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Dérogation pour sauver les emplois dans le textile
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Dérogation pour sauver les emplois dans le textile
Le Conseil des ministres a indiqué hier que les chances que le Sénat accède à la demande faite par Jayen Cuttaree devant le Ways and Means Committee de la Chambre des représentants à Washington, sont assez restreintes. Cela, à cause des élections présidentielles prévues en Amérique. Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international a argué, jeudi, que Maurice a besoin d?une dérogation pour sauver les emplois dans le textile-habillement qui est déjà durement touché.
Le ministre a dépeint un sombre tableau de l?industrie textile du pays. Il s?est dit inquiet de l?impact du démantèlement de l?Accord multi-fibre pour Maurice et les pays de la région qui seront, à partir de janvier 2005, confrontés à la concurrence directe de géants textiles comme la Chine, l?Inde et le Pakistan. Déjà, l?industrie de la confection de Maurice perd des emplois « à un taux effrayant », dit-il. Au cours des 15 derniers mois, 12 000 emplois ont été perdus car les acheteurs se tournent déjà vers la Chine.
« Cette situation a eu un impact négatif sur l?économie et sur le social car la majorité des employés de l?industrie de la confection sont des femmes qui, après 20 ans de service, se retrouvent sans emploi et sans perspectives d?emploi car elle n?ont aucune autre qualification », poursuit Jayen Cuttaree.
Le ministre explique que c?est parce que cette situation nuit au tissu social du pays et crée de sérieuses tensions politiques que le gouvernement demande une dérogation spéciale sous la provision du « third country fabric ». Cette provision permet aux pays les moins avancés (PMA) d?importer du tissu de pays tiers et de bénéficier quand même d?un accès en hors taxes sur le marché américain.
Maurice réclame le même traitement. Or, cette dérogation expire le 30 septembre. Jayen Cuttaree, qui est aussi le porte parole de l?Union africaine sur les questions commerciales, a plaidé pour son renouvellement.
L?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) a été un bienfait pour l?Afrique sub-saharienne, permettant la création de centaines de milliers d?emplois dans l?industrie textile et l?industrialisation de nombreux pays. Mais si le renouvellement ne se fait pas, ces emplois seront menacés. L?industrie textile naissante dans plusieurs pays de la région aura du mal à survivre, causant des remous sociaux et politiques.
Jayen Cuttaree a aussi démontré que l?île n?a pratiquement tiré aucun bénéfice de l?AGOA et demande qu?elle bénéficie de la dérogation sur l?importation des matières premières pour la même durée que l?extension qui sera éventuellement accordée aux PMA sous l?AGOA III.
Les PMA ayant bénéficié de la dérogation sur le « third country fabric » ont vu leurs exportations sur le marché américain augmenter de 228 % depuis l?adoption de l?AGOA en 2002. Les exportations de Maurice n?ont augmenté que de 13 %. Pire encore: depuis 2003, les exportations du pays régressent. Entre mars 2003 et février 2004, les exportations de textile du pays vers les Etats-Unis ont chuté de 15 %.
Maurice et l?Afrique du Sud sont les seuls pays à ne pas bénéficier de la dérogation sur l?importation de matières premières. Toutefois, l?Afrique du Sud ayant une industrie textile développée et produisant son propre tissu, il a pu tirer avantage de l?AGOA.
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