?artisan a traversé les décennies en se faisant un nom dans le métier grâce à ses produits de qualité. Bustes, bancs de jardin, fontaines, portes, jets d?eau, lampadaires ornent jardins publics et maisons.

Aujourd?hui, mine de rien, il décroche des contrats juteux en France et dans la région. « Le chanteur Carlos a été mon premier client étranger. Il avait commandé une table avec les 12 signes du zodiaque. En 1989, j?en ai offert une semblable au pape Jean Paul II. Plus tard, j?ai contribué à remouler la statue de Mahé de La Bourdonnais qui est érigée à St-Malo. Depuis, je n?ai jamais eu à faire du marketing. Tout se fait par le bouche-à-oreille », confie-t-il.

L?année dernière, une Française vient frapper à sa porte pour passer une commande pour le moins surprenante. Il s?agit de fabriquer des vases dans le style des Médicis pour le château de Versailles. Ces vases ornent peut-être aujourd?hui les allées de l?immense jardin ou une pièce particulière du château. Karl Hervet avoue ne pas le savoir. Pour lui, l?important c?est d?avoir insufflé dans ces ?uvres une part de lui-même.

Pendant le week-end, son atelier s?anime souvent avec la présence d?étudiants des Beaux-Arts avides de connaissance. Un groupe de 13 managers d?Électricité de France lui a aussi signifié le souhait de visiter l?atelier de recyclage et de transformation d?aluminium en avril.

Pour l?artisan, c?est enfin la reconnaissance à l?étranger. Il remercie d?ailleurs ceux qui lui ont fait confiance. Mais il traîne un poids sur le c?ur. « Comme dit l?adage nul n?est prophète en son pays? Les artisans sont les grands oubliés, il y a un manque d?encadrement et d?encouragement. » Il déplore aussi le fait que les métiers artisanaux n?intéressent plus les jeunes.

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