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Députés de proximité
<B> Deven Nagalingum</B>
<I>?Les gens ne demandent pas l?impossible?
● <B> Le thème de la proximité est repris avec insistance lors de la présente campagne. Quelle définition en donnez-vous ? </B>
<B> Deven Nagalingum</B> : Les électeurs reprochent souvent à leurs députés de leur tourner le dos après les élections et on a constaté effectivement, dans le passé, un manque de communication entre les deux. La proximité, pour moi, ce n?est pas seulement être à l?écoute de ses mandants, c?est aussi pouvoir parler le même langage qu?eux et être avec eux. On croit souvent connaître les besoins d?une circonscription. Or la priorité des mandants peut être différente. C?est en discutant avec eux et en les engageant dans les projets en cours qu?on parvient aussi à responsabiliser les uns et les autres. Car, combien de fois n?a-t-on pas vu de grands projets tomber en décrépitude parce qu?il n?y a pas eu un sens d?identification à ces projets amenant les gens, eux-mêmes, à veiller sur les infrastructures. Un mandant ne demande pas grand-chose. Il veut être écouté et être partie prenante au développement de sa région. Ma philosophie est basée sur cette réflexion.
<B> James-Burty David</B> : La proximité est une exigence fondamentale en politique. Elle requiert du député une disponibilité soutenue vis-à-vis de ses mandants et la capacité d?être à l?écoute et d?agir. C?est d?ailleurs dans cette perspective que j?ai toujours considéré ma fonction de parlementaire. Je suis fondamentalement un homme de terrain. C?est là, sur le terrain de l?action, que je me sens le plus à l?aise. La proximité, c?est la sève même du pouvoir.
● <B> Comment s?expriment en 2005 les attentes des électeurs ? </B>
<B> D. N. </B> : Il y a des nécessités immédiates auxquelles on doit répondre. Mais les gens veulent aussi qu?on leur parle un langage de vérité. Souvent ils perdent confiance dans les politiques parce que ceux-ci ne savent pas communiquer avec eux. Or, les gens ne demandent pas l?impossible mais ils n?aiment pas être menés en bateau.
<B> J.-B. D. </B> : Ces attentes s?expriment de multiples façons. Elles sont parfois individuelles et parfois collectives. Les électeurs les font connaître soit à travers des comités de quartier, soit par des pétitions et parfois même au cours d?une rencontre dans les régions. En 2005, il faut aussi compter sur les fax et les e-mails pour enrichir le dialogue. Quels que soient les moyens, l?essentiel c?est que le député parvienne à écouter, à comprendre et à agir.
● <B> Comment concilier le rôle de politicien installé au sein d?une circonscription avec les fonctions nationales d?un élu ? </B>
<B> D. N. </B> : La circonscription d?un élu, c?est comme sa famille. Il a des responsabilités vis-à-vis de sa famille comme il peut avoir des responsabilités nationales. Il peut remplir les deux fonctions s?il utilise bien les relais dont il dispose et s?il parvient à faire le travail de suivi. Qu?on soit ministre, PPS, député ou maire, moi je dis que c?est contre le vent que le cerf-volant monte plus haut dans le ciel.
<B> J.-B. D. </B> : Ce n?est pas une question de concilier deux contraires. L?Assemblée nationale, en tant qu?institution, permet de vivre cette complémentarité, c?est-à-dire être député d?une circonscription et se mettre en même temps au service d?une mission nationale. Le ministre, par exemple, est appelé à vivre cette complémentarité au quotidien. C?est à la fois un défi et une énorme responsabilité.
● <B> Est-il possible de marquer une présence de 5 ans dans sa circonscription ? </B>
<B> D. N. </B>: Personne ne sera surpris d?apprendre que, durant ces cinq dernières années, je n?ai été absent que 22 jours de ma circonscription. Je me suis aussi fait un devoir de m?y rendre les dimanches afin de pouvoir rencontrer les gens auxquels je ne suis pas accessible en jours de semaine. En 2000, j?avais émis des critiques. Logiquement, je ne pouvais pas revenir devant l?électorat en 2005 et présenter un bilan qui soit en dessous de ce que j?avais critiqué.
<B> J.-B. D</B>. : Non seulement il est possible de le faire mais cela doit être une exigence, un devoir, une nécessité. Dans la circonscription n°1, je l?ai fait depuis 1995 en tant que ministre ou député de l?opposition. Il ne faut pas seulement marquer ?une présence?, mais surtout marquer ?de sa présence?. C?est-à-dire imprimer une influence tellement forte que la circonscription respire au rythme des projets et des progrès que le député initie. La croix que l?électeur met à côté de votre nom sur un bulletin de vote est un contrat de confiance. L?une des clauses de ce contrat, c?est précisément une obligation de présence active.
● <B> L?idée de faire des ?cadeaux? aux électeurs est-elle aussi prononcée qu?on le dit ? </B>
<B> D. N. </B> : Je suis farouchement opposé à l?idée de faire des cadeaux. Mon contrat avec l?électeur est basé sur la fidélité. Même un jouet de Rs 15 est synonyme de pratiques malsaines. Le vrai cadeau qu?on peut faire, c?est l?attention, le travail et la confiance qu?on accorde aux électeurs.
<B> J.-B. D. </B>: Demandez à mes adversaires. Ils ont l?art de jouer les pères Noël pendant une campagne électorale : bicyclettes, micro-ondes, briani, argent? Puis, les élections finies, ils jouent les pères Noël avec les très riches en leur distribuant généreusement des milliards provenant de la caisse publique.
● <B> Le folklore électoral et la surenchère verbale entraînent des situations potentiellement conflictuelles. Peut-on espérer s?en débarrasser prochainement ? </B>
<B> D. N. </B> : Il faudrait que tout le monde se mette d?accord pour revoir le système et les pratiques durant une campagne. L?important, c?est la circulation des informations et il y a définitivement d?autres moyens de faire campagne. On finira, de toutes les manières, par comprendre que les oriflammes ne déterminent pas le vote.
<B> J.-B. D. </B> : La politique est une bataille d?idées. Les élections sont un affrontement de partis. Il est donc évident que l?on ne peut éviter ce que vous appelez des ?situations conflictuelles?. Sinon on se trouve en situation de pensée unique. Cependant, malgré les foudres et les passions que suscite une campagne électorale, il faut savoir jusqu?où aller. Le folklore électoral est inévitable. Il théâtralise une campagne. C?est l?art du spectacle et les hommes, depuis la nuit des temps, ont été attirés par la dramatisation des événements. Quant à la surrenchère verbale, je fais confiance au jugement de l?électorat. Il sait faire la différence entre les discours sérieux et le clownesque.
<B> James-Burty David</B>
?La proximité, une exigence fondamentale?
<B>Par Nazim Esoof</B>
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