Publicité

Démonstration de force

12 août 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Vingt mille personnes ont assisté à la victoire des Makis dans le tournoi de rugby à 7 à Mahamasina, devant Maurice et la Réunion. Une démonstration de force de l?Aroi qui pose le problème de l?intégration du rugby au programme officiel des Jeux des îles.

L?image de Razili, le capitaine des Makis, portant un enfant attrapant un ballon ovale, est sur tous les lampadaires d?Antananarivo. Ce n?est pas un hasard si un des principaux sponsors de ces Jeux des îles a choisi le rugby comme support principal de sa campagne de communication. Le rugby à Madagascar est bien implanté et populaire.

?On craignait un peu que le public malgache ne vienne pas à ce tournoi, explique Daniel Blondy, président de l?Aroi (association de rugby de l?océan Indien), car on le pensait focaliser sur le quinze. Mais sa présence démontre qu?il a adhéré à notre démarche de mettre en chantier, par le biais du rugby à sept, le retour de notre discipline aux Jeux des îles.?

En fait, le rugby, sous sa forme à XV, n?a fait qu?une très courte apparition au programme des Jeux des îles. C?était en 1979, pour la première édition, et trois pays avaient demandé son inscription : Réunion, Maurice et Seychelles. Lors des Jeux, les Seychellois n?ont pu aligner une équipe et il s?est résumé à un match aller-retour remporté par les Réunionnais, seul au palmarès de l?ovale jusqu?à samedi, même si la victoire des Malgaches à Mahamasina n?entre pas dans le décompte officiel.

Pour son retour au programme en sport de démonstration, le pari a été réussi. 20 000 spectateurs dans les tribunes et surtout 5 équipes sur le terrain. Les Seychelles, comme l?expliquent Kenneth Laurence et Paul Mondon, ?comptent à peine une vingtaine de joueurs de rugby sur l?archipel, et ils sont très jeunes, entre 16 et 18 ans. Mais nous voulions être là pour marquer notre présence. Nous avons le rugby au coeur et nous espérons accueillir nos amis dans quatre ans?.

A Mayotte, le rugby commence à prendre, même s?il est encore très dépendant des m?zungus, comme à la Réunion avec les zoreilles il y a trente ans.

Cédric Despalle, détaché du conseil général au comité, et Fabrice Gaudet, CTR et joueur, ont composé une équipe avec ?des m?zungus restés à Mayotte pendant les vacances et des Mahorais qu?on a tenu à récompenser pour leurs actions de bénévolat?.

Maurice deuxième

Le tout n?a pas trop mal fonctionné et Mayotte, dont le comité n?a que dix ans et qui vient de participer à la coupe d?Afrique en Tanzanie, sent que la mayonnaise est en train de prendre. ?On vient de nous installer des poteaux dans le stade principal de l?île?, souligne Cédric Despalle. Un signe qui ne trompe pas ! Le rugby à 7 correspond aux qualités des joueurs de l?océan Indien.

Seychellois et Mahorais peuvent compter sur l?Aroi et les dirigeants des trois autres îles pour les aider. ?On a quatre ans pour mettre en place une formation et organiser des rassemblements réguliers, estime Sébastien Bertrank, CTR et entraîneur de l?équipe des Bleus, 3e du tournoi samedi après avoir perdu contre Madagascar (41-14) et Maurice (19-12). Le rugby à 7 correspond aux qualités des joueurs de l?océan Indien et il faut qu?on s?engouffre à fond.?

Denis Ulcoq, l?entraîneur mauricien, pense lui aussi que c?est l?avenir. ?L?entrée du rugby à 7 au programme des Jeux africains, récemment signée à Alger, est un point qui va dans le sens d?une reconnaissance accrue de la discipline. Et si c?est un problème de moyens aux Seychelles, l?Aroi aidera le pays organisateur?, comme elle l?a fait ici, à Madagascar.

Devant les perspectives encourageantes qui se sont dessinées samedi, mais aussi depuis plusieurs années avec le travail d?Armon Coupou (présent samedi au stade), Daniel Blondy et de tous les dirigeants de l?Aroi, le résultat du tournoi, somme toute un peu décevant pour nos couleurs, était secondaire.

?Nous sommes satisfaits, indiquent Sébastien Bertrank et Jean-Michel Piron, le manager. Face à Madagascar et surtout face à Maurice, ça s?est joué à rien. On s?est étalonné et c?est encourageant pour l?avenir. Je pensais même qu?il y aurait plus d?écart avec Madagascar.?

De fait, dans ce tournoi en deux mi-temps de sept minutes, les Réunionnais ont tenu la dragée haute aux Makis, ouvrant même la marque par Romuald Jono. A la mi-temps, le score était de 26-14 et Vincent Liévremont, le capitaine, manquait de justesse sur un coup de pied à suivre l?essai qui aurait peut-être tout changé.

En deuxième mi-temps, de nombreuses pertes de balle et une certaine naïveté en défense ont permis aux Makis de corser l?addition, puisqu?ils passent finalement 7 essais contre 2, le benjamin de l?équipe et sans doute un des meilleurs sur le terrain Anthony Guesquin marquant aussi.

Face à Maurice, le dernier match de la journée, les jambes étaient lourdes et le match a ressemblé parfois à des phases du quinze, avec un féroce combat d?avants. A la mi-temps (12-12) tout était jouable et Maurice soufflait l?argent aux Bleus en marquant un essai de contre.

Les Makis, eux, comme attendu, ont effectué une promenade de santé, remportant leurs quatre matches, avec 51 points de moyenne. Berthin Rafalimanana, qui milite pour que le rugby ?soit une fête? et qui n?a toujours ?pas compris pourquoi on n?est que sport de démonstration alors qu?il y a 5 équipes engagées?, a donné rendez-vous à ses adversaires ?dans quatre ans aux Seychelles?. Après le pré vert de Mahamasina, un autre match, sur le tapis vert du Cij, commence.

Pierre-Yves VERSINI Le Quotidien de la Réunion

Publicité