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DC-10 d?UTA : Tripoli accepte de payer
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DC-10 d?UTA : Tripoli accepte de payer
La Libye est sur le point de céder. Elle a accepté le principe de verser des indemnités supplémentaires aux familles des victimes de l?attentat contre le DC-10 d?UTA, qui a explosé en 1989 au-dessus du Niger. Le montant des compensations reste cependant à préciser. Tripoli s?est engagé à ce qu?un accord sur ce point soit trouvé dans le mois qui vient.
Côté libyen, on affirmait dimanche soir que l?affaire était déjà conclue. Mais côté français, on restait prudent. ?Les négociations ont bien avancé. Nous pensons qu?un accord satisfaisant pour les deux parties peut être signé très prochainement?, a déclaré Me Francis Szpiner, l?avocat de l?association SOS Attentats. Au Quai d?Orsay, on indiquait que ?les discussions vont dans le bon sens?.
Les pourparlers ont repris samedi entre Français et Libyens. Les représentants des familles se sont rendus à Tripoli à bord d?un avion spécial affrété par le gouvernement. Côté libyen, les pourparlers ont été menés par la Fondation internationale Kadhafi, un organisme de bienfaisance dirigée par le fils du dirigeant libyen, Seïf el-Islam Kadhafi. Côté français, SOS Attentats ainsi que le collectif des familles des victimes du DC-10 ont envoyé des délégués.
C?est la quatrième fois depuis juillet qu?une délégation des familles se rendait à Tripoli pour réclamer une révision en hausse des indemnités. En 1999, la Libye avait versé 35 millions de dollars aux parties civiles, à la suite du jugement de la cour d?appel de Paris condamnant six responsables libyens, dont le beau-frère du colonel Mouammar Kadhafi, pour l?organisation de l?attentat terroriste, le plus meurtrier qui ait jamais frappé la France (170 tués).
Paris a réclamé une rallonge substantielle depuis que Tripoli a accepté cet été de verser des sommes considérables (2,7 milliards de dollars au total) pour indemniser les familles des victimes d?un autre attentat attribué aux services libyens, celui qui a détruit en vol un Boeing 747 de la PanAm en 1988 au-dessus de Lockerbie en Ecosse. La revendication française s?est cependant heurtée à de vives réticences à Tripoli. Une partie des dirigeants libyens, regroupés autour du ministre des Affaires étrangères Abdel Rahmane Chalgham, considéraient que les indemnités versées en 1999 avaient soldé les comptes.
Le feu vert à la levée des sanctions
Les autorités françaises ont appuyé les revendications des familles. Hier encore, le président Jacques Chirac a appelé Mouammar Kadhafi, pour la seconde fois en une semaine, pour favoriser l?issue des négociations. Le colonel Kadhafi devait prononcer hier un discours pour le 35e anniversaire de son accession au pouvoir. Selon la presse libyenne, il devrait aborder ?les différentes étapes de l?affaire Lockerbie?. Cela pourrait lui fournir l?occasion d?évoquer l?attentat contre le DC-10.
L?ambassadeur libyen à Londres, Mohammad al-Zouaï, a confirmé hier à l?AFP que ?la Libye s?engage officiellement à parvenir à un accord sur une somme convenable et satisfaisante pour les deux parties. Nous Libyens, nous sommes plus généreux que ne le croient nos amis Français?. De source proche de la Fondation Kadhafi, on indique que l?accord en préparation prévoit, dans son volet financier, un montant qui ?s?approche de celui obtenu par les Américains?. Les indemnités seraient versées par la Libye grâce à une taxe spéciale qui serait prélevée sur les activités des sociétés françaises travaillant en Libye. Enfin, le procès des six Libyens condamnés par contumace (et qui, selon Tripoli, sont innocents) pourrait être rouvert. Cela nécessiterait cependant la livraison, bien improbable, des suspects.
La diplomatie française attend avec impatience la nouvelle d?un accord d?indemnisation pour pouvoir donner son feu vert à la levée des sanctions des Nations unies contre la Libye. Elle se tirerait ainsi d?embarras au Conseil de sécurité. Décrétées en 1992 et 1993 par l?Onu, ces sanctions comprennent notamment un embargo sur les liaisons aériennes. Elles ont été suspendues en 1999, mais la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont promis à Tripoli de les lever définitivement pour accompagner l?accord sur Lockerbie.
Paris, qui dispose d?un droit de veto à l?Onu, a menacé d?empêcher l?abrogation des sanctions tant que la Libye n?accordait pas d?indemnités ?équitables? aux familles des victimes du DC-10. Il ne fait guère de doute que cette menace a contribué à pousser la Libye au compromis. Officiellement cependant, on n?invoque côté libyen que des préoccupations ?humanitaires? pour expliquer le déblocage des pourparlers.
Luc de Baroche
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